‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 96 sur 344 · EFFETS DE CETTE DÉTRESSE SUR L'ÉTAT MILITAIRE · texte numérisé non relu

EFFETS DE CETTE DÉTRESSE SUR L'ÉTAT MILITAIRE

de Henri IV la peint énergiquement, et jour par jour. Tandis qu'il continue le siège de La Fère , ses relations avec son Conseil des finances pour obtenir ce dont il a strictement besoin ^ ce qui est indispensable pour .faire réussir l'entreprise, forme une suite non interrompue de demandes pressantes, de reproches, d'ordres réitérés, après lesquels il n'est qu'imparfaitement obéi. Nous ouvrons cette correspondance et nous lisons ; ,

• Le 6 mars i 596. Si je ne suis secouru d*argent 1)ientôt pour payer les dépenses que je vous ai mandées, je me trouverai en une tr^ grande peine ; car les Suisses de Diesbacb se débandent tous les jours; nos ouvrages demeurent; ma cavalerie ne peut subsister faute de payement. Toutefois j'ai avis de toutes parts que nos ennemis s'assemblent à Tentour de Mons ; que le dixième de ce mois ils seront prêts à marcber, et qu'ils viennent droit à nous. Je vous prie , avec ceux de mon Conseil , de me secourir en cette occasion, qui est la plus^mportante qui se présentera jamais... J'oubliois à vous dire que le sieur de Buby m'a écrit n'avoir pu être payé de la montre qui lui fut ordonnée et assignée l'année passée sur les deniers du taillon. Partant, je vous prie de faire venir les trésoriers ordinaires des guerres pour vous en rendre compte ; car ils doivent avoir reçu les dits deniers. Eclaircissez-vous en donc, je vous prie , et avertissez le sieur de Buby de Tordre que vous y aurez donné et de ce qu'il en peut espérer ; car il ne marchera pas sans argent, et je serois bien aise de l'avoir auprès de moi quand les ennemis se présenteront. »

«■ Le 8 mars. Les treize mille écus que vous m'avez envoyés sont arrivés sûrement et très à propos pour contenter notre cavalerie qui étoit à la faim , et retenir nos Suisses qui se vouloient débander, comme pour continuer nos ouvrages, s

c Le 16 mars. 11 ne m'est pas possible de faire attendre plus longtemps les Suisses : principalement Diesbacb et ses gens ne menacent pas moins que de ployer leurs enseignes et m'abandonner : ce qui m*arriveroit très mal à propos sur l'attente des ennemis en laquelle je me trouve , comme vous pouvez trop mieux juger. »

• Le 18 mars. J'ai nécessairement affaire des dites dix mille livres , pour satisfaire à ce qui manque du payement de mon armée du mois passé, et aux autres dépenses qui sont si pressées que je ne puis m'en passer ; qui me fait vous prier de tenir la main pour me faire envoyer promptement la dite somme... Vous savez combien je suis pressé

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