CHAPITRE m
Retour sur les événements accomplis à la frontière du Nord. LiUte contre l'Espagne, la Ligue, le parti aristocratique, depuis le siège du Castelet jusqu'à la prise de Cambrai par les Espagnols. Absolution du roi par le pape. Rapports avec la Toscane, Venise, l'Angleterre, la Hollande. Siège de La F ère entrepris. Guerre en Bretagne, Savoie, Provence. [iOjuin-^i novembre 1595.)
Projet)» formés par Philippe II pour Plnvaslon des provinces du Nord de la France: préparatifs faits dans les Pays-Bas par le comte de Fuentea : aide puissante que les Espagnols reçoivent du ligueur de Rosne. En Picardie, les ligueurs tiennent Soissons et Uam, les Espagnols La Fère. Furntes et de Rosne après avoir obtenu de mettre une garnison dans Uam, essayent de se rendre maîtres du château par une Insigne perfidie. Fuentes envahit en même tempr notre territoire, envole son armée attaquer le Castelet, et prend lul-méme'la conduite du siège le 10 juin. Les lieutenants du roi , Introduits dans Ham, détruisent la garnison espagnole et se rendent maîtres de la place (21 juin). Fuentes, arrivé trop tard ruus les murs de Ham, pour sauver ses compatriotes, venge leur défaite par une atrocité. Il s'empare du Castelet (25 juin) et assiège Dourlens (15 juillet). — Forces rassemblées, d*après les ordres du roi, par ses lieutenants eo Picardie, pour la défense de la province. Armée conduite au secours de Dourlens par Bouillon, Saint- Paul, Villars. Excellent avis ouvert par Ylllars : motifs misérables qui le font rejeter par Bouillon et Saint-Paul. Défaite et perte d«s Française la bataille de Dourlens: Les Espagnols tuent Ylllars de sang-froid après faction (24 j^iillet). Prise de Dourlens par les Espagnols : Ils se souillent de nouvelle:» cruautés. Ils menacent les villes de la Somme. - Entrevue de Bouillon, Saint-Paul, Nevers à Péquigny (!•' aoât). Bouillon et Saint-Paul se rendent dans le Boulenois pour le protéger. Nevers met les villes de la Somme eo état de défense. Fueutes renonce au projet de les attaquer, et commence le siège de Cambrai (11, 13 août). — Le roi ne peut se transporter en ce moment à la frontière du Nord, sans laisser échapper les immenses avantages que ses succès, sa présence et celle de son armée lui ménagent, pour la destruction de la Ligue et du parti aristocratique dans les provinces de TEst, du (entre, du Midi. 1" Dans l'Est, après la mort du duc de Nemours arrivée le 13 août, le roi se rend A Lyon le 24 août, et tait son entrée solennelle le 4 septembre. Les places soumises jusqu'alors A Nemours, qui ont mis Lyon en danger, capitulent toutes excepté Montbrihon en Forez, Ambert en Auvergne. Le Lyonnais propre et le Beaujolais sont alors enlevés à la Ligue, rattachés à la France : le Forez et la Basse-Auvergne touchent au moment de Tétre. Saint-Sorlin , frère du duc de Nemours, hors d'état de résister à Henri, se dispose à traiter. — 2** Dans le centre soumission de Bols-Dauphin : l'autorité royale et la paix publique complètement rétablies dans l'Anjou et le Maine (fin d'août). — 3« Dans le midi. Etat de Toolouseet du Haut-Languedoc, où domine le ligueur Joyeuse, du mois de décembre 1594, au mois de mal 1595 ; violences de Joyeuse et retraite de la majorité du Parlement d<> Toulouse à Castel-Sarrasin. Du mois de juin au mois de septembre 1595, le voisinage de Henri et de ses forces précipite la révolution. Union du parlement de Castel-Sarrasin avec le parlement royal de IWziers. Dénonciation de ces magistrats, au nom du roi et de la Cour, contre Joyeuse et les ligueurs. Campagne de Yentadour et de Matignon et prise des villes voisines de Toulouse (juillet, août). Conquêtes de Cordes en Albigeois par Matignon. La ville