‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 97 sur 344 · LIV. V. CH. V. PREUVE TIRÉE OU SIEGE DE LA FÈRE · texte numérisé non relu

LIV. V. CH. V. PREUVE TIRÉE OU SIEGE DE LA FÈRE

pour le payement de la cavalerie qui est en mon armée, pour celle des lansquenets, pour le travail qui se fait à la chaussée, et beaucoup d'autres dépenses qui sont nécessaires, et sans lesquelles ce siège ne peut être continué. Le seigneur d*Incarville vous représentera ce que je lui mande de Tétat des vivres de mon armée, à quoi il est aussi besoin de pourvoir promptement. J'en é^ris à ceux de mon Gonsdl, auquel je vous prie de faire entendre Tétat et les nécessités de mon armée, et tous ensemble y apporter un si prompt remède^ que le mil que je prévois ne puisse arriver. ■

• 23 mars. Il me reste de vous prier de tenir la main à ce qui est requis pour la nourriture de mon armée, et que vous donniez ordre qu'il soit envoyé quantité de bled et promptement, comme il est nécessaire : car il y en a si peu qu'elle ne vit qu'au jour la journée , et bien souvent les gens de guerre n'ont que demi-munition (demi-ntion), et quelquefois ne reçoivent rien K »

On s'indigne de voir le roi, le chef de l'État, non pas se perdre, mais s'user dans ces détails, dans ces soins d'un commis aux vivres et d'un sous-intendant des finances. Tout ce que les sollicitations de Henri, tout ce que la poursuite de Rosny purent obtenir du Conseil des finances ou plutôt lui arracher, ce fut la subsistance restreinte et la paye, souvent arriérée, mais enfin Tune et l'autre à peu près suffisantes de cette armée, depuis le commencement du mois de novembre 1 595, jusqu'au 26 mars 1 596. Mais à cette dernière date, le Conseil cessa de rien livrer à Rosny, de rien fournir au roi, les troupes se mutinaient, étaient sur le point de déserter, et l'entreprise aurait échoué, si le sieur de Goudy n'était arrivé dans ce moment avec une somme de 300,000 écus, produit d'un nouvel emprunt que le roi était parvenu à contracter avec le grandduc de Toscane. Cette ressource se substitua à celles qu'on demandait en vain au Conseil des finances. Les soldats astreints à la discipline et aux travaux militaires, furent retenus dans leur camp pendant tout le temps que l'exigea

i Lettres missives, t. IV, p. 514, 515, 519, 531, 535, 542. L'orthograpbe seule a été changée.

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