‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 288 sur 344 · LIV. V. CH. XIII. FIN DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

LIV. V. CH. XIII. FIN DE LA GUERRE

sarmées et pour longtemps incapables de défense. La France, an contraire, en incorporant à son territoire la Bresse et le Bugey, étendait sa firontière de trente lieues, s'avançait jusqu'au Rhône, et obtenait ainsi Tune de ses limites naturelles : de plus, elle couvrait ses firontières de Bourgogne et de Lyonnais contre l'Espagne et contre la Savoie, par l'occupation de deux pays nouveaux et de la forte place de Bourg. Il était impossible à Henri de terminer plus glorieusement et plus avantageusement pour le pays, sa lutte de onze ans contre quatre princes conjurés à son avènement pour le perdre lui-même et pour asservir le royaume.

L'expédition de Savoie donna lieu à un changement considérable dans le système de la guerre. Henri et Rosny étaient convaincus tous deux, comme ils l'avaient prouvé à Coulras, à Arques et à Ivry, que le principal et presque infaillible moyen de succès à la guerre était le développement sur une grande échelle de l'artillerie et du génie militaire. Mais depuis Tavénement de Henri, ils n'avaient pu mettre ce principe en pratique que dans quelques circonstances rares, exceptionnelles. L'artillerie et le génie coûtent cher et demandent des finances en bon état ; ils exigent chez les officiers des connaissances qui ne s'obtiennent que par de longues et sérieuses études ; ils veulent enfin être soumis à la direction d'hommes spéciaux et supérieurs dans ces deux armes. Aussi les sièges de Paris et de Rouen avaient échoué ; les sièges de La Fère et d'Amiensavaient duré plusde six mois. Tout cela changea dans rexpédition de Savoie : la forteresse de Charbonnière , capable d'arrêter une armée * , ne résista que dix jours; le siège de Montmélian, l'une des plus fortes places de TEurope, ne se prolongea pas au-delà de deux mois. Le duc de Savoie , comptant sur la difficulté des lieux ,

' p. Cayet, GbroD. »epten., 1. lll, t. II, p. 110 A, à la fin.

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