LB SOULEVEMENT DES CALVINISTES PRÉVENU PAR LE ROI
au roi eo dehors des Impôts ordinaires. — Le roi achève la paclflcatlon du royaome eo accordant fëdit de Mantes aux Calvinistes le 43 avril 4598. — Les grands résultats obtenus au dedans rëaglitsent sur les affaires extérieures, et décident Philippe II à traiter avec la France. Négociations au congrès de Vervins pour la paix entre la France et l*Espagne. Suite des hostilités entre la France et la Savoie. Jje duc de Savoie reprend la Maurlenne sur les Français; mais Lesdlguières lui enlève le fort Barraux (45 mars). Cette conquête lève plusieurs difficultés qui pouvalent^arréter le duc de Savoie et Philippe II dans la conclusion de la paix avec la France — Marche des négociations au traité de Yervlns. Conditions de la France relativement aux villes conquises sur elle par les Espagnols, et au délai dans lequel elles doivent lui être restituées. Prétentions du duc de Savoie. Conditions de la France relativement à ses alliés, les Anglais, les Hollandais, les Genevois. Le traité de Yervlns est signé le 2 mal 4598 — Le roi exige du grand-duc de Toscane la restitution des Iles dMf et de Pomègue, qui rend an territoire de la France ses dernières dépendances, et délivre rentrée du port de Marseille (4 aoât 4598). — Situation nouvelle de la France à Tégard de TEurope.
Deux affaires, d'une égale importance poiu* les intérêts généraux du pays, préoccupèrent le roi et partagèrent ses soins, pendant le cours du mois de janvier 1598. D'abord il eut à prévenir les desseins, à déjouer les tentatives des deux principaux chefs du parti réformé, la Trémoille et Bouillon. L'année précédente, La Trémoille avait levé au nom du roi et avec son argent trois régiments en Poitou : il avait donné à ces trois corps des chefs de son choix dans la personne des sieurs de Nesde, de Jonquières, de Boisguérin. Au lieu de les envoyer au camp de Henri pour presser le siège d'Amiens, il les avait retenus en Poitou, sous prétexte de défendre la province contre les incursions ■ des chefs ligueiurs. Bouillon de son côté avait ramassé des soldats dans le Limousin, et les avait menés en Auvergne et en Gévaudan, pour aider, à ce qu'il prétendait, le lieutenant du roi Ventadour à reprendre la ville de Mande sur le rebelle Mpntmorenci-Fosseuse. Au mois de janvier, La Trémoille et Bouillon continuaient les levées dans le Berry et les pays voisins. On pouvait craindre, qu'avec ces premières troupes, ils ne donnassent le signal de la révolte, et n'entraînassent le corps des églises réformées. On avait donc à redouter de la part du parti protestant
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un soulèvement à main armée. Le roi porta la main au mal avant qu'il éclatât. Il enjoignit d'abord aux sieurs de Nesde, de Jonquières, de Boisguérin, de se rendre sans retard à Saumur, et de l'y attendre à son prochain pas-* sage par cette ville. Le 11 janvier, il ordonna au maréchal de Lachastre, gouverneur du Berry, de dissiper les levées faites par la Trémoille et Bouillon, et de tailler en pièces tous les gens de guerre qui refuseraient d'obéir à ces injonctions *.
Avec ces énergiques mesiu'es prises pour la protection de la paix publique, contre l'effort des chefs audacieux du parti calviniste, avaient marché de front les derniers préparatifs pour la réduction de la Bretagne, et ils étaient terminés au commencement de février. Avant de s'éloigner, le roi pourvut au gouvernement en son absence, et à la défense de la frontière du côté des Pays-Bas. 11 désigna le prince de Conti pour le représenter, et lui laissa le gouvernement de Paris. Il distribua^ selon le besoin, les troupes que l'état financier lui permettait de tenir eo-
» De Thou, Mém., t. XI de la collect. Michaud, p. 867, et Histoire, 1. CXVIII, § 21, t. V, p. 692. — Sully, (Ecou. roy., cli. 80, t. h p. «73 B. Ou trouvera les citations au chapitre suivant. — D'Aubigné, t III. 1. V, cil. I, p. 455. « Quelques-uns furent d'avis de faire avancer trois M mille cinq cents hommes de pied qui s'avouoieni à La TrémouilU. » — Lettre Missive du roi au S' de la Chastre, du 11 janvier 1598, t. IV, p. 896, 897. « J'escris présentement aux gens de guerre qui tiennent » la campagne aux environs de mou pays de Berry, et qui se disent » avoir esté levez par mes cousins le mareschal de Bouilloti et le S* de » La Trémouille, qu'ils ayent à se retirer promptement du dicl pays, » et que ceuLx d'entre eux qui sont soubs la charge des régimens » des S" de Nesde , Jonquières, Boisguerin, ayent à s'acheminer in- » continent avec les dits régimens aux environs de Saumur, suivant M le despartement qui leur en a jà esté envoyé; et quant aux aultret » qui ne sont soubs la charge des dicts régimens, qu'ils ayent à se » séparer et retirer, sans plus tenir la campagne, le tout sous peine » de la vie.,.. Je vous prie que ceste mienne intention soit suivye et » exécutée , faisant courir sus et tailler en pièces ceux des dits gens n de guerre qui refuseroient d'y obéir. »
MESURES d'attaque CONTRE LA BRETAGNE LIGUEUSE. 137
core sur pied, avec un répit d'une demi-année. Il donna au connétable de Montmorency six mille hommes de pied et douze cents chevaux d'élite, pour garder la frontière de Champagne et de Picardie ; pour donner à nos villes la protection qui leur était nécessaire ; pôm* veiller à tout ce qui pourrait arriver pendant le congrès de Vervins, Ces forces suffisaient à la défense du territoire vers le nord, parce que les négociations étaient ouvertes avec l'Espagne, et qu'il y avait dès lors accord tacite, bientôt après converti en convention verbale entre les deux puissances, de ne pas attaquer les places Tune de l'autre. Cela fait, il ordonna au maréchal de Retz de prendre les devants, avec les quatorze mille hommes destinés pour l'expédition de Bretagne, et se disposa lui-même à aller écraser les derniers restes de la Ligue et du parti aristocratique, qui ne se soutenaient plus que sur les marches de l'Anjou et du Poitou, et dans la Bretagne avec Mercœur *.
Le roi attaquait la Bretagne ligueuse dans de bonnes conditions de succès. Les grands mobiles qui avaient mis les armes à la main à la moitié des habitants, populations rurales, bourgeoisie des villes, nobles, clergé, et qui avaient favorisé l'ambition de Mercœur, avaient péri les uns après les autres. C'était l'horreur inspirée pai' l'assassinat du duc de Guise, le zèle religieux et la crainte de voir un roi huguenot établir le protestantisme en France, l'idée de restaurer la nationalité et l'indépendance bretonnes, ou de s'ériger en républiques. L'assassin du duc de Guise, Henri III, était mort. Henri IV s'était
» Sully, CEcon. roy., ch. 79, p. 269 A. — Thuanus, 1. GXX, § 2, t. V, p. 721. — Pour rarmistice efifectif, quoique non convenu encore officiellement entre la France et TEspagne, voir la lettre du roi étant alors à Angers du 14 mars 1598, t. IV, p. 927, 928. La leltre relate un fait accompli dès le 6 mars, comme on le voit par le mémoire de SiUery, p. 265, 266.