LIV. V. CH II. BIRON EN DANGER D'ÊTRE ÉCRASÉ AVEC SA TROUPE
abordé et attaqué d'abord par la totalité des deux cents chevaux espagnols, qui s'efforcèrent de le tourner, de reconnaître ce qui était derrière lui, de s'assurer s'il était suivi par une division ou par une armée. Biron divisa sa troupe en trois, fit une charge vigoureuse, et déjoua le projet de reconnaissance des assaillants. Ensuite pour continuer plus sûrement et plus promptement sa retraite, il donna vingt chevaux au baron de Lux, et lui enjoignit de tenir l'ennemi en respect et à distance, dans le cas où il fondrait sur la troupe du maréchal. De Lux exécuta cet ordre bravement, et quelque temps avec succès. Mai§ ensuite les Espagnols le chargèrent avec tant d'impétuosité qu'ils le renversèrent de cheval, lui tuèrent quatre hommes, et contraignirent les autres à fuir à toute bride. Biron fut alors forcé de faire face à son tour ix)ur repousser l'attaque à laquelle il se trouvait en butte, et pour dégager le baron en danger d'être accablé. Il y parvint, mais non sans peine. Ces premiers engagements l'arrêtèrent, le retardèrent, et il vit bientôt la cavalerie ennemie déboucher du coin du bois, et se diriger vers lui au nombre de douze cents hommes, en y comprenant les deux cents avec lesquels il avait été jusqu'alors aux prises. Une division de ce grand corps devança le reste. Elle comptait cinq cents hommes, moitié espagnols, moitié corps français, récemment amenés au connétable de Castille par Mayenne, et commandés par Thianges, Tenissay, Villars-IIoudan. Les Français reconnurent Biron, et s'acharnèrent dès lors à sa poursuite, avec l'intention et l'espoir de l'accabler. Dans ce péril, le maréchal chercha à se faire aider par les cent chevaulégers que d'Haussonville avait ramenés de la reconnaissance, et qui campaient près de là. D'Haussonville leur porta l'ordre d'avancer ; mais ils n'y répondirent que par une lâcheté. A la Vue de la multitude des ennemis, la