‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 30 sur 344 · FORCES OPPOSÉES AU CONNETABLE DE CASTILLE · texte numérisé non relu

FORCES OPPOSÉES AU CONNETABLE DE CASTILLE

Castille annonçait quelle guerre il entendait faire dans notre pays, en disant : a Qu'il n'entrerait en France » qu'avec des flambeaux, qui chemineraient devant lui B pour tout mettre à feu et à sang. » Ces menaces se rapportaient de tous points aux actes dont Fuentes se souilla dans le Nord : c'était, sans le droit des gens, la guerre déjà épouvantable avec le droit des gens. Dès qu'il eut reçu l'avis de Biron, Henri dirigea à grandes journées ses troupes sur Dijon *. Il partit lui-même sans retard pour cette ville, et y arriva le 4 juin. Là son armée se composa du corps qu'il amenait; du corps qui jusqu'alors avait combattu sous les ordres de Biron ; enfin de toute la noblesse du pays, appelée et accoiu'ue autour du roi, comme le prouvent les noms de Guillaume de Tavannes, frère du ligueur, de de Lux, de Mirebeau, et d'une foule d'autres cités par les relations contemporaines. Là encore, à Dijon, Henri apprit que le connétable de Castille était arrivé avec les for^îes espagnoles et ligueuses à Gray, dernière place de la Franche-Comté, située sur la rive gauche de la Saône ; qu'il avait déjà fait passer toute son artillerie et la moitié de son armée sur deux ponts, le pont de pierre de la ville, et un autre pont de bateaux jeté sur la rivière pour la circonstance ; qu'il ferait passer l'autre moitié de ses troupes le lendemain lundi ; que la traversée effectuée, il marcherait en toute hâte au secours des châteaux de Dijon et de Talan. Sur ces nouvelles, Henri prit pour la défense et pour l'attaque, les mesures de génie militaire et de stratégie, commandées par les circonstances.

> p. Cayet, 1. VU, p. 663 B. « U commanda aux mareschaux de B camp le chemin qu'il vouloii que les troupes tinssent, et tailla les » journées les plus grandes que les gens de guerre pouvoient faire » selon la saison. » Donc le roi a des troupes et des troupes nombreuses autour de lui, au moment de son arrivée à Troyes. U 4

50 LIV. V. CH. 11. PLAN DE DÉFENSE ET D'ATTâQUB

Quand on veut le juger sainement comme général et comme homme ; quand on ne veut pas, par l'impatience des récits circonstanciés, contribuer pour sa part à perpétuer des erreurs continuées jusqu'à nos jours dans toutes les histoires sans exception, il faut le suivre, dès ce moment, pas à pas, et daos le détail de toutes ses opérations militaires. Sur les nouvelles de la marche et des projets de l'ennemi, il alla, accompagné du maréchal de Biron reconnaître le château de Talan. Il visita toutes les avenues qui pouvaient y conduire l'Espagnol, indiqua les lieux oii il fallait l'attendre et l'attaquer, marqua les places où il était nécessaire d'élever des forts ; disposant tout ainsi pour interdire à l'ennemi, non-seulement l'entrée, mais même l'approche de cette citadelle, et pour la réduire eÏÏe-même en peu de temps à la nécessité d'une capitulation. Ces soins remplirent la journée du dimanche. Le soir, Henri pourvut à ce qui concernait Dijon. Il fit élever un retranchement en dedans de la ville, pour en séparer le château, protéger les habitants contre ses batteries, arrêter également sur ce point la marche du connétable de Castille, battre la citadelle et en hâter la prise, n pourvut, dans les moindres détails, aux nécessités des deux sièges, envoyant chercher des canons et des troupes d'artilleurs dans toutes les localités voisines, jusqu'à Mâcon et à Lyon; ordonnant les escortes nécessaires pour protéger les pièces et ceux qui les servaient contre les soudaines attaques des Espagnols *.

' Pour ces deux paragraphes, voir : Thuanus, 1. CXIIÎ, § 4, t. V, p. 461, 462. — P. Cayet, 1. VII, p. 663 et 664 D, pour les noms des gentilshommes accourus autour de Henri. — Lettre du roi aux consul et échevins de la ville de Dijon du 7 juin, t. IV, p. 363. w Nous » désirons nous servir au siège du chasteau de Dijon d'un canon » qui est à Lyon et de deux affûts ferrez, qui y sont aussy, pour en » mettre un au canon qui est en nostrc ville de Mascon. » Voir en outre pour ces mômes détails et les autres contenus dans le texte les Lettres missives des 4 «t 8 juin au connétable, t. IV, p. 871, 1040 ; et

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