LIV. VI. CH. II. PREMIER TRAITÉ AVEC LE DUC DE SAVOIE
plans de Biron : ressusciter la Ligue, s'en constituer le chef, reprendre le rôle du duc de Guise, former un État indépendant sur la frontière et au détriment de la France, intéresser le roi d'Espagne à ces projets en le déclarant protecteur du royaume, et en trahissant pour lui les secrets qu'il devait à la confiance de son montre et de son bienfaiteur. On le voit^ il n'en était plus seulement, comme au siège d'Amiens, à servir dans l'occasion les Espagnols par sa collusion, mais à leur prêter son concours actif pour bouleverser la France. Et ce qu'il était prêt à faire pour eux, il était prêt également à le faire pour le duc de Savoie, le confident et le ministre de tous leurs projets. C'était un pas nouveau dans le mal, un progrès dans la perversion.
Les projets du maréchal prirent consistance et eurent leur premier effet lors du voyage que le duc de Savoie fil en France, au mois de décembre 1699 , pour suivre à* la fqis ses intérêts et les complots espagnols. Biron conclut avec le duc un traité aux termes duquel le duc lui accordait sa troisième fille en mariage, et Biron en échange s'engageait à lui prêter assistance et service envers et contre tous , et promettait de donner tant d'affaires au roi dans l'intérieur du royaume , et en campagne , s'il y entrait, qu'il serait hors d'état de reprendre le marquisat de Saluées, sujet de la contestation *. Ce fut sur cette assurance que le duc rompit ses précédents engage-
lalliance avec les Suisses, consulter l» Sully, OEcon. roy., c. 9S, t T, p. 315, 316. « M. le duc de Savoie ne laissa pas d'avoir envoyé en » France à diverses fois les S" de Jacob, de La Rochette, de Lnllins, » de Bretons et de Roncas, pour essayer s'il n'y auroit pas moyen de » traiter quelque chose plus advantageux pour luy avec la propre » personne du Roy , qu'il ne voyoit apparence de l'espérer par le » jugement du Pape, ny les assistances d Espagne, n V* P. Gayet, Chron. sept., 1. V, t. U, p. 210 A, à la fin.
» La Relation contemporaine, dans P. Gayei, Chron. sept., 1. V, p 183 B, 193 A.