‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 261 sur 344 · EXAMEN DU PAMPHLET INTITULÉ : PLAINTES DES ÉGLISES · texte numérisé non relu

EXAMEN DU PAMPHLET INTITULÉ : PLAINTES DES ÉGLISES

mort par le parlement de Bordeaux *. Et encore est«-il impossible de discerner aujourd'hui si les condamnations ont été dictées par la passion et par la haine contre les réformés y ou si elles ont été prononcées justement. Supposons qu'elles ont été l'effet de Tanimosité , il résultera de là^ qu'en sept ans, trois calvinistes sur deux millions de calvinistes ont perdu injustement les biens ou la vie. Ces trois iniquités^ que trente ans d'inimitiés furieuses entre les réformés et les catholiques expliquent de reste, laissaient la masse des calvinistes parfaitement à l'abri de toute persécution dans les pays où l'autorité du roi était reconnue. Les attentats contre leur honneur ne furent ni plus multipliés ni plus sérieux. L'auteur des Plaintes des églises ne peut citer que trois circonstances, toujours en sept ans, dans lesquelles quelques avocats auraient prodigué des qualifications injurieuses aux réformés, sans avoir été réprimes par les juges devant lesquels ils parlaient. Telles sont les proportions auxquelles il faut réduire les prétendues persécutions dirigées contre les réformés sous Henri lY. Quant au passage où l'auteur des Plaintes parle des édits qui proscrivent, qui bannissent les huguenots, et que les Parlements accueillent avec enthousiasme ^, il indique les édits rendus sous Charles IX et sous Henri HI, et pas du tout les édits rendus sous Henri IV, par la grande raison que ce dernier prince n'a jamais donné un pareil édit, et qu'il en a donné plusieurs de tout contraires. C'est par l'inintelligence du passage en question, par la confusion des rois et des temps, que les historiens modernes sont arrivés à prêter à Henri lY et à son gouvernement les rigueurs qui appartiennent à ses deux prédécesseurs. Mais ces fausses interprétations ne sont rien en comparaison de l'étrange abus que l'on a

1 Même traité, t^ûf., p. 466, 467.

> Ibid., p. 468.

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Ainsi donc les calvinistes en masse^ sauf d'insignifiantes exceptions, jouirent, à partir du premier jour du règne de Henri lY, et dans toutes les locsîités de son chédience, de la liberté civile en ce qui regardait leurs biens, leur vie , leur honneur. Us obtinrent la liberté de conscience, pleine et entière, dans rintérieur de leurs maisons : ils cessèrent complètement d'être recherchés et tourmentés pour le fait de leur croyance, et des pratiques de cette croyance , lorsqu'elles n'apparaissaient pas et ne se produisaient pas au dehors. Quant à la liberté et à l'exercice de leur culte, qui est tout autre chose que la liberté de conscience, voici quelles distinctions sont à établir, et dans quelle mesure les dissidents la reçurent. Le culte peut être privé et restreint à Tintérieur des maisons : il

» Voir ci-dessus, dans le chapitre XI, p. 443, le texte et les citations.

* Plaintes des Eglises. « Oh Dieu î tient-il donc à si peu qu'on ne » nous ramène au temps malheureux , tant diffamé par les massacres M de Vassi, de Meaux, de Sens, de Tours, de la Saint-Barthélémy? M Et cela sous le règne du roi de Navarre, de notre protecteur / Oh Dieu î M jusqu'à quand ? »

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