LIV. V. CH. III. SOUMISSION DE BOISDAUPHIN DANS LE CENTRE
longtemps menacé. Il compléta par des mesures administratives raffranchissement et la pacification de ces provinces. Il pourvut du gouvernement du Lyonnais, devenu vacant par la mort du duc de Nemoiu^ , Philibert de la Guiche, le premier gentilhomme de la contrée, jusque-là grand-maître de l'artillerie , vieux guerrier qui avait contribué au gain de la bataille d'Ivry , et qui était également propre à bien régir et à défendre le pays *. Ainsi Lyon était délivré : le Lyonnais et le Beaujolais étaient enlevés à la Ligue et à l'anarchie, rattachés à la France ; le Forez et la basse Auvergne touchaient au moment de l'être.
La révolte profondément atteinte et presque expirante dans les provinces de l'Est, périssait en même temps dans celles du Centre. Boisdauphin , maréchal de l'Union , tenait depuis la défaite des royaux à Craon, les villes de Châteaugontier en Anjou , de Sablé dans le Maine, avec plusieurs châteaux sur les marches de ces provinces. Jugeant le parti de la Ligue et la cause de Mayenne perdus sans retour, il se hâta de les abandonner. Il fit sa soumission aussitôt après l'entrée du roi à Lyon : l'édit de sa réduction fut signé dans les derniers jours du mois d'août. Comme tous les chefs de la Ligue, Boisdauphin par son accord ne déposa les armes que moyennant forte récompense : la dignité de maréchal de France lui fut confirmée et il reçut 670,800 livres du temps (2,510,000 francs d'aujourd'hui). En rendant Châteaugontier, Sablé
* Lettre ajoutée au premier feuillet du manuscrit du secrétaire de Philippe du Bec. « Dès l'arrivée de Sa Majesté à Lyon, Tonessay » (Thoissey) et Tisy ont capitulé : c'estoient deux places qui moles - » toient la ville. » Ces faits nouveaux ne sont donnés que par les manuscrits. — Pour les autres, voir la relation dans P. Cayet, I, VII, p. 677 A, 679 B. — Thuanus, I. GXIU, § 17, 18, t. V, p. 515. « Philiberlo Guichio illius provinciœ régule. »