LE VOISINAGE DU ROI DÉCIDE LE PAPE A L'ABSOUDRE
Franche -Comté , puis se reportait avec son armée à Lyon. Posté actuellement à quelques journées de marche des Alpes^ il annonçait Tint^ntion, dès que les circonstances le permettraient, de passer les monts, d'attaquer le Savoyard, allié de l'Espagne dans le Piémont ; d'attaquer l'Espagne elle-même dans le Milanez, et de donner la main à tous les Etats italiens, ennemis de cette puissance. Aussi le grand-duc de Toscane et les Vénitiens se prononçaient-ils hautement en faveur de l'absolution, et offraient-ils au Pape, non moins désireux de briser le joug, leur appui contre le roi catholique. Henri témoigne en termes formels, dans sa correspondance, que si son absolution et sa réconciliation avec le Saint-Siège étaient fortement préparées , mais seulement préparées par l'appréhension où était Rome de s'aliéner la France sans retour, elles ne furent décidées que par sa présence en armes dans le voisinage de l'Italie , laquelle vint en aide toute puissante aux négociations de ses ambassadeurs et aux intérêts de la France *.
Ces intérêts étaient de la plus haute gravité. En accordant ou en ratifiant l'absolution, en donnant au roi,
* Dans sa lettre écrite quatre jours après la proclamation solennelle de son absolution, t. 1V| p. 406, 407^ le roi indique quelle influence sa, présence en Franche-Comté vient d'avoir sur la résolution du pape : « Je veux doresnavant faire la guerre deçà, et entamer mes » ennemys par le Piedmont et Italie, par la porte par laquelle je reco* o gnots que je peux mieux les endommager. En quoy je me promets » d'estre plus favorisé des Italiens que jamais, puisque Sa Saincteté » m'a recogneu pour tel que je suis, et que Tappréhension qu'ils avoient » de nostre division les retenoii de me favoriser contre l'insolence des » Espagnols. » — La lettre mi^s. du roi au grand duc de Toscane, du mois de mai 1595, t. IV, p. 361, 362, montre le grand-duc disposé dès lors à favoriser l'absolution et à soutenir le pape. Quelques mois plus tard ces dispositions devinrent plus prononcées, et se marquèrent par des effets.— Davila, L XIV, t. III, in 4*, p. 566 : «Le pape était pressé i> par Tévidence et par les vives sollicitations des ambassadeurs de D Venise et de Toscane.»^ P. Cayet, 1. VU, p. 687 B : « M. du Perron • fut aydé à Touvert.... d€ l'ambassadeur de Venise, n