‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 27 sur 344 · ABSENCE. MESURES DE DÉFENSE POUR LA FRONTIÈRE DU NORD · texte numérisé non relu

ABSENCE. MESURES DE DÉFENSE POUR LA FRONTIÈRE DU NORD

service du roi depuis un an, devenu amiral de France, lieutenant-général au bailliage de Rouen et de Caen, avait levé ces troupes en Normandie spécialement pour la circonstance,'comme Montmorency venait d'en lever d'-autres en Languedoc: chacune des forces vives du pays était appliquée sans retard à sa défense, dès qu'elle devenait disponible. Henri se promettait et semblait devoir attendre de ces chefs un actif et utile concours . Tous avaient fait preuve jusque-là de talents militaires , et deux d'entre eux , de cette audace sans témérité , qui ajoute dans une proportion incalculable à la force matérielle. Le roi leur donnait leurs gouvernements ou leurs principautés à défendre. Tous lui devaient leur haute position, à commencer par le duc de Bouillon qui tenait de lui sa principauté de Sedan. Déjà engagés à son égard par la reconnaissance, ils se lièrent de plus par la promesse spéciale et solennelle d'agir en toute circonstance avec une parfaite union entre eux, avec une entière loyauté envers le prince et le pays *. Le roi compléta la défense de la frontière du Nord par deux mesures, l'une réalisée, l'autre éventuelle, mais très probable. Le mauvais état de nos tinances mit obs-

« Sully, CEcon. roy., ch. 60, p. 192 A. - Ch. 61, p. 199 B. « Le roy » o];plonna que MM. de Nevers, de Sainct-Paul, de Bouillon et admirai » de Villars, prissent bonne intelligence entre eux , afin de réunir n après dans un mesme corps les forces qu'un chascun d'eux pourroit » mettre sur pied. » Cette levée de corps nombreux, celte formation d'une armée pour la défense du Boulenois, de la Picardie et' de la Champagne ; l'autre armée dont nous allons voir le roi entouré à son arrivée à Troyes, montrent dans quelle erreur sont tombés les historiens modernes quand ils disent : « i.e duc de Bouillon que Henri IV » avoit chargé de défendre cette frontière , de concert avec le comte » de Saint-Paul, gouverneur de Picardie, n'avoit pas d'armée. Il semble » que le roi, en commençant la guerre, avoit cru qu*il sulBsoit de faire » appel à la noblesse. Lui-même il s'était rendu en Bourgogne presque » sans soldais, » (Sismondi, t. XXI, p. 365, 366.) — Voir les promesses d'union entre eux et de loyal concours, fait par les quatre chefs aux deux chapitres ci-deseus cités de Sully.

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