LIV. V. CR. II. BIRON TROMPÉ INVITE LE ROI A S'AVANCER
ces lieux étaient remplis prescrivaient la plus attentive et la plus exacte reconnaissance : toute erreur entraînait à sa suite un danger, peut-être un désastre. Biron et ses compagnons d'armes, entrés dans la plaine, à la sortie de Fontaine-Française, rencontrèrent le baron d'Haussonville , envoyé dès le matin à la découverte, qu'un escadron de deux cents ennemis venait de charger et de contraindre à tourner le dos. D'Haussonville dit au maréchal qu'il avait battu le pays en s'avançant à six grandes lieues au-delà; qu'il lui répondait que l'armée ennemie n'avait paru nulle part dans le voisinage; que les royaux n'avaient en tête que les deux cents chevaux espagnols, par lesquels il avait été attaqué ; que ces deux cents chevaux, partis de la montagne qui domine Saint-Seine , se montraient alors entre la montagne et le ruisseau, au-delà duquel on les trouverait. D'Haussonville avait fait fausse route , et avait été mal servi et mal informé par ses coureurs : rien de ce qu'il avançait n'était fondé. Sur cet avis, dont il eut le tort de ne pas vérifier l'exactitude, Biron se hâta, avec une fatale précipitation, d'inviter le roi à s'avancer. Henri prit aussitôt le galop, et suivi des gentilshommes qui l'entouraient, il se dirigea vers le maréchal. Avant qu'ils se joignissent plusieurs engagements eurent lieu. Biron et sa troupe rencontrèrent d'abord un corps
» sentant approcher toute leur armée derrière laquelle ce bois ennies- » choit que l'on neveit.» Le ruisseau bordé d'arbres, et la Vingeanne en avant de Saint-Seine, sont mentionnés par La Curée et par Matthieu, comme on le verra plus loin.
Nous avons visité et examiné ces localités avec le plus grand soin, et dans la compagnie d'un officier supéripur, qui a bien voulu nous aider de ses lumières. Nous avons retrouvé tous ces accidents du terrain : un seul est un peu modifié. Le ruisseau est toujours bordé d'arbres formant rideau; seulement le rideau est moins épais qu'à la fin du xvi* siècle. On ne peut découvrir le village de Saint-Seine, et reconnaître ce qui se passe à la sommité de la montagne, au pied de laquelle ce village est assis, que quand on est parvenu au haut de la colline intermédiaire entre Fontaine-Française et Saint-Seine.