IL RECONNAIT SON ERREUR : SON DÉSESPOIR
de soixante cavaliers, lesquels s'étaient détachés du gros des deux cents chevaux espagnols, et occupaient la colline située entre Fontaine-Française et Saint-Seine. Biron attaqua ces soixante coureurs : après quelque résistance il les chassa, et gagna le haut de la colline. De là, l'on pouvait découvrir ce qui se passait dans le lointain. La Curée, en examinant la sommité de la montagne dont les ennemis étaient partis, distingua bientôt force gens de pied, et à la levée de leurs piques, il discerna que c'était un bataillon entier, que suivaient, selon toute apparence, des corps plus nombreux. Il appela le maréchal et lui dit ; « Voyez » cela ! » Biron n'eut pas plutôt porté les yeux Qt l'attention sur ce point, qu'il reconnut que l'armée espagnole descendait en masse dans Saint-Seine. Il s'écria alors : « Je » voudrais être mort; j'ai envoyé quérir le roi, et voilà f> toute Farmée ennemie *. r>
n n'avait qu'jun parti à prendre : c'était de rejoindre en toute hâte le roi, de l'informer de l'approche de toutes les forces espagnoles, et de le fortifier du petit nombre de combattants qu'il commandait. Il se mit aussitôt en retraite, se dirigeant vers Henri. Mais deux attaques de l'ennemi l'empêchèrent d'exécuter cette résolution. Il fut
* Journal de La Garée, p. 85, 86, 87 de rimpriiné. « M. le mares- » chai... s'y en allant eo diligence, il renconstra La Curée près de Fon- » taine-Française... M. leinareschal trouva le baron Daussouville qui » lui dit que ce qui voyoit là estoient deux cents chevaux des enne- » mis qui s'etoienl avancés ; qu'il avoit esté à six grandes lieues de » là, et qu'il iuy ref)ondoit qu'il ne se parlait nullement de l'armée des » ennemis, sinon de ces deux cens chevaux. » La Curée donne ensuite les détails reproduits dans le texte sur la fatale niéiirise de Biron. U y revient à deux reprises, une fois dans le récit du combat , p, 87 de rimprimé, et une autre fois dans les réûexions militaires qu'il ajoute à chacune de ses narration-*, et qui sont r^^stée» inédites. Voici ce qu'on trouve dans le manuscrit du Fonds du roi, u° 8,929, fol. 28 verso. « Je » ne viz jamais un homme en tel désespoir qu'esloit M. le mareschal >» de Biron, lorsqu'il rcconnout que toute l'armée des ennemis y estoit, » et qu'il avoit envoyé quérir le roy, en ceste créance qu'il n'y eust » que deux cents cheyaux. o