‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 29 sur 344 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Dépari du roi pour la Bourgogne. Combat de Fontaine-Française, Réduction de toute la Bourgogne moins^ deux villes. Invasion de la Franche-Comté. Entrée du roi avec son armée à Lyon. (2 A mai- U août 1595.)

Départ du roi pour -la Bourgogne le 24 mal 1595. Il se rend A Troyes, le 30 mal, et A DijoD le iiuin. Forces qu'il rassemble à son arrivée dans* cette dernière ville : nouvelles qu'il reçoit de la marche de Tarmëe hispano-ligueuse. — Il fait les dispositions nécessaires pour presser les sièges des châteaux de Tainn et de Oijon, pour Interdire aux ennemis l'approche el le secours de ces places. Il concentre ft Lux, et dispose pour une action générale, son infanterie et le gros de Min armée. Il résout de s'approcher des ennemis avec sa rayalerie composée de quinze cents hommes, et si une surprise est possible, d*attaquer leur avantgarde, et dVnlever quelques-uns de leurs quartiers ; s'il ne peut y réussir, il se reployera sur Lux, et leur fermera par une bataille rentrée de la Bourgogne et de notre territoire. — Le 5 Juin, dès le malin, il ordonne à d'Hanssou ville et à Mirebeaa d'aller taire une double reconnaissance^ de Parmée hispano-ligueuse, et donne rendez-vous à toute sa cavalerie pour trois heures à Fontaine- Française. Acrompagoé du maréchal de Biron et d'un détachement, il se dirige vers Fontaine-Française pour y être rendu à une heure, et pour mettre en ordre de batalMe les divers corps de la cavalerie, au fur et à mesure qu'ils y arriveront. Rapport de Mirebeau laissant de l'incertitude sur les mouvements de Penneroi. Le roi envoyé le maréchal de Blron en avant, avec une troupe de cavaliers, pour faire une reconnaissance plus attentive, et avoir des renseignementa certains. — Description de la localité entre Fontaine-Française et Saint-Seine: la disposition des lieux ne permet de reconnaître ce qui s> |>aase qœ sur quelques points élevés. — Biron rencontre d'HaussonvIlle revenant de Ui reconnaissance qu'il est allé faire, et dans laquelle II a pris complètement le change sur la marche et l'approche de rennemi. Le maréchal s'en rapporte Imprudemment an rapport de d'Haussonville, au lieu de le vérifier par lui-même : Il croit n'avoir devant lui qu'un détachement ennemi de Jeux cents chevaux , et il invite le roi à s'avancer et à se joindre à lui. — Il met en fuite soixante coureurs ennemis, et parvient an sommet de la colline Intermédiaire entre Fontaine- Française et Saint-Seine. De ce point où la vue se porte au loin, La Curée lui fait reconnaître que toute l'armée ennemie descend en ce moment dans Saint- Seine; son étonnemcnt et son désespoir. - Il se met en retraite, etsc dirige vers la troape du roi. Attaqué deux fois et arrêté daubsa marche, d'abord par un détachement de deux cents, ensuite par une division de cinq cents cavaliersennemis, il est en danger de succomber avec tous ceux qu'il commande. Henri débouche en ce momentdans la plaine située au sortir de Fontaine-Française. Il se trouve dans l'alternative de les laisser périr, ou de se porter à leur secours avec cent-viogt geotiUhomoies , seules forces qu'il al^ alors sut on r d« loi. Le combat de

8i DÉPART OU ROI POUR LA BOURGOGNE.

Fontaine-Française, dans les conditions où II se livre, i/est qu'un accident indépendant de la volontë et des pn^vlsions de Henri. Sa troupe, grossie par quelques petits renforts qui Un survie&iient, arrête Tennemi, sauve Blron et ses compagnons d'nrmes. — Méinc après que la compagnie de Blron est arrivée et a*est jointe au roi, les Français ne comptent pas au-delà de trois cents hommes, et se trouvent en présence de la majeure partie de la cavalerie ennemie, forte de douze cents iiommes Dispositions militaires d*uii.^ iiahiletë consommée prises par le roi pour porter le désordre dans les rangs ennemis. Henri et Biroo font deux charges successives b la cavalerie liispano-ligueuse sur la colline inteimédinlre entre Fontaine-Française et Saint-Seine, la refoulent et la dispersent. — Mém(> après ces deux avantages obtenus, la troupe royale reste pendant quelque temps encore dans une situation précaire, par suite de i^extréme disproportion du nombre. Mayenne propose au connétable de Castllle une attaque générale qui peut mettre les Français dans un sérieux danger: cette proposiiion est rejetée par le connétable. La moitié de la cavalerie du roi arrive sur le champ de bataille, et doit être suivie blentêt par tout le reste : Henri rentre dès lors dans lesl conditions d*une guerre ordinaire, dont l'armée hispano-ligueuse n*ose affronter les hasards. Le soir elle se retire h Saint-Seine, le lenderoain -A Gray, en Franche-Comté, et se retranche aux environs de cette ville, — Examen de la conduite de Uenil à Fontaine- Française. - Le roi se lend en toute hAte à Dijon, lorce les chAte.iux de Talan et de Dijon à capituler, réduit tbule la Bourgogne, hormis ChAlun et Seurre (28 juin). Autres grands résultats du combat de Fontaine- Française. L'ordre public et la justice rétablis en Bourf;ogne: la population des campagnes délivrée de la tyrannie des soldats. — Le rof envahit et met A contribution la Franche-Comté à la fin du mois de iuln,etpendaut IcK mois de juillet et d'août. Il retire ses troupes de cette province h la demande des S'iisws, qui renoncent au projet de partager la possession du pays avec la France. II arrive A Lyon avec son armée le 24 août : grands Intéréu qui Ty appellent.

Libre des soins que nécessitaient l'organisation du gouvernement intérieur en son absence, et la défense de la frontière du Nord, le roi partit de Paris le 24 mai , fit son entrée à Troyes le 30 du même mois, et prit le commandement du nouveau corps d'armée qu'il avait dès longtemps ordonné de rassembler autour de cette ville, pour servir à la fois d'escorte suffisante au chef de l'Etat, et de protection à notre territoire. A peine arrivé à Troyes, il reçut du maréchal de Biron un nouvel et plus pressant avis, l'informant que sans son aide il ne pouvait ni réduire les châteaux de Dijon et de Talan, ni s'opposer à la marche du connétable de (bastille et de Mayenne s'avançant au secours de ces deux forteresses, et menaçant d'envahir la Bourgogne et le Lyonnais. Le connétable de

Page 1