‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 259 sur 344 · LIV. V. CH. XII. ÉTUDE NOUVELLE QUI ÉTAIT A FAIRE · texte numérisé non relu

LIV. V. CH. XII. ÉTUDE NOUVELLE QUI ÉTAIT A FAIRE

refile à celle de Hollnmle. Autre pn^et du rëtabliMeineot d« prttecfrat, «olorlté rivale de celle da roi. La Doavelle organfaatloo est déerétëe, H le proiM de rétabllaaeinent du protectorat est a^t^ dans raaaeuiblée des biigoeooto A SalDte-Foy (juin 1594). - Henri clierebe valœment à les ranener par redit de Saint-Germalo (novembre 1504). Dana i*aaaeinblëe de Saumor, oanrerte le 14 février 1505, Ils poarsalvent no nouvel ëdlt qui, outre la pleine liberté reliyteuse et civile, leur donne des assemblera, un pouvoir Mgiaiattr, des ABaners, des troupes, des places fortes, disUoetes de celles de la nalioo. Du coameneement de 1506 an comnieneenifnt de 1508^ au noowot des piou graads dangers publics, Ils abandonnent le roi 4u siège de la Fère, puh au il^ d*AwlfM, quoi que prétende d*Aoblgné, et menacent le royauBM d*nne noaveile goene civile. — Henrt leur aeeorde Tédlt de Nantes (IS avrU 1988). Drsll p utile et religieux des réformés aux termea de Tédit de Nantes : lc«r état elvfl; leur état politique. Oppoaltlon A TédK de Nantes. L*édit est eoflo ennglslré an Pariemeot de Paris (95 février 1509). Les parlementa résignent momenfimément leurs pou/olrs politiques. Considérations sur Tédit de Nantes.

Le traité conclu avec Mercœur avait achevé de désarmer la Ligue, et mis fin à la guerre civile du cAté du parti catholique. L'édit de Nantes dissipa d'injustes mais profonds mécontentements^ calma une agitation dangereuse, et prévint une autre guerre civile tout près d'éclater du côté du parti protestant.

L'édit de Nantes régla l'état religieux, chril et politique des réformés français : il devint leur chartaet leur code pour près d'un siècle : encore aujourd'hui, il n'est ni sans influence, ni sans application, toutes les fois que Ton invoque le principe de la parfaite égalité des cultes et des citoyens devant la loi et devant le gouvernement. Aucun acte n'est plus célèbre dans notre ancienne histoire.

Il est impossible de se faire une juste idée de cet édit, d'en bien comprendre le contenu, l'esprit et les conséquences, lorsqu'on ne se rend pas compte d'abord de la législation qui régit les calvinistes français jusqu'au moment où ils obtinrent le nouvel édit; des passions et des projets de leurs chefs; de la différence à établir entre leurs droits comme citoyens, et leur état politique comme parti.

Sur ces divers points, il y avait à faire un travail nouveau et complet, que nous entreprenons. Après avoir lu

SUR l'État des calvinistes de 1589 a 1597. 475

avec une scrupuleuse attention tout ce qui a été écrit sur la réforme et les réformés en France, depuis les histoires et traités du commencement du xvii' siècle jusqu'aux ouvrages le plus récemment publiés, nous avons reconnu avec étonnement que les auteurs de ces écrits avaient nég^gé les documents propres à éclairer le sujet, et s'étaient privés des moyens de le traiter avec vérité et impartialité. Au lieu de consulter les édits et les ordonnances, c'est-àdire le droit public du pays, et de s'attacher à en pénétrer le sens; au lieu de s'assurer si ces actes législatifs avaient reçu leur exécution ou avaient été violés, en interrogeant à cet égard les histoires et les mémoires du xvi' siècle, ils s'en sont tenus au témoignage unique d'un auteur qui, sans donner aucune garantie de sa véracité et sans oser se nommer, publia, en 1 597, les Plaintes des églises réformées de France *. Ils ne se sont pas bornés à adopter de confiance toutes les allégations de ce pamphlet anonyme parti d'une main réformée, et destiné probablement à jeter les calvinistes dans une révolte ouverte : ils ont étendu et généralisé les assertions qu'il contient, changé par erreur la date des faits qu'on y trouve , de manière à donner la plus fausse idée de l'état des calvinistes, et de leurs rapports avec la société du temps et avec le gouvernement de Henri IV. Nous essaierons de rétablir l'exactitude historique en produisant les monuments de l'époque. On nous pardonnera la citation fort aride des actes législatifs et la discussion des faits : c'est le seul moyen de lever les doutes et de dissiper les incertitudes dans cette délicate et importante matièi*e.

^ On trouYe cet écjrit dans les Mémoires de la Ligae, t. VI, p. 428- 486, in 40, 1758.

476 LIV. V. CH. XII. ÉTAT DES CAI.VIN1STE8 PAR t'feWT DE 1577,

§ I. État des calvinistes, législation qui les régit de 1589 à 1594.

L'édit de Bergerac ou de Poitiers accordé par Henri IIÏ aux réformés, Tan 1 577 , les conventions de Nérac et de Fleix y complément de cet édit , leur avaient garanti la liberté de conscience entière ; Texercice de leur culte dans les châteaux des seigneurs calvinistes au nombre de 3,500, et dans les faubourgs d'une ville ou bourgade de chaque bailliage ou sénéchaussée du royaume, excepté dans le bailliage de Paris ; la possession des biens et des héritages; r union par mariages avec les catholiques; une justice impartiale dans les Parlements; Taccès aux emplois, aux charges et dignités du royaume *. C'était la liberté religieuse presque entière, et la liberté civile complète, au moins en droit et en principe. De 1 58 5 au commencement de 1589, les violences de la Ligue avaient contraint Henri III de remplacer cette tolérance par la guerre, et par de nouvelles proscriptions contre les huguenots. Mais le traité de la trêve , conclu entre Henri HI et le roi de Navarre au mois d'avril 1589, avait délivré les Calvinistes de la guerre et des persécutions , avait remis en vigueur pour eux les dispositions protectrices de l'édil de Poitiers. En effet, l'article 2 du traité de la trêve portait que c( le roi de Navarre pourroit retenir une place en » chacun bailliage ou sénéchaussée, de celles qui seroient » prises par lui ou par les siens. » Il était dit à l'article supplémentaire « que ceux de la religion ne seroient plus » recherchés. Que l'exercice de leur religion seroit libre » et public en la ville du passage (Saumur) ; en l'armée et » là où seroit la personne du roi de Navarre ; et aussi dans

' Le texte de l'édit de Poitiers et des conventions , dans les Traités de paix, t. II, p. 380-390, et dans les pièces justificatives à la suite de l'histoire de Tédit de Nantes.

Page 1