‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 3 sur 344 · LIV. V. CB. I. RAISONS QUI DÉTERMINENT LE ROI A DÉCLARER LA GUERRE · texte numérisé non relu

LIV. V. CB. I. RAISONS QUI DÉTERMINENT LE ROI A DÉCLARER LA GUERRE

rite de Mayenne, suivie de celle des villes d^Auxonne, d*Autun, de Nuits, de Dijon. Il ne reste à Mayenne en Bour^^cyne que Seurre, ChAlon, et ies châteaux de Dijon et de Talan. (5 février - !•' juin 1595). Le nouveau maréchal de Biron qui a secondé activement ce mouvement avec son corps d'armée, se trouve hors d^étai de défendre les conquêtes faites , les résultats obtenus, contre l*armée combinée du connétable de Castille et de Mayenne qui s'avance pour subjuguer la Bourgogne avant de passer dans le Lyonnais. Biron, comme Montmorency, réclame la présence et Passlstanee du roi. L'Intérêt de son absolution par le pape, et les restes de IMnsurrection des Croquants appellent encore Henri dans les provinces de l'Est. Avant de s'y rendre, il établit un gouvernement h Paris, pour le temps de son absence, et pourvoit avec tles soins rcdoublé>, à la défense de la frontière du Nord, A la sûreté de la Champagne, de la Picardie, du Boulonnais.

Henri jusqu'alors s'était abstenu de déclarer la guerre au roi d'Espagne et de porter la guerre dans ses pays. Il avait calculé qu'en évitant de lui porter ce grand défi , il garderait des facilités pour conclure la paix, quand il l'aurait, par la fermeté de la résistance et par la destruction de la Ligue , découragé de la conquête de la France. Il hésita donc longtemps, répugna longtemps à une rupture ouverte *. Plusieurs graves raisons l'y décidèrent. Tous les princes ses confédérés disaient qu'il laisserait entamer son honneur et sa réputation , s'il ne répondait , par une protestation solennelle et par des représailles, aux attaques de Philippe II qui, non content de fomenter et d'entretenir depuis si longtemps la guerre civile dans le royaume, venait d'envahir notre territoire avec une armée, et de prendre La Capelle, non plus au nom de la Ligue et comme son allié, mais en son propre nom, pour son couipte, et comme ennemi étranger *. En outre, les protestants alliés

* Sully, OBcon. roy., c^ap. 59, p. 190 A.

« Discours sur la déclaration de la guerre contre l'Espagnol, p. 6, 7. « C'est trop croire de modération eu l'esprit de cest insatiable, d'es- » tinier qu'il se fust retenu sans nous endommager, si nous ne luy » eussions dict mot. Le siège qu'il meit devant La Capelle auparavant » la dite déclaration, faisant sommer ceste place en son nom, la battant » de ses canons , y mettant garnison de ses hommes, et tout cela ceyx » de la Ligue s'estant sépares de luy, qui se desfioit d'eux, fait assez » cogBoistre qu'il ne travailloit que pour soy, et que uoslre silence ne » Teust pas rendu plus respectueux ny moins entreprenant sur nous. »

A L'ESPAGNE. PROMESSES QGl LUI SONT FAITES PAR SES ALLIÉS. 5

de Henri, scandalisés et inquiets de son abjuration , imputaient la patience avec laquelle il supportait les agressions à l'espoir de désarmer bientôt son ennemi par un accord, soupçonnaient entre lui et le roi d'Espagne le projet d'une alliance, d'une entente intime contre la Réforme, « quelque secrète intelligence, pour âmes et armes » jointes, persécuter tous ceux qui étaient de contraire re- » ligion. • Il s'agissait de les détromper, de dissiper leurs vaines suppositions et leurs ombrages , de les rapprocher de la France par une démarche qui accusât hautement les véritables intentions du roi. Henri avait en outre besoin de lever le masque de la religion dont se couvraient ses ennemis à rintérieur, ceux des ligueurs qui persistaient dans leur révolte armée. Ils prétendaient ne point faillir s'ils èombattaient pour leur religion avec les Espagnols, contre lesquels il n'y avait encore nulle guerre ouverte. La déclaration de guerre à l'Espagne leur ôtait cette excuse : les^ ligueiu^ qui désormais restaient en intelligence avec cette puissance, ne pouvaient plus échapper au titre d'Espagnols, de traîtres à leur patrie : la position qui leur était faite les rendait odieux au pays, décourageait leurs chefs, les affaiblissait d'une manière irrémédiable. Enfin, pour dernière et décisive raison d'une rupture, le roi trouvait les grandes promesses de quelques- uns de ses principaux serviteurs, et de ses alliés. Exposons tour à tour les unes et les autres. Le duc de Bouillon prétendait avoir des entreprises infaillibles sur les principales villes du Luxembourg, et Sancy sur celles de la Franche-Comté, au moyen des intelligences qu'il y avaient pratiquées. L'Angleterre et la Hollande adressaient à Henri les offres les plus séduisantes. <« Les ambassadeurs d'Angleterre et de Hollande, dit Sul- » ly, promettaient de faire de si grandes diversions que » les forces d'Espagne y estant tout occupées, elles n'au-

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