‹ Histoire du règne de Henri IVChapitre 35 sur 75 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Commerce intérieur. Vnei dt tommimieatim*. Commtret txUrieur.

i I". Etal dM tommoct Mériev da la Pratu» m IMFI, M dv comure* «xfAinr, df ■SCI i lADl. — Eut du conarrce lotériror. Le conmerec Iqi^rleur (M «alnit par TMai de li uTlgulloo dct fleum A da rlvlèm, dt* ponti, ila roula, et |ur la ftaga Ipdnt qoc lu partlculten onl étiblli durant la troubla.— Elat da rammercc nitrltur. Bapparu cammcrclaui de la Fraim et de l'Anfleterre-

time de la Fnaee. Leara eTforu pour di^ralre eatlAremeDt ce coonneree, et pour y «utkitiruer le lear dam la deux paya. — iDceaaaatu et *aiDei réclama^ tloiu da roi aiiprè* du BovvememeDt aorlall. Hcaum qa'Lt pr^od pour réprimer la Tloleoca da Anglali eooire notre eommeree : leiira de marque, et de reprAulllu, canna» mer. BtsIeiHDt pour la cooflacatloa et la leoteauproai del'Étaidtsdripiet ■utreapredulUaaalaltlBséideniauTalHqnalllé.IUlsatMlli

logpwr t la France le droit de Tialtr et autra clauaa pr^udlilablei, rejette* pai le roi. Au lujet da dém«là de commerce, la politique d'ElUabetb devient de nouveau boalllr i ta France. Le rot élite une rupture ouverte, et combat

et d'iolerdire A l'Angleterre laul conmerce avec la Pranee, La omt d'EIIHbetb

rapporta avec l'Eapafnr, l'Italie, la l>orte-Oltoa)aDe,juaqu'en leoa. lll. Traaanx i< Bavi lY tt da SaUji rrialifi ata wiia dttviKÊmnkiitiimfor Um. Aaiiteisrjwat(. — Ha(Ue Importance da vola de coniniunicallao pour le eommeree ~ Etat da routa el de* peul) en \W1. — Rtlorm» opér'a par

au pool*.— La routa panoot r«lablla dèalO»^ et plaotêei d'arbra nomioéi

Saint-Clond, Muita eiKoueu, Pontet port de Kouen. Pont d'Aiicnon ou de Salnt-BeiKWt.

t III. Etatdt la luaigatim i»Urù>irt de In i'VuK» «■ 1SS7. — Importaoee d» Tolea <l< loiumuaicatlou par eau, uturalle* et artlflclella. — InleimptlaD de la uvlfaliBu aar la flenva «t rlvltrn eu 1167. — DlverK* espten de eaïuDa. Trou fpoqM*«t Irola aytèmn uiCïcMh de esnatmcUon da oanaui. Protêt*

le re(H de Heorl II, par Crapoone. Plan de deui unaui de grande navigation.

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au MV. VII. CH. VI. CONTBNU DU CHAPITRB.

I IT. JVaBoiiT dt Hemri lY at dg Sidi^ retatift aus vciet lU eommuàeaïion pof niv CovttI xiai3atioK diMniiiira. canawi. ligtta de ptHlt ^ de grande itai/igalion, — But qac K propoK le aaoïrcracinnt de Benrl eo rcndinl les rlTltre* utIcb. blis.TnTiuip«Hr nndn nivlanbln toalci lartvltmqnl peuircDI ledFTenlr. Ou»uT, Jlguti de oiilgitloii Laiérinre. Ermr Mr k nombre de* ciudi, nir le* llgaei de petite ri grandE ii*Tl«itloD, projeUi od ei^al«i uui ce rtcae. — Esqatlc ur l« cuau de ISETI 1 JSOl. Enquête «ir le eiiiul de I^niutdoc eu particulier. Eentelffoemeala foi al» pat le etrdluil de Joyeux pour le ciDal de Lan^nedae, ei pour la jonctlan dei deui mer*. — AoalTae du plau de CrapODue et de ae* i\iva. Quel e*l le (yiiCnie de reoitractloa de Craponu* ei de ae* éltttt, d'aprn Je* d^Unltlan* de la aclence. et au jiiceineal dr* Infëaleura de noa JODn. Ce (yattaie eit le lyittiiie dea etaïaux d poM ia partage. Prlnelpe et mode d'ïlabllaeemenl dea ligne* de DiTlgatlan, d'après CrapoDH et aea^Ière*. LaFrauee mlae en poiaenlon de* ngyra* de conalntrc de* canaai, d'établir dea IL^aa de petite el de grande naTlggtlen InKrinrc, en teignant enaemblp ta fleuin et tu rlvlèrea, et cd ftiranDt coramunlquer la H4dttema«« Biee l'Océan allauHqne et la mer du Nord. — Part de Henri IV e( de Salir dsna l'apt^lcatlon et l'ei^cotlon. lia font hlre le plan et le trace de quatre llgnea dr grande natl«itl<in totérlenre: l*L.a ligneduMldl au Sad^UueM. laquelle doit nnip la MMIterranie à l'Oe^an an moren du canal de Languedoc *■ La Itgue du Hldl k tOueM, tr«>enant la moitié du royaume, qui oulni la Hédilerranfc 11 rOcian par le fthdop, la SaAne. la Loirt, au tanyta du canal du Charolala ou du Centre opirani la IsncUon de la Sadue avec U Loire. a- La ligne du Midi au Hord-Ouni. qui noir* la HMitemnM à la Uanebe par le Rbdne, la SaAne, la Loire jutqu'l Brlare, la Seloe, au mo/en du CBDal de Briare Joignant la Loire t la Seine. La mtme ligne dn Hldl au Nord- One*), qui nuira la UMlterraoï^e k J'Oe^n pai le RhAne, la SaAne, la Selne^ mala en Joignant la Sadne et la Seine, par l'IntermMlalre de l'Tonne, au moyen

rolata ou do Centie. k- La ligue dn Midi au Nord, qui unira la MMItcrranée* la mer du Hard, par le Hbdoe.la Sadne. la Heuae, le Khin, an DW}nt de eanaui ttoruant la Jgneilon entre la Sadne d'une part, 1* Heuae et le Rhin

llgun de grande navJgaimn inifrienre. — TraïaDi ««cutà tur le* eanau de petite naflgation de l'Alane et de la Telle, de la Tienne et du Uotn. Prclti pour le canal de Beaucaln. — Dtlalla nr le* ttaTaui ateMtt pour rouTertore de la ligne de graude uailgatlaD-du Midi an nord.Oueat, et pour la looellon de la Loire a*ec la Sel». Canal de BrUre, [mporiaocedc ce canal: aa ewatnietlon. Il eat établi dan* le i^Mfnie de* canani li point de partage; premee oombreuaea de cette T'rlié. 1^ nadgatlon dn canal ot aolgneoMment alimentée ut du canal. Opinion générale en 1610 mr le . L« Dau>ei qui emptebèrenl r>cbé>emeut Immédiat fkirent purement pilemeB. Preiqne toot le* traïaui du eanal de Brlare, eiécutéa par Henri IT et pjr Sully,, anbalitérent apré* eux. Ili sont

Lt<Jeifeart/Vel de SuU]/ nlatift aux moyeat de Irtaupert, il iCéeo-

LES DSUX CONDITIONS POUR LA PR08P6niTB DU COMIBRCB 3^5

«ntù nr lu fraâ di trantpori. CocAu du toiNrei publiqua par tem et par mu,

rùiir itde la foi pvbliçae TïnloliMt pour la réforme âei mtmnaia. — Moyens de triupart par tsm »Migt en iltU, — Kéroroie cl polln dn tniU (ollurn paMJqud ailiIaDt eu IS94. — ElabIu«niEiiI dn leldt de cbnaui anr

isn. Pn)KT« rt ululX» effets de eel «obllwme'nt de ISglkitM: Ireerrlee dei relaie ddI *□! po«Ia. Lei cochci ou votIDm pubJlqoH mulUplJ^ et éUblb iDr tonte* le* raaiei. Orlfloe de* meiaigerlM et dlllgenee* madtrnM et de> roDU«e*-— LeeonmenK pnitég* contre Ttildlté de* greodi : Mil nr le* toltei et (Btrea Mit* boruai qu'on lurprend d'ibnr^ m rai, «ir Inqqcl* U mlent enulle, et qol reelenl una effet. — Meatirea l^lilallve*. Lea tniuactlona e( le coDiaeree meucà de nobTenloii parla caifocil^ dta engacememi que prennent le* l^mme*. et par U hanqnerouta. Abrugallon du lénatin-coanlle Vellelen : Mn contn le* banqaeraDtlera. ~ IN dn m* tWele. Editi de 1601 et de It

) VI. Meiuru prùei par Henri IV el par Satli/, tnàUi amdta en fmieur du

proi^r te csmawrce de la Praoee eooire ta* piraterlea. Traita de eonmerce «Dire la France et la Tnrqnle, concln Mu* Achmel 1". Les p«rti et marchés

H pr<rogirl»ei de prépondirai - TratU de 160* entre la Frai prodolta tTançali. — Rapport

l'*ngtelerre, — Comi

Dès que rindustrie manque des moyens de placer facilement et sûrement ses produits , chez les nationaux et chez les étrangers, elle n'est plus que l'emploi en pure perte des capitanx, du temps, des efforts d'esprit de toute une classe de citoyens ; elle n'est plus qu'une ruine. Dans ces conditions, après des essais et une attente de deux ou trois ans, elle périt, quelque heureuses, quelque brillantes qu'aient été ses tentatives au début.

Vainement donc Henri, Laffemas, les membres de ta commission ou conseil du commerce se seraient épuisés

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316 UT. TH. CH. VI. LE COHIlBflCI INTBRUUII ENTRJLVÉ

eo efforU pour ranimer les anciennes industries, pour créer ' tant d'industries nouvelles, si le roi, en même temps, n'était parvenu à donner à la production des débouchés proportionnés à son activité et à sa fécondité. IL s'agissait pour lui d'établir dans son royaume des rapports assurés et des moyens de communication entre Les manufacturiers et les consommateurs, entre ceux qui produisaient et ceux quiavaientlebesotn d'employer les produits, avec l'argent nécessaire pour les payer. Au dehors, il fallait que le roi obtint de ceux des souverains étrangers chez lesquels il y avait industrie et commerce , une protection et des facilités pour notre commerce, égales à celles que le commerce des sujets de ces souverains trouvait en France. D fallait encore amener ou contraindre les princes dont les sujets n'avaient pas de commerce, parc« qu'ils n'avaient pas d'industrie, à ce qu'ils ne fermassent pas leurs pays à nos produits, en les frappant de droits d'entrée excessifs.

Cette régularité et cette facilité de rapports de province à province et in ville à ville dans l'intérieur du royaume, cette protection an dehors, tout nécessaires, tout indispensables même qu'elles fussent à l'existence de l'industrie et du commerce de la France, étaient pourtant à établir entièrement et à nouveau en 1597 pour le conunerce intérieur; et plus tard encore, de 1597 à 1603, pour le commerce extérieur. Les guerres civiles et étrangères avaient eu pour effet de détruire presque toutes les communications entre les diverses provinces du centre de la France, et de les placer à l'égard les unes des autres dans im isolement dont on ne peut se faire une idée aujourd'hui. Les communications intérieures ont lieu au moyen de la navigation des rivières, des ponts, des routes. Or, les gouverneurs de provinces et de villes, les gentilshommes propriétaires de châteaux avaient |vofité de l'anar-

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EH 1597, PAR l'État dk toutks les voies de comiiiKicAnoN. 327

chie et du besoin que l'ou avait d'eux, pour établir à leur profit d'innombrables péages sur l«s nviëres : les marchands ne pouvaient plus parcourir deux lieues sans avoir quelque droit à payer, et dès que le trajet étùt long, les droits et les frais se trouvaient tellement multipliés que tout commerce devenait impossible '. Pendant le cours d'hostilités si longtemps prolongées, les armées et les garnisons avaient pour les nécessités de leur défense, détruit une multitude de ponts ; les autres étaient ttHubés en ruines par défaut d'entretien. Il en était de même des routes. Les dépenses de la guerre, auxquelles s'étaient jointes de folles prodigalités sous Henri ITI, avùent absorbé, dévoré le produit des impdts, et amené l'aliénation de la plus grande partie du domaine de la cciuronne, tandis que tes ravages de la guerre avfûent détint les biens ou supprimé les ressources des communes grandes et petites, des villes et des villf^es. Il n'était plus rien resté iV personne pour les travaux publics. On va voir par le témoignage de deux contemporùns.Aquel point ceacausesrénnies avaient brisé toute communication, tout commerce entre les provinces et les villes du royaimie les plus rapprochées les uns des autres.

t Quelle appirence, je loui prie, que les marehands soient coiitnineU. m btiMeoup d'mdniU, n detfourntr 4t plut de trente ou quarantt lituet. pour la rupture ou danger du droiet cheMt»? 11 ne K faut pas e«tODaer si beaucoup de villes qui estnient snr de grands passages, et souloient IraSqner àuirefoia, sont main tenant pauvres et disetteosesi c'en est ici la principale occasion.

> L'advi* des sieurs commissairas ordonne! par Sa Hajestë est ji dressé, «vec grande connoissance de cause, pour restablir 1* navigation de la rivière d'Oise, depuis laFire en Picardie, jusques i Cluonj,

> Isaac LafféniEis, Bist. dn coninerce, p. tts. s l«s droits de péages,

■ passages, bords et abords, n'ont jamais esté imposés par les princes

■ que pour la conserrelion des marchands, seurelé et entretenement a des chemins. Néanmoins aujourd'hui les administrateurs d'iceoz H rorroBipmt et g«ilmt cet ordre à la nâgtt» de itottr* conanerte. »

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3S8 L1V. ni en. VI SOUFFRANCES DB NOTRB COKIIERCE EXTÈRIBDR.

eoame die aloit atptiravant U* pnmien tmtUa. Le* habitants de la Fére m'ont laissé quelque temps entre lei maina dei pièces ponr cet effet. Ils m'ont &il le» plaintes en loslre conseil. Sire, et remontré comme ceui du |iaya d'Artois et de Thièrirche noient délaissé le commerce qu'ils faisoient avec eux, pour l'incommodité des ponts, chaussées et passages, ce qui ett grandement considérable '. ■

Les misères et les souffrances de notre commerce avec l'étranger ne pouvaient surpasser celles de noire commerce intérieur, mais elles les égalaient. Les fautes de notre diplomatie pendant les deux derniers règnes, les eiigences de notre situation politique, et la guerre ouverte sous Henri IV, avuent amené les choses au point que les marchés étrangers étaient presque complètement fermés à notre commerce, tandis que nos provinces, nos villes, nos villages même étaient ouverts au commerce et aux produits des étrangers.

Le commerce extérieur était fait alors par les provinces frontières et maritimes de Picardie, de Normandie, de Bretagne, de Guyenne, de Languedoc, de Provence, de Lyonnais. La Picardie commerçait avec les Pays- Bas, la Normandie et la Bretagne avec l'Angleterre, la Guyenne et le Languedoc avec l'Espagne, la Provence et le Lyonnais avec l'Italie. Les principales villes servant d'entrepdt et de transit aux produits de ces provinces et des pays avoisinaats étaient Amiens, en Picardie ; Rouen et Caen , en Normandie ; Nantes, Saint-Malo, Vitré, Brest, Saint- PoI-de-Léon, dans la haute et basse Bretagne ; Bwdeaux Bayonne, Saint-Jeao-de-Luz, dans la Guyenne ; Marseille, en Provence ; Lyon, dans le Lyonnais. Cette statistique est fournie par la correspondance de Henri IV et de ses agents diplomatiques *.

■ Barthélen; Laffemas, Recneil présenté ao roj de ce qui ae peste en l'assemblée dn commerce, n> S4. — Iss&c Laffemas, Hist. du coœmerce, t. XIV, p. IH, 1*9, tu, t2fl.

1 Voir les Lettres missiTea de Henri IV, du f3 août 1S»8 an 10 no-

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RAPPOHTB COKIIRRCIAUX D8 LA FRANCE AVEC L'ANGLETERRE. 329

Les causes de l'état de dépérissement auquel notre commerce extérieur était réduit, en 1 597, remontaient au règne de Charles IX, et depuis lors s'étaient sans cesse accrues. En 1 572, quoique le commerce eût déjà souffert des atteintes portées par les factions à l'ordre public et aux ressources intérieures du pays , notre commerce se soQteDÛt encore , parce qu'il trouvait au motus liberté et Facilités sufBsantes pour ses opérations chez les nations voisines de la France.Mais, à partir de ce temps, il avait perdu un à un tous les principes de sa prospérité.

Le 29 avril 1572, Charles IX avait conclu aveclareine d'Angleterre un traité qui contenait deux parties trèsdistinctes. Dans la première , il n'était question que des conditions d'une coirfédération et d'une alliance ddensive entre la France et l'Angleterre ; mus, dans la seconde, le traité politique devenait un traité de commerce, dans lequel l'imprévoyance ou la trahison des négociateurs et des ministres de Charles IX avait laissé insérer une longue série de clauses aussi favorables à l'intérêt anglais que nuisibles à celui de la France. Les Anglais, entre autr^ avantages, obtenaient le droit d'établir, dans celles des villes de France qui seraient le plus à leur convenance, des comptoirs et des institutions fort semblables à ce que l'on a nommé plus tard des chambres de commerce et des consulats'. Ainsi, tout marchand anglais, àson débarquement en France, trouvait des compatriotes qui protégeaien t sa personne et l'aidaient dads toutes ses opérations commerciales ; qui, instruits eux-mêmes des tarifs établis par

TembreieOI, dùule t. T, p. 16, 17, 7ST-Ti9, etie traité del606 BTec l'Anglelerre, qn'oD troaTera ci-après.

' Le traiti de contédération et d'alliance fiDire Gharlet tX, roi de Fnnce et ÉlUabetb, reine d'Anglelerre, «igné à Blota le «9 avril ISTi, n'eat paa divisé en articles a;ant leur Dnméro d'ordre. Les paragraphes relalib BU commerce anglais se tronvenl k la page al 4 A et B dD t. V, partis I, da Corps diplomatique de Dumont.

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330 LIV. vu. CH. VI. RAPPORTS DB U FK&NCB AVBC L'ANGLBTSIUIB .

le gouTemement, lui apprenaient si les préposés à la dousDe française n'avaient pas exigé de lui des droits excessif ; qui, dans le cas d'une contestation élevée entre lui et l'autorité, les marchands ou les habitants de la localité, lui indiquaient à quel tribunal il devait s'adresser, quelle marche il avait à suivre pour obtenir justice; qui recevaient ses plaintes ou ses réclamations, et les disaient valoir au|H*&s des autorités françtûses, de l'ambassadeur anglais, du gouvernement d'Angleterre. Dans le traité de 1572, les marchands français n'avaient obtenu aucun de ces droits, aucune de ces protections. Aussi furent-its promptement chassés de toutes les villes d'Angleterre par les mauvais traitements ; par le déni de toute justice dans leurs contestations avec les marchands et les habitants ; par le surbaussement arbitraire des tarifs, et les exactions des agents du fisc, auxquels ils furent sans cesse exposés , par roUigation enfin qu'on leur imposa de transborda* le chargement de leurs navires sur des b&timents anglais, pour que ce chai^ement pût entrer dans les ports d'Angleterre , et par l'impossibilité i laquelle on les réduisit de rien remporter d'Angleterre, deux mesures également ruineuses pour notre marine marchande * .

Les intérêts de notre commerce, dans ses rapports avec l'Angleterre, étaient de trois espèces , l'une d'exportation des produits de la France , l'autre d'importation des produits anglais, la troisième de commission et de transport. On a pu voir précédemment* que les manufactures de quelques-unes de nos villes donnaient des produits d'une grande perfection, tels que les draps fins ou draps du sceau de Rouen, les toiles fines et les seines de Louviers,

< Voir pins loin daD« le traili de 160S avec l'Angleterre la preuve de toules ce* veialions, auujteB par noire commerce, jmqu'aD mo' meol od ce traîlé.; mit &d.

■ Voir ci-deanu k farticla de riodtutrïe.

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RAPPORTS VE LA FRANCE AVBC L'ANGLBrEHRE. 331

Saiut-Ouentin, Amiens. Moins la France fabriquait alors de gros tissus, d'articles de première nécessité , plus elle aumt eu besoin de multipËer les articles d'industrie recherchée, où elle excellait, et de les placer en Ai^lelerre, pour rétablir l'équilibre avec celte puissance dans la balance de l'industrie et du commerce. Cependant l'Angleterre avait complètement fermé ses ports et ses marchés ans produite français de cette espèce. La seconde branche de notre commerce d'exportation, beaucoup j^us importante que la première , aurait dû être le transport, le placement et la vente des produits de notre agriculture qui, depuis 1 596 , avaient excédé nos besoins dans quelques locaUtés moins maltraitées par la guerre civile , et qui les surpassaient dans toutes en 1600 ', Les Anglais consentirent bien à laisser entrer nos grains, nos vins, nos fruits, dont ils avaient besoin, et qu'ils trouvaient chez nous meilleurs et à meilleur marché qu'ailleurs, parce que les frais de transport étaient moindres. Notre industrie agricole profita bien de leurs achats. Mais, en admettant chez eux nos produits, en nous acceptant pour approvisionneurs, ils se réservèrent , à notre exclusion et à notre détriment, les bénéfices du transport et de la vente en gros dans leurs ports.

Us ne laissèrent pas à nos marchands plus de part dans le commerce d'imporiatiou des produits anglais chez nous. L'Angleterre, comme nous l'avons établi, nous fournissait une immense quantité d'objets de première nécessité, teb que les gros draps, les bas, les chaussures, la chapellerie '. Il y avait un intérêt considérable pour la France à ce que nos marchands allassent les chercher en Angleterre, les plaçassent dans notre pays, et conservassent au

< Voir ci-dee«aB, A l'arUcle de l'agricultura, p. 19S, 198. * Voir ci-àeema, à l'article de l'indiutrie.

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33X UV. VII. CD VI. HKUeURS ET INHOSPITALITt DES AHCLttS.

moins , à eux-mêmes et au royaume , les héuéâces de ce commerce d'importation en France des produits étrangers. Mais nos marchands en furent exclus par les rigueurs calculées de l'inhospitalité anglaise , et remplacés par les marchands anglais : d'où il résulta que, sur ces articles, l'Angleterre cumula les proGts de l'industrie et ceux du commerce.

En ce qui concernait le commerce d'expédition et de transportées Anglais poussaient la passion etles rigueurs de l'exclusion contre la France, au point que leur administration se mettait en opposition avec leur gouvernement pour persécuter les marâhands français. En 1598, un marchand de Saint-Malo, nommé Michel Lanne, avait transporté des canons hors d'Angleterre , pour le service et avec l'agrément de la reine âisabeth. Poursuivi par l'amirauté de Londres, comme coupable de distraction, il avait vainement sollicité pendant deux ans le jugement de son procès et les moyens de produire les preuves de son innocence. A peine il avait quitté l'Angleterre pour repasser en France, oîi ses intérêts le rappelaient, qu'U avait été condamné par l'amirauté , lui et ceux qui lui avaient servi de cautions. De 1598 à 1600, Henri l\ , « pour la » justice et la protection qu'il devait à ses sujets, o réclamait contre cett« inique sentence , pressait Elisabeth de fiûre intervenir son autorité royale dans cette affaire , et obtenait d'elle la [Ht)messe qu'elle agirait dans ce sens. Tout cela fut en vain. Les instructions données au représentant de la France, lors de l'ambassade extraordinaire . de 1603, prouvent que dans l'affaire de Michel Lanne, comme dans vingt autres semblables, la haine dont l'amirauté de Londres poursuivait nos marchands prévalut ' contre le droit, la justice, les réclamations du roi de France, allié de l'Angleterre; l'intervention d'Klïsabetli elle-même, qni n'obtint rien, soit qu'elle ait craint de

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