NOUVEL EFFORT DU ROI POUR LE SAUVER
truit de ses pratiques avec les grands seigneurs , de ses intelligences avec les ministres de Savoie et d'Espagne, a Mais il jugea qu'il falloit mieux dissimuler ces menées, » que de surprendre le meilleur de ses serviteurs en ces » actes d'infidélité. Il espéra que ces mouvements se dii^ » siperoient en son âme, quand il Tauroit remis en la w tranquillité d'où la colère et la promptitude l'avoient » fait sortir. » En conséquence, Use borna à le faire venir en Savoie au moment de la capitulation de la citadelle de Montmélian ; à lui dire qu'il devait se défaire de La Fin, s'il ne voulait pas que La Fin le perdît ; à lui marquer ses égarements pour le remettre au bon chemin *. Biron était averti, sans être puni, ni même humilié. Ces procédés du roi, si pleins de ménagements et de délicatesse, ne trouvèrent qu'insensibilité et endurcissement.
Le maréchal et les étrangers se persuadèrent que l'attaque contre l'autorité du roi n'était que partie remise, et qu'on tix)uverait bientôt dans l'inquiétude ambitieuse des grands, dans les souffrances et les mécontentements des .peuples une occasion plus heureuse de soulèvement. Aussi revinrent' ils avec plus d'ardeur aux intrigues et aux négociations entre eux. Biron envoya de l'armée La Fin et son secrétaire Renazé chargés de ses pouvoirs, pour traiter avec le duc de Savoie et le comte de Fuentes, gouverneur espagnol duMilanez. De fréquentes entrevues
344. a ArrivaDt près du roi je irouvay MoDtmélian qui traittoit.... » Renvoyez en diligence le valet du duc de Savoye, et ne faut pas » qu'il espère rien de ses amis s'il ne secourt Montmélian.... Ce tM>up » de Montmélian a tant estonné, que le comte de Soissons a pris et » accepté la charge de l'armée du Roy et fait le bon valet ; et tous » avaient la résolution de faire la guerre au Roy, Le vieux amy mor- » doit à la pomme. Je crains que le connestable perde barricade tout » à fait. Or donc il faut advertir en diligence le duc de Savoye de ce » qui se passe... Il ne faut pas qu'ils attendent ce que demande le duc n de Biron, touchant les cinquante mil escus. » 1 P. Matthieu, Hist. de Henri IV, 1. lll, p. 490.