CONSÉQUENCES POLITIQUES DE LA CHUTE ET DE LA MORT DE BIRON
pour s'associer patemment et activement à leurs entreprises : s'ils obtiennent des .adhésions, ces douteux engagements sont si timides que ceux qui les prennent attendent que les rebelles aient réussi pour se déclarer. Parmi tous les grands seigneurs, il n'en est pas un qui ose s'attaquer à la personne et à l'autorité du roi. Le duc de Bouillon n'ose l'afl&ronter en France : il ne la brave un moment dans sa principauté -de Sedan que comme souverain étranger, et il termine cette vaine démonstration en se mettant aux genoux de Henri. L'aristocratie française est arrivée sous ce règne, et par le fait de la punition de Biron, à la période de son abaissement^ non pas social, mais politique.
La chute de Biron n'eut pas de moins graves conséquences pour la France dans ses rapports avec les puissances étrangères. Tous les avantages obtenus par la France sur le roi catholique, servaient la cause politique en même temps que la cause religieuse des Etats réformés. En confondant les desseins du maréchal, qui étaient en même temps ceux du roi d'Espagne et de son alhé le duc de Savoie , le gouvernement de Henri acquit une nouvelle confiance et une nouvelle autorité auprès des puissances protestantes, comme on le vit par le langage des ambassadeurs du roi d'Ecosse et de la reine d'Angleterre. Les puissances catholiques les plus ennemies firent hypocritement les mêmes démonstrations. Le roi d'Espagne, par Taxis, le duc de Savoie, par le comte de Fiesque, témoignèrent à Henri qu'ils se réjouissaient avec lui de ce que Dieu avait dissipé si heureusement cette conjuration ; et l'archiduc souverain des Pays-Bas rejeta toutes les intrigues et toute la faute sur le comte de Fuentes. Henri, sans croire à leurs paroles, sans perdre un moment de vue leurs menées qui continuèrent, reçut leurs déclarations officielles, put éviter une rupture