EN CB OUI TOUCHB AUX MARAIS BT AUX INONDATIONS
avons à présenter 1er tableau, à commencer par le travail relatif an dessèchement des marais. Le préambule de redit de 1599 donne une statistique générale de la portion de territoire enlevé à l'agriculture par les inondations anciennes, auxquelles le désordre des guerres civiles et la subversion de toute police avaient ajouté de nouveaux envahissements des eaux. Le préambule fait connaître aussi les bienveillantes et grandes intentions d'un gouveroement réparateur :
< Le plus grand et légitime gaiog et reTcnu det peuples procède priDcipaiement da labour et culture de la terre qui leur rend, seloD qu'il pbisl à Dieu, i usure, le fruict de leur travail, en produisant grande quanlilé de bleds, vins, grains, l<!gumes et pasturages. De quo; non seulement ils tiveni â leur aise, niais en peuieot entretenir le iraflcq et commerce avec nos voisins et paj» lointains, et tirer d'eux or, argent, et tout ce qu'ils ont en plus grande abondance que nous., Ce que nous considérans, nous avons eslinii nécessaire de donner moyen s nos s)|jecls de pouvoir augmenter ce Ir^r.
• Joignei que sous ce labour, infinis pauvres gens, ddlniils par le malheur des guerres, dont la pluspart enni contraints de mendier, peuvent travailler et gagner leur vie, et peu ii peu se remettre et relever de misère.
■ Sfarbans bien qu'en plusieurs de nos provinces et pays, le long des mers de l'un et de l'autre coslé, des grosses et petites rivières, et autres endroits de nostre royaume, il y a grande quantité de palus et marais inondez el entrepris d'eau, presque inutiles et de peu de prollt, qui tiennent beaucoup de pays désert et inhabité, et incommodent les habitants voisins, tant ï csuse de leurs mauvaises vapeurs et eibalaisons, que de ce qu'ils rendent les passages fort difficiles e( dangereux ; lestinels palus et marais estant déseichei serviront partie (n labour, el partie en prairies et paslurages. Aussi en réparant les chaussées, vieux fossez et chenaux descheus, qui ont esté aulrefoit navigables, et en fesant de nouveaux es endroits où il est requis, les chemiTis et passages seront abrégés, la navigation gagnera, et en proviendront plusieurs luïres prolits et' commoditex pour le bien public.
• Nous jugeans cesle œuvre (rès nécessaire, et pour obvier tant que faire se pourra aux grandes inondations et débordement* des
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m LIV. VII. CH. IV. PLAN DU KOI BT DE SCLLY.
eiux qui adiiennenl souvent, niïnsnl plusieurs terres et maiBons, voire des villages enliers, comme il est i noire grand r^ret naguère adienu en Dos provinces de Poiclou, Bourdelois, Xaîntonge, Bretagne et autres.
■ Nous avons dit, alatuj, ordonné, disons,' statuons et ordonnons ce qui suit '...i
Hpnri et Sully firent deux parts àe ce qu'il y avait à reconquérir sur les eaux. Ils chargèrent le gouvernement, les provinces ou les communes, de la réfection dos levées, chaussées, turcies, chenaux et canaux. Nous verrons plus tard tout ce que Sully, nommé grand voyer, consacra de temps, de peines, d'argent, à ces utiles travaux, et quels résultats il obtint.
Quant au dessèchement des marais, ils ne pouvaient l'attribuer à la couronne, parce qu'elle manquait des capitaux et des procédés industriels nécessaires à ce grand travail. Lss'adressèrentdonc à l'industrie privée. Ne pouvant lui otTrir de l'argent et des prohts présents, ils excitèrent son ardeur par des avantages d'une autre espèce. Ils lui firent des concessions en nature et l'abandon de terrains d'une immense étendue. Us voulurent qu'une partie au moins du dessèchement îiit entreprise sur une grande échelle et d'ensemble, et ils décidèrent d'y soumettre toute la portion du domaine royal qui consistait en marais. N'ayant trouvé personne en France qui osât affronter les difficultés, les risques et les dépenses de cette œuvre, ils s'adressèrent aux Hollandais, qui avaient arraché une partiedeleur territoire aux eaux, etquî étaient alors le peuple de l'Europe le plus habite dans ce genre de travail.
Le roi passa une convention avec une compagnie de
t Préambule de l'édit dn B avril lS9e, dans Fonlfinoii, t. Il, p. Ï9B; dans les Anciennes luis franc., t. XV, p. IIS, 21t. Nous avons coupé quelques plirases et retranché quelques incisai pour rendre le texte plus clair.
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DESSÉCHBHENT DBS MARAIS : COMPARNIES OnCANISËBS. 233
Hollandais qui avait pour chef Bradley, gentilhomme du papdeBerg-op-Zoom, renommé pour son expérience et ses succès. Il lui confia à exploiter toute la partie du domaine de la couronne que les inondations anciennes ou nouvelles avaient convertie en marais. Après le dessèchement, une moitié du terrain devait revenir au domaine, la propriété de l'autre moitié était abandonnée à la compagnie, sous la seule condilion de payer les cens et redevances extrêmement faibles auxquels cette portion avait été soumise jusqu'alors. L'édît ordonnait que le travail de dessèchement serait entrepris eq même temps diins les marais appartenant au clergé, à 1» noblesse, ans gens du tiers-état. Si les propriétaires voulaient s'en charger à leurs risques et frais, ils devaient le commencer dans l'espace de cinq mois. S'ils reculaient devant les difBcullés, le dessèchement devait être opéré par Bradley et ses associés, sous les mêmes conditions que celles consenties par la couronne. Il n'y avait d'exception que pour les marais salants, pour ceux qui étaient peuplés de poisson et convertis en pêcheries , pour ceux enfin qui servaient à la sûreté des côtes , h la navigation , aux fortifications des places de guerre. Pour faciliter l'entreprise de Bradley, le roi lui avait conféré le titre de graad-midlre des digues, lui avait donné les moyens de se procurer dans les forêts royales le bois nécessaire à la confection des moulins et autres appareils employés dans le dessèchement, lui avait ménagé l'appui du grand-maltre des eaux et forêts et des autres ofliciers royaux, enfin avait accordé des lettres de naturalisation aux habitants des Pays-Bas qui viendraient l'aider dans son entreprise '.
Ce grand et utile travail fut entravé par le défaut de capitaux suffisants, et par tes difficultés que trouvèrent
> FiD du préambule et articles 1,3,3, (, 15, 16, 17 de ledit, duna FoDtaoon et dans les Aoc. lois tran^., t. XV, p. !li.2i6, 310, lit.
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!9i UV. Vil. CH. IV. AVANTAGES A38UIIÈS AUX COHPAGHIKS.
tes associés à exproprier l«3 détenteurs de marais. Le roi, qui suivait avec attention et sollicitude les efforts de Bradley et de ses compagnons, se mit de moitié arec eux pour surmonter les obstacles qu'ils rencontraient. Par son édît 'du mois de janvier 1607, il réforma leur associatioa «t la fortifia par l'adjonction de Jérôme de Comans, conseiller d'Etat et m^tre d'hôtel du roi, de cinq gentilshommes des pays de Brabant et de Flandre, de beaucoup d'autres, Français et étrangers, qui leur apportèrent l'aide de nouveaux capitaux. Henri rendit l'expropriation facile et prompte par les nouvelles lois auxquelles il la soumit. Il déclara nobles les terres de son domaine qui, après avoir été enlevées aux eaux, seraient abandonnées aux associés ; il promit des titres de noblesse à douze d'enfa% eux qui auraient lepluscontribuéausuccèsderentreprise. H s'engagea à faire hàtir des villages, à établir dtts foires, dans les terres desséchées par eux. Il accorda à tous ceux qui viendi'aient habiter ces villages l'exemption de la taille pendant vingt ans ; l'exemption de toute charge personnelle, pendant leur vie entière ; le privilège, pendant vingt ans, de faire seuls en France des tourbes et houilles propres à brûler, produits qu'ils devaient trouver en abondance au fond des marais desséchés ' .
Dans la rapide et merveilleuse succession d'efforts ffùts par !e gouvernement de Henri IV pour développer tous les principes de la richesse publique, ce qui fut fait pour les mines suit de bien près les premiers travaux entrepris pour le dessèchement des marais.
L'exploitation des mines, puissamment encouragée par Louis XI', avait été continuée sous les règnes de Fraii-
< Edil do mola de jauger 1607, dans FotitanoD, t.'ll, p. 407. — AdcienneB lois franc., t- XV, p. 31S-!I11.
* Voir notre Priécis de l'histoire de France dans les temps modemM, 31 édition, p. it, S3.
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tTit OB L'EXPLOITATION DE NOS MINES JDSQU'BN 1598. 325
çois I", de Henri H, de Fraoçois II, et au commenceiDeDt de celui de Charles IX, ainsi que le prouvent une suite d'ordonnances rendues par ces princes depuis 1 520 jusqu'en 1568 '. Cette industrie, traversée d'abord par les procès*, fut interrompue ensuite, comme tant d'autres, par l'effet ruineux des guerres civiles, k la fin du régne de Charles IX, pendant tout le régne de Henri CI, et durant la première moitié de celui de Henri IV.
Dès que le roi se vit maître paisible de l'État par la soumissioD de Mercœur et la pais de Vervins, il fit reprendre le travail des mines. De puissants motifs le poussaient à suivre à cet égard les errements de ses prédécesseurs. Les mines de la France étaient plus abon~ dantes alors que celles ouvertes dans les autres pays de l'Europe : notre industrie avait été longtemps eu avance sur celles de nos voisins, parce que nous avions attiré dans le royaimie leurs ouvriers, surtout ceux de l'Allemague. Le témoignage des édits et ordonnances, et celui des historiens contemporains, ne laissent aucun doute sur ces deux points^.
Par suite de la forte impulsion que le gouvernement
' Voir dans les Ancienaes loia troDÇÛBU. t. £11, p. 179, et les tomei miiuila.
< Edit de 1601. arUcle U, p. 261.
■ Préambule de l'édit da mois de JDin 1601, daus lea ADdennea loia françaises, 1, XV, p. 154 :a Dieu a leltement bini noe royaumes, pa;s
■ et lerrea de notre obéissance, que tontes choses s'; peuvent tpcoo- » Trer en très prande abondance. Nos prédécesseur» , pour induire
> leurs enbjects è ^re recbercher et travailler aux dictes mines, et Il pour y appeler les esirangert et leur faire quitter les mines et ml-
■ niéres de nos Toiâiua , beaucoup moindra que lei ndlrcs, leur ont
> bict et attribué plusieurs beaux et grands privilégea. »
Ce qu'énonce le roi dans cet édit est conÔrmé par ce passage de de Thou, fort curieux pour l'état des miues de la France en 1601 et 1601, I. CXXIS, lom. XIV, p. IlSdelatraducUonisUFiance, outre i l'avantage d'un terroir très fertile , a encore celui que la ualura
■ accorde quelqaetcùs par manière de compensation h des terres in- » gratea et slérïles, je veux dire des mineii de différenta métaux. ■•
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2S6UV. vil. CH. IV. DÉCOUVERTE DB H1NB8 DIVBUSES BN I60t, 1602.
de Henri donna à ce genre de travail, depuis 1598, nn découvrit un grand nombre de mines, en France, dans les années 1601 et 1602.
Dint la partie des Pyrénëes Toisiaes du Bëarn, quelques mines d'oT et d'argent.
Daiu 1* partie des Pjrénto qui borne le camXi de Foix, des mines de jaiï et de pierres précieuses, juequ'i des escarboucles, quoique rarement.
Danalei eaux de l'Ariége, qui traverse le iiomlë de Foix, quanliti de parcelles d'or et d'argent.
Dans le Languedoc, aux emirons de Garcassonne, des mines d'ar~ gent.
Dans le Lyonnais, 1 Saint-Martin, une mine abondante d'or et d'argent.
Dans la Bresse, une mine d'or.
Dans la Brie et la Picardie, des mines d'or et d'argent.
Dans les Céveanes et le Gévaudan, et 1 Annonay en Vivarais, pays dépendants du Lan^piedoc, des mines de plomb, de plomb aiy entifère.
Dans la Normandie, des mines d'étain excellent et quelques mines d 'siéent.
Dins les montagnes d'Auvei^e, de riches mines de fer. Dans les Pyrénées, des minet de talc et de cuivre*.
Henri employa tous les moyens propres à donner une forte impulsion à l'exploitation des mines. Il créa une administration centrale à la tète de laquelle il mit un grand maître, et des agents locaux, partout où s'ouvraient des mines, afin d'imprimer une forte et bonne direction au travail : il assigna leurs gages sur le droit qui revenait au roi, pour leur doimer un intérêt direct dans le succès de l'entreprise. H créa une juridiction spéciale investie du droit de juger promptement tous lesdifférends nés de l'exploitation, et il débarrassa ainsi les entrepreneurs et les ouvriers des lenteurs et des frais ruineux
• p. Cayet, Cbrou. septen. , ). V, U II, p. SOS B. — Thuanus, I. CXXlX,§i, tom.VI, p. ISS du texte lalin.
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UtUNISTHATION ET JUSTICE POUR L'BXtLOITATION DES HIKES. 827
qu'ils avaient subis à' une autre époque. Il leur assura la protection et l'assistance de tous les ofiSciers royaux, dana ha localités où ils exerçaient leur industrie. Il leur remit tout ce qu'ils pouvaient devoir au trésor, pour les droib du roi dans le passé. 11 encouragea les ouvriers nationaux et attira les ouvriers étrangers, en les déchargeant de plusieurs obligations personnelles , onéreuses ou assujettissantes, qui incombaient aux autres classes de citoyens ' .
L'exploitation des mines d'argent et d'or donna des produits dans une certaine mesure. Eq effet, les médailles d'or, frappées lors du renouvellement de l'alliance avec lesSuissesen 1602, provenaient de la mine découverte récemment dans la Bresse , et l'inscription même des médailles mentionnait cette circonstance*. Les travaux exécutés dans la partie des Pyrénées qui borde le Béam, amenèrent directement ou indirectement un lavage de sables aurifères assez productif, qui parait s'être maintenu jusqu'à présent ^. Mais deux causes firent abandonner presque partout avec le temps l'exploitation des mines françaises d'or et d'argent : ce furent la fécondité des mines du nouveau monde et le prix trop élevé de la main-d'œuvre dans notre pays ; les produits obtenus ne couvraient pas les frais du travail *.
n n'en fut pas de même pour les mines de cuivre, de plomb, d'étain, de fer. Les travaux entrepris sous le règne de Henri IV produisirent des résultats d'une ^ande importance, directs et indirects, dans le présent et dans l'avenir.
Quelques-uns de ces résultats ont subsisté jusqu'à pré-
■ Edit (la mois de juin IGQl duis les Andennes lois franc., t. XV,
* Thaaaiu, 1. CXXIX, ihid.
* Bftlbi, Abrégâ de gÉograpbie, p. )1i A.
* Tboaniu, 1. CXXIX, § 4, t. VI, p. iSâ, édii. latine.
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as UY. V11I. CHAP. IV. PRODUITS DR l'eXPLOIT. DD TRMPS DE HBNRI HT.
sent. De Thou et Palma Cayet témo^ent qu'en 1602, 011 découvrit de riches mines de plomb et d'étain dans le Gévaudan'. Encore aujourd'hui, on tire du plomb et du plomb argentifère des mines de Vialas et de Villefort, petites villes du Gévaudan*. Il est évident que l'exploitation de cea mines, ou bien remonte au règne de Henri IV et en part, ou bien a succ^é aux fouilles entreprises sous ce prince, dans quelques localités trèsvoisines.
Là où les effets ont cessé, il est facile d'en retrouver et d'en constater la trace. Il est reconnu detous ceux qui se sontoccupés sérieusement de géographie et de statistique, qu'il existe , en France, un trè3-gt;and nombre de mines, épuisées aujourd'hui, qui n'ont été abandonnées qu'après avoir donné lieu à des extractions très-abondantes. Il est reconnu pareillement qu'on doit ranger dans cette catégorie Les mines de plomb et de plomb argentifère de l'Ai^entière et d'Aunonay dans le Vivarais. Or, les mines d'Ânnonay sont nommément désignées, et celles de l'Ârgentière indirectement mais clairement indiquées par les contemporains, au nombre de celles que l'on découvrit et que l'on exploita du temps de Henri IV ^ Les renseignements fournis par les mêmes auteurs sur les mines de l'Auvergne prouvent que ces dernières furent aussi fécondes en fer que celles de l'Argentière et d'Aunonay l'étaient en plomb. D'après ces exemples on peut
■ Thuanua , I. CXXIX, § t, t. VI, p. ne : « In GabaliB, plumbî et • etanoi laudabilea sunt fodiax. n — P. Cayet , Chrou. sepleQ. , I. V, 1. l\, p. SOS B. Il dit BOUS l'an 1603 : « L'an pa^é el este anoée , la D FraDce a ouvert son sein, ses entrailles, el lout ce qu'elle a de plus » encpllent i l'inléiieur, pour faire apparoir ce qui en estait cacbé.— B ë* lerrea de Géuaudan et es Seveaues, tninea dt plomb tt d'eslaing. »
■ Balbi, Abrégé de géogr., p. 191, A, B.
■TImanus, ibid. «iDCevenisinoQlibus, Annoniaciio Vivarieu»! pago, B piumbi Bunt fodinte. b — P. Cayet, ibid. n A Ânnonoy ea Viïarets, ■ mines de plomb.... et Sevnmsi, mines de plomb et d'eslaiog- »
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HÉSOl-TATS DE L'BXPLOITATION APRÈS HENRI IV.
coDclure légitimement que les mines, abandonnées aujourd'hui après avoir livré à la France une abondante qu&Dtîté de produits métallur^ques, ont été oavertes la plupart sous le règne et par les soins de Henri IV.
L'impulsion que son gouvernement donna à ces sortes de travaux n'a pas été moins utile que les résultats matériels et présents qu'il obtint. Comment ne pas admettre que l'esploitation des mines d'étain, commencée en Normandie l'an 1602 f, après s'être développée dans cette province, a passé dans la province voisine, la Bretagne ; qu'elle s'y est établie, et que par une génération féconde elle a produit dans le cours de ce siècle et dans la première moitié du siècle suivant les exploitations successives des mines de Foullaouen, de Rennes, de Camot, et enfin de Pontpéan? Celle -de Pootpéau fut ouverte en 1730, et donna des produits d'une merveilleuse abondance. « Les plombs de Pontpéan, dit nn contemporain, peuvent seuls siii&re à la consommation qui se fait de cette denrée dans une bonne partie du royaume'. » La même observation s'applique aux mines de fer. Les mines de l'Auvergne donnèrent, dès le principe, d'excellent fer en abondance, et l'exploitation en fut faite sur une grande échelle^. Entre nos usines d'aujourd'hui et celles de 1 602, la filiation nous parait évidente. De l'Auvergne, cette industrie émigra bientôt dans les autres provinces : elle s'est développée avec le temps dans onze de nos départements, et est devenue une des principales indus-
' p. Cayet, Chron. Mpten., I. V, t. II, p. ÎOe B, « En Normandie, * àet mioes d'argeot et de Tort boa estaing. •
* ExpUly , Dict. géograph. hiatorique el politique, ia-folio, 166], L 1", p. 840.
'Tbuaous, ibid. 1 1n Arvemia, terri laudabilee BunI rodiiuB< » — P. Cajet, ibid, a Dans les terres d'Auvergne, mines de fer. Ce que D )tt roja prédéceueun n'oot jamaii veu que de loing, tut rfaerré au « lÈgDe heureux de Henry IV. »
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S30 LIV. vu. CH. IT. SDITEDES HËSULTAT8.
tries de la France. Le point de départ, les premiers essais sérieux et suivis de travaux métallurgiques, chez nous, remontent au règae de Henri IV, datent de cette vigoureuse et féconde époque.
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CONTENU DU CHIPITRE.