‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 41 sur 344 · LIV. V. CH. II HENRI ET BIRON REFOULENT ET DISPERSENT LA · texte numérisé non relu

LIV. V. CH. II HENRI ET BIRON REFOULENT ET DISPERSENT LA

le péril, tirent une charge irrésistible, ébranlèrent et ouvrirent les escadrons ennemis. Le roi s'y précipita avec soixante chevaux, et acheva do les rompre et de les défaire. Les Espagnols et les ligueurs contribuèrent presque autant que les royaux à leur déroute. Leur premier escadron ayant cédé, se renversa sur c^ux qui suivaient, et y porta le désordre d'abord, la fuite bientôt après. Henri paya ce premier avantage de ses périls personnels : Tun des gentilshommes qui s'était imposé le devoir de veiller sur lui dans la mêlée, abattit d'un coup de pistolet un eimemi, au moment où il se disposait à le frapper : un autre, Montataire, fut blessé en combattant à ses côtés. Tous ces dangers ne purent ni troubler son sang-froid, ni le détourner du soin de veiller, avec une sollicitude qui émeut, à la vie de ses serviteurs. Au milieil du combat, La Curée entendit une voix qui lui criait : (c Garde » La Curée! » H reconnut la voix de Henri, et en se retournant , il para avec son épée la lance de l'un des ennemis qui allait la lui passer à travers le corps. Tandis que le roi dispersait ainsi trois des escadrons hispano-ligueurs, Biron, avec soixante chevaux, attaquait les deux qui lui étaient opposés, et obtenait un succès pareil. Tous les fuyards se retirèrent vers iMayenne, qui, posté sur la colline avec trois cents chevaux de réserve, tenta d'arrêter le désordre. Il n'y parvint pas. Sa troupe prit à son tour l'épouvante, et partagea bientôt la déroute de la division de cavalerie qu'elle était chargée de soutenir. Le roi et Biron les poussèrent pêle-mêle toutes deux jusqu'au coin du bois. A cent pas du bois, elles furent recueillies par quatre cents chevaux frais que le connétable de Castille venait d'envoyer, et par le corps d'infanterie espagnole qui occupait cette position. Le roi et le maréchal trouvant les bataillons espagnols et force mousquetaires et arquebusiers rangés en file le long du bois, se gardé-

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