SITUATION NOUVELLE DE LA FRANCE A L*ÉGARD DE L*EUROPE
tiairesdu grand-ducen 1 60 1 ; mais il ne s'agissait que de détails et d'accessoires sans importance. Les deux iles et leurs forteresses furent livrées aux officiers du roi : cette partie du littoral rentra en la possession dé la France ; Marseille recouvra l'entrée de son port et la liberté de son commerce ^ Tel était l'ascendant nouveau repris par la France, qu'en lui rendant ses annexes maritimes, le grand-duc se trouva heureux de rester son allié , et se disposa à donner sa nièce en mariage au roi.
La situation de la France à l'égard de l'Europe était entièrement et glorieusement changée. Déjà précédemment elle avait conclu la paix avec la Lorraine. Elle venait de la rétablir avec l'Espagne et la Savoie : la cour de Rome, si longtemps hostile^ lui témoignait hautement sa faveur. Le pape Clément VUI s'était porté médiateur de l'accord entre la France et l'Espagne, et son légat, Alexandre de Médicis, avait présidé et dirigé les conférences du congrès de Vervins*. Ce même pape, au commencement de son pontificat , et cinq de ses prédécesseurs, avaient lancé contre Henri III et contre Henri IV des excommunications qui livraient le royaume en proie à Philippe II, et quelques-uns. avaient aidé le roi catholique de leurs armées et de leurs trésors dans ses projets de conquête. Ce grand changement de la cour de Rome à regard de la France était loin de pouvoir s'expliquer par la seule abjuration du roi, puisque Henri, devenu catho-
1 Pour les négociations et la restitution des lies de Pomégue et d*If, voir !• les instructions à partir du 21 février 1598 envoyées à d'Ossat par Henri IV et par Villeroy, et les lettres de d'Ossat depuis la 188*, dans le tome UI, principalement p. 11, 217-222 ; 2« TexpOsé de Sully dans les Œcoo. roy., cbap. 107, t. 1, p. 388, 889; 3« les lettres du roi à M. de Rosny des 14 avril et 26 août 1601 , dans le même chapitre de Sully, p^ 386. Nous ne trouvons pas la dernière lettre dans le tome V des Lettres Missives.
* Relation de ce qui se passa à la conférence pour la paix à Vervius, Mém. de Duplessis, t. VUI, p. 358-412.
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lique, avait trouvé cette cour inflexibk pendant plusieurs années. Il fallait donc en eherchor les causes dans les graves modifications qu'avait subies depuis qnelquesannées la politique générale de TEurope. Les revers essuyés par TEspagne dans sa lutte contre l'Angleterre et la Hollande auraient pu être plus que couverts par la conquête de la France. La guerre de France , au conflraire , avait coûté à Philippe II d'énormes sacrifices sans compulsation. L'Espagne affaiblie pesait d'un poids bien moins lourd sur les États secondaires de l'Italie. La France était épuisée,mais elle avait déjà retrouvé son unité p<^tiqueet un gouvernement ferme sous un grand homme, et l'on prévoyait dès ce temps qu'il lui rendrait bientôt sa prospérité et sa force. Les papes et les autres princes italiens pouvaient donc sans danger se montrer bienveillants envers la France, en attendant qu'ils embrassassent son alliance, après les Vénitiens et le grand-duc de Toscane, et en fissent le rempart de leur indépendance contre l'Espagne. Placé dans une nouvelle et meilleure condition, rendu au moins en partie à la liberté, le pape Clément Vin avait pu se livrer à ses sentiment natarellement droits et justes, et redevenir le père commun de la Chrétienté.