‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 300 sur 344 · CLAUSES ET CONDITIONS DE CE PACTE ODIEUX · texte numérisé non relu

CLAUSES ET CONDITIONS DE CE PACTE ODIEUX

Dans la subversion de notre droit public sous Henri JII et sous Henri FV, plusieurs grands seigneurs , et en dernier lieu Mayenne et d'Épernon , avaient traité avec l'étranger, contracté une alliance formelle avec lui contre le service du roi et du pays, consenti l'abandon de quel- (jues villes distraites de notre territoi4ie. Mais nul n'avait poussé l'oubli du devoir jusqu'à stipuler le démembrement de la France et l'extermination de la famille royale. La Fin, toutdégradé qu'il était, éleva de sérieuses objections contre les deux énormités mises en avant par les Espagnols et par les Savoyards. Il finit cependant par donner un assentiment momentané à la convention de Some, et ce ne fut que plus tard, dans les péripéties de la négociation, qu'il la retira *. Dès ce moment, le duc de Savoie consentit au traité de paix que ses négociateurs et le nonce du pape poursuivaient auprès du roi à Lyon ; parce que pour le duc ce traité n'était plus qu'un armistice avantageux, qui lui rendait toute la Savoie envabie par les armées françaises ; parce que le Bugey el la Bresse qu'il cédait de nom au roi, de fait à Biron , n'avaient pas la dixième partie de l'importance et de la valeur de la Provence, du Dauphiné, du Lyonnais, que lui donnait le bouleversement de la France. Philippe HI, de son côté, voyait dans la convention de Some, un principe si fécond

» toris, constilueretur. » — « Pour rapporter en un mot toute la » substance de ce traicté, ils deToient démembrer le royaume, y faire » autant de souverainetez que de provinces , et mettre tous ces petits » potentats sous la protection de l'Espagne. Le duc de Savoie eût pris » pour sa part, s'il eût pu, le Lyonnois, le Dauphiné, la Provence. » — « Le duc de Montpensier eut horreur de mettre en pièces la monar- » chie, establir plusieurs rois en ce royaume , et exterminer les prin- » ces du sang, desquels il estoit. »

1 D*Aubigné bien instruit des détails de la négociation, parce que les conspirateurs adressèrent comme on le verra bientôt des propositions aux chefs du parti calviniste , et qu'il était du nombre de ces ciiefs, en rendant compte de ce qui se passa quelques mois plus tard dit, t. UI, 1. V, ch. 11 : « La Fin, troublé de ce qu'il avoit fait , apporta M des dilficultez à ce qu'on avoit proposé. »

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