‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 50 sur 344 · SUCCESSION DES ÉVÉNEMENTS · texte numérisé non relu

SUCCESSION DES ÉVÉNEMENTS

de Lautrec se révolte et quUte le parti de la Ligue (49 septembre). Joyeuse assiège le parlement dans Castel Sarrasin : pendant oe siège. Insurrection de Narbonne et de (^arcassonne , et sommation faite à Joyeuse de se réconcilier avec le roi * 11 se dispose forcément à traiter. — 4* Dans les rapports de Henri et de la France avec le Saint-Siège. La crainte de voir la France se séparer de la coar de Rome par un schisme, dispose, mais dispose seulement Clément \I]I à accorder au roi r^ibsolution : les succès de Henri, son séjour avec une armée dans le voisinage de l'Italie, son union avec la Toscane et Venise contre lEspagne, décident le pape. Grnnds avantages résnltant de l'absolution pour les relations extérieures et pour la pacification de la France. Difflcultés que présente la négociation en ce qui regarde les conditions de Tabsolutlon: efforts faits par la faction espagnole pour la faite échouer. Premières conditions mises en avant par la cour de Rome. Conditions définitives : elles laissent intactes, en ce qu'elles ont d'essenltfl, la liberté religieuse des protestants, les libertés gallicanes en ce qui touche à TEtat, comme en ce qui Intéresse TEgllse de France. Le Pape annonce le 30 août la résolution où il est de prononcer Tabsolution , et accomphi cette résolution le il septembre 1595. - 5» Traité préliminaire entre le roi et Bfayenne, signé le 23 septembre : .ses conditions et ses conséquences. Durant la trêve portée par cette convention, le nouveau duc de Nemours, et le duc de Joyeuse négocient de leur cdié, leur accord avec le roi. Sans être encore effectué, le désarmement de la Ligue est préparé et a.ssuré dans tout le royaume, excepté en Bretagne. — O» Le roi poursuit la révolte à main armée partout où elle ne cède pas, et se tourne contre d'Epernon et le parti aristocratique en Provence. Il envole contre ce ret)elle le duc de Guise, auquel 11 donne, outre les forces de la province, une partie de celles du Dauphiné, avec Tappuf de Lesdiguières et du connétable de Montmorency (24 septembre). — - Examen de la conduite du roi et de son séjour en Francho-Comté et à Lyon. — Après avoir achevé de pourvoir à tout pour les provinces de PEst et du Midi, le 24 septembre, le roi part de Lyon en po:ite, le 25, pour se rendre à Paris, et de là, marcher au secours de Cambrai. - Retour sur les événements de la guerre dans le Nord depuis le commencement du siège de Cambrai par len Espagnols , sous la conduite de Fuentes et de de Rosne, les 11 et 13 août. Etat de Cambrai : Rapports -obligés du roi avec Balagny. Conduite de Balagny pendant les dix premiers joors du siège, et progrès des Espagnols. Le roi envoie Dominique de Vie prendre la conduite de la défense de Cambrai: ce chef entre dans la ville avec des renforts le 2 septembre. L*un des partis entre lesquels sont divisés les habitants de Cambrai vient en députatlon à Lyon : efforts de Henri pour ramener la concorde parmi eux et entre eux et le gouverneur . Quoique le roi n*alt pu amener Ncvers et Bouillon k réunir une armée, les Anglais et les Hollandais à envoyer leurs auxiliaires pour le secours de Cambrai; quoique Tarmée espagnole se soit augmentée dans une proportion considérable, Ténergie et les talents de de Vie font entrer le siège dans une période de succès continus. Le SIS septembre, Fuentes agite dans son conseil de guerre sMl ne lèvera pas sur lechamp le siège de Cambrai, et en s^arrétant à la résolution de le continuer pendant quelques Jours, il décide de ne pas attendre la venue du roi et de son armée. — Arrivée du roi à Paris le l" octobre. Opposition intempestive et fatale da Parlement aux édita bursaux donnés par le roi pour se procurer un argent indispensable. Intérieur de Cambrai: jetons de cuivre de Balagny. La trahison des habitants de Cambrai, contraire aux promesses quMIs ont faites deux jours encore auparavant au roi, introduit sans combat les Espagnols dans leur ville (2 octobre). Les Français retlrèsMans la citadelle se trouvent sans pro- ▼Isioos. Le duc de Nevers, craignant pour la vie et la liberté de son fils enfermé

74 LIV. V. CH. m. PLAN ET PRÉPARATIFS DES ESPAGNOLS CONTRE LES

avec eux, leur doDoe le coqmU de rendre la citadelle. Ils capitulent le 7 octobre, au moment où le roi, sorti des difficultés qui Font arrêté, est accouru à Montdidier, et est sur le point de les secourir. Le roi met len villes frontières & l'abri de Tattaque des Espagnols. Il projette le siège de La Fère. — Rapports de la France avec PAng'Ieterw et la Hollande. Politique de l'Angleterre; elle vent avoir Calais. Piilllppe propose uneirève A la France. Henri oblige les Hollandais A lui fournir des secours. — ('ommencemcnt du siège de La Fére (8 novembre). Guerre en Bretagne, en Savoie, en Provence. InfAme traité de d'Epernon avec les Espagnols : ses revers (21 novembre).

Tandis que les armes du roi obtenaient ces succès à l'Est du royaume , elles éprouvaient des revers au Nord, où son absence ne se faisait que trop sentir. Philippe II , dans ses projets généraux d'invasion de la France , avait particulièrement compris la conquête de nos provinces septentrionales. D'après ses plans, les chefs espagnols devaient d'abord envahir les villes de Picardie les plus rapprochées des Pays-Bas , y joindre Cambrai , et tenir ainsi les clefs du royaume. Us devaient partir de ces places pour subjuguer le reste de la Picardie et attaquer ensuite la Champagne et l'Ile-de-France. Comme moyen d'exécution de ce dessein, Philippe II augmenta l'armée des Pays-Bas des levées faites en Italie. Le comte de Fuentes, et Mondragon, vieux et habile capitaine, concertèrent leurs opérations pour la campagne. Mondragon, avec six mille hommes d'excellentes troupes, joints aux alliés de l'Espagne dans le voisinage, tint tête au prince Maurice et aux Hollandais. Fuentes conduisit dix mille hommes contre la France. : par sa fermeté^ par son ascendant personnel, il fit rentrer les soldats mutinés dans le devoir et rétablit parmi eux une exacte discipline *. La cavalerie resta inférieure à celle de la France ; mais l'infanterie était excellente : c'étaient les vieilles bandes espagnoles formées aux batailles par leur général le duc de Parme , aux sièges par leur ennemi le prince Maurice. Les plans du roi catholique furent secondés bien plus

» p. Cayet, 1. VU, p. 666, 667. — Davila, 1. XV, t. III, supplém. p. «. — Thuanus, 1. CXII, § 20, t. V, p. 486.

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