LIV. VII. CH. V. INTELUGEHTB DIRECTION DONNÉE A L'INDUSTRIE
» au rétablissement du commerce et manufecture dans le B royaume, n Le Dom que lui donne le roi lui'Hiième est celui de commission ; de Hou l'appelle un tribunal, une juridiction de commerce; d'autres contemporains le nomment un conseil ou une chambre de commerce. C'est le premier conseil de commerce qu'ait eu la France. Les renseignements fournis jusqu'à présent sur cette institution à sa naissance sont inexacts en partie et surtout très-incomplets. Les membres qui composaient la commission étaient tirés du conseil d'État, du parlement, de la chambre des comptes, de la cour des aides '. Il ne faut pas croire qu'ils fussent étrangers aux questions d'industrie et de commerce : elles leur étaient au contraire trèsfamilières. 11 entrait dans les attributions du parlement qu'un certain nombre' de ses membres formassent des commissions chargées de la pohce et (}es subsistances de Paris, et par conséquent de la surveilJance de diverses industries exercées dans cette ville et dans les proTiaces environnantes. La cour des aides, par la nature même de ses fonctions, était conduite ù s'occuper de toutes les marchandises et denrées qui se vendaient dans le royaume et des industries qui les produisaient. On connaît les noms de plusieurs des conseillers d'État entrés dans la commission ou chambre supérieure de commerce, et chai^;és de la présider : Jeanniu, Gh&teauneuf, de Gesvres, lé chancelier de Bellièvre, et l'on sait qu'ils avfùent dès longtemps étudié les matières d'industrie et de commerce : le chan-
• Msadement do roi du 7 décembre 1603, dana le Recueil des bdcienuea lois Fraoçaises, l. XV, p. ST8 : a Comme par qob lelUea paa lentes du 16 snil 1601, et autres subeéquenteB, uoua avons eommU D et députez ploflieurs de nos ofliciers des cours souveratues et autres u notables personnages, pounacqueraorestablissement du commerce jg et manufacture eu ce royaume. » Thuanus, 1. CXXIX, § 18, 1. VI, p. 170, édit. Loud., 1783 : » llaque, et commerdi Domiae, tribunal B iustitutum, in quo ex sacri coutistorii, seuatus, vecttgallum consi- D lianîB delecti >ui dicerenl. »
D,q,z.-3bvGoOgle
U COHIIBRCB POUR LEUR DEVBLOPFEHBNT.
ce\ier de Bellièvre, qui avùt appliqué son esprit à ces sujets durant ses ambassades, avùt accordé la plus constante et la plus utile protectTon à de Serres au moment où U plaidait la propagation du mûrier et de la soie en France'. De plus, les membres de la commission de commerce suppléèrent lai^ment à c« qui pouvait leur manquer de cODDaissanoas techniques, en appelant dans leur sein le contrâleur général du commerce LafTemas, et les principaux fabricants et marchands du royaume , en écoutûit leurs explications , en examinant avec le plus grand soin leurs mémoires, en compulsant les registres •et les statuts des coiporations d'arts et métiers '.
Les membres de la commission ou conseil du commerce, qui Avaient rendu de si grands services eu 1603 pour la plantation du mûrier et la propagation de l'industrie nouvelle de la soie', n'accordèrent ni moins d'atlention ni moins de soins aux anciennes industries : ils rendirent à -plusieurs une vie nouvelle ; ils donnèrent à d'autres de merveilleux développements.
Dans les années 1602 et 1603, ils parvinrent à remonter aux causes de la décadence de nos manufactures de draps et étoffes de laine, qui avaient été longtemps les premières de l'Europe; qui, maintenant déchues par la n^Ugence et l'improbité des fabricants, avaient perdu l'approvisionnement des nations étrangères et même d'une partie de la France, et qui ne donnaient plus que
> De Lamarre, Traité de la police, t, I, p. 118, SOG, 210, 993; t. Il, p. 1S4, Sfl9. — Bartfaëlem; LaSemaa, Recueil de ce qui se paue, etc., a« ïs, SO, p. ÏSS, S3S. — De Serres. La seconde richesse du meurîer blanc , dédicace à Mgr de Belièvre , cbaucelier de France , 1603, p. (, 5 : ri Voatre saga prudence, joincte avec eipérieDce de vos ' lointains voyages, pour tos ftrandes ambassades, eo a bleu scea B considérer l'utilité (du mûrier et de la soie). i>
■B. Laffemas. Recueil de ce qui se passe, etc., %"' 12, 13, 16,10, 20,
»i, 10, p. asa, 427, ISO, 231, sae.
■ Voir ci-dessus, cbapit. V, § 3.
D,q,z.-3bvGoOgle
314 LIV Vli. CB. V- RtTABUSSUmrr nu ItHOFACTUIIU DS DKAPS
la sixième partie des produits qu'elles avaient fournis autrefois. Les membres de la commissioD du commerce trouvèrent le seul remède efficace au mal « dans le rèta- V blissement des maonfactures de draperie et des tein- B tures eu leur légalité, bonté et perfection ancienne; » et ce rétablissement lui-même dans un r^lement général qu'on ferait exactement observw par tous les corps de métiers, en commençant par ceux de Paiis. Pour parvenir à ce résallat, ils rassemblèrent et dépouillèrent les registres, statuts, r^lements des dix métiers qui formuent l'ensemble de l'industrie de la draperie, et tirèrent ces renseignements de toutes les [oovinces du* royaume. C'était un travail immense. Us en furent payés par les résultats qu'ils obtinrent. Eb 1606, les progrès de la décadence de la draperie étaient arrêtés : à la fin du règne , nos fabriques avaient retrouvé une partie de leur ancienne activité et prospérité. Une réforme plus prompte et plus entière était intr^uite, dès 1 604, dans les manufactures de l>as d'estame et de soie : les statuts et règlements nouveaux qui leur étaient imposés par la commission de commerce coupaient court aux abus et malversations qui s'y étaient commis jusqu'alors : le public était mieux servi et nos fabriques retrouvaient une perfection qui devait leur rendre en peu de temps la fourniture des pays étrangers ' . ■ Pendant les années 1602 et 1603, la commisûon du commerce avait fait appel en même temps aux industrie nouvelles , aux découvertes dans chaque industrie,
< Bartbèleniy Laffemu, Hecaeil de ce qoi se puw, etc., IMl, D*' i, Vt, M, p. SIS, S36-2S8. lutte USemw, Hittoite du commerce, 1606, p. 4tS : « 11 Faut coateater qae d la cbainbte de «ma merce s coDlribué à l'eHablUaeuent dee maonfactiirci de toie, tilt ji ne l'tmploge pas Moiiu à remtllre rtlla de laint m leur andenne D bonti, qui a'cD alloient perdues, si VoïUe Majesté n'y eoat opportU' v DËDienl mis la maia. ■
D,q,z.-3bvGoogle
ET ta BAS. ESdOR DES NOUVELLES INDUBTRIBS. 3(5
que rindiffôreuce des gouverDements précédents avait négligées et laissées à l'écart , ou que les préjugés et la jalousie des corporations avaient étooffées. La commission examina les inventions et les procédés qui lui furent soumis, approuva^ tons ceux qui étaient sérieux, leur fournit les moyens de s'établir et de se répandre, en obtenant ffoor eux la sanction du conseil d'État ; en leur assurant avec une publicité solennelle la vogue, le focile débit de lemrs produits ; en leur ménageant, dans certains cas , des encouragements du gouvernement pareils à ceux qui avaient été acccrdés aux industries de luxe. Au commeneement de 1604 , beaucoup de DOtables manufacturiers et marchaiids du roy^me se réunirent aux membres de la commission du commerce, et formèrent une assemblée qui tint ses séances au Palais à Paris. Ce fut une réunion des états-généraux de l'industrie nationale. Le recueil ou procès-verbal de sa session fut présenté au roi, avec la distinction de ce qui était déjà mis à exécution, et de ce qui était seulement approuvé et projeté par le congrès industriel. Voici la liste des découvertes qui avaient déjà reçu leur application.
Les moulins tranchants et les martinets au moyen desquels le fer se tranchait et se fendsdt en autant de pièces aussi menues et de la façon que l'on voulait, c'est-à-dire en baguettes oïl verges de toute dimension et de toute f(N*me. Jusqu'alors ce travail ne s'était fait qu'à la main chez les serruriers , à grands frais; et, quand on l'avait trouvé trop cher et trop lent, il avait fallu acheter les baguettes ou veines de fer de diverses dimensions dans les pays étrangers, principalement en Allemagne. Ainsi, dûis la fabrication générale du fer, on venait de découvrir et d'appliquer ce que l'on nomme la fenderie et la filerie. Les mêmes moulins et marlinets battaient et aplatissaient le cuivre et l'airain, les réduisaient en lames, en
.-3bvGoogle
3t6 LIV. VII. CH. V. I,A FBNDBmB ET LA FILERIE DBB 1IBTAU\.
préparaienl plue en un jour qu'un chaudronnier n'en avait fait jusiju'alors en un mois, et permettaient de les livrer au commerce' à bien meilleur marché. Ces uou— veaux procédés pour la fabrication du fer, du cuivre, de t'airain, établis primitivement en un seul lieu, sar la rivière d'Étampes, se répanduent déjà, en 1(»04 , dans toutes les provinces de la France.
La conversion du fer en acier fin. Quoique la France abondât en mines de fer, elle n'avait su en tirer jusquelà que le petit acier de Brie et de Saint-Dizier, et elle avait été obligée de se procurer l'acier fin en Piémont, en Allemagne et dans d'autres pays. L'acier fin acheté à l'étranger coûtait cinq et six sous de ce temps-là la livre : celui qu'on obtenait depuis peu en France ne se vendait que deux ou trois sous au plus; c'était une diminutitHi de moitié sur un objet d'une immense consommation. Les fourneaux de la nouvelle manufacture avaient été établis au faubourg Saint-Victor, à l'embouchure de la Bièvre.
Les membres de la commission du commerce proposaient aussi de réformer et de perfectionner la fabricaûon du fer, qui àla vérité venait de s'enrichir de divers procédés i>onr convertir le fer en acier, pour le fendre et le filer, mais qui, dans les pratiques les plus essentielles, laissait prodigieusement à désirer. En effet, elle fondait et foirait encore ce métal d'une manière si vicieuse qu'elle n'obtenait que du fer aigre et cassant, et qu'elle laissait dans la plus cruelle souffrance presque tous les arts industriels.
Dans d'autres industries, on avait à signaler les plus heureux progrès. La fabrique de tuj'aux de plomb, aussi longs et de tel calibre que l'on voulait, battus et légers comme du fer à cuirasse , plus solides et de plus longue durée que les anciens tuyaux , coûtant beaucoup moins cher. Les anciens tuyaux étaient composés de bouts
D,q,-Z.-dbvGOOglC
l'acier, la fabrication du FBR BT du PLOIIB, LE BLANC DB PLONB. 317
fort courts, réaniu entre eux par une soudure malsaine etimpar&ite tout ensemble; les ingrédients qui entraient dans la soudure tenaient du poison et corrompaient les eaux; la soudure laissait'dans les tuyaux des tissures à travers lesquelles l'eau filtrait , croupissait , et déterminût de fréquentes ruptures. La santé publique était donc aussi intéressée que l'industrie dans la nouvelle invention.
La fabrique du blanc de plomb, espèce de substance tirée du plomb au moyen du vinai^ , indispensable dans la peinture, nécessaire encore à d'autres usage?, que l'on était contraint d'aller chercher et acheter chèrementhors de Franc«. Le blanc deptombfiibriquo en France étfùt d'une qualité supérieure et d'un prix bien moindre.
Ces inventions, ces procédés, ces pratiques, étaient déjà mis à exécution en 1 604 : la commission du commerce leur avut ménagé et préparé des établissements dont les particuliers ou le gouvernement avaient fait les frais. Elle avait examiné et approuvé beaucoup d'autres découvertes pour lesquelles eÛe réclamait le passage de la théorie à la pratique et les mêmes encouragements. H faut mettre en première ligne la préparation complète des futaines dont on Faisait alors un prodigieux débit, et la fabrication en grand du coton au moyen d'une machine d'un nouveau et ingénieux mécanisme. Les membres de la commission s'ex[HÎmaient ainsi sur ces deux articles :
• Les ruUiaei d'Angleterre uinl ainsi appelées, quoiqu'elles sojeul maDnracturées en France, en Italie et en Allemagne, en bien plus grande perfection qu'au psja d'Angleterre, où il ne s'en fait quasi point. Hais elles j sont taules portées, 1 cause d'un secret qu'ib aToient seuls au pajs d'Angleterre de les sçaroir teindre, apprester et friser en perfection. Hais ce secret est descouvert et introduit en France. A quoi les sieurs commissaires ont longtemps et beaucoup IranîUé, pour bïre recognoistre ta T^rilé de l'espreuve et du proRt par les experts, et eu disposer l'élablissemeDt. Il est certain qu'il eo
-:i,vGooglc
31f) LIT. VU. CH. V. LES FUTilHES. LKS UINSS BT COTONS.
peut proTenir bMueoup de cnmmoditi et d'eDricliiHemeDt, pour le grand gain qui h bûoit en celte dernière façon, et pour le gnnd débit.
> L'uTention nouvelle de faire 61er en unienl ateliergnnde quantité de toales tories de laines et eotoiu, et autres semblablea étoffes, ' par ISB petits enfants, avengles, Tieillanti, mancholB et impotent, astis i leui aise, sans travail ni peine de corps, plut en nn jour qu'il ne s'en penl faire en trois par lei quenouiilet, et en plus grande perfection. L'auleur en fsil venir les expériences i Pins et en avance les fraii, sur l'etpéranee qu'il a d'en estre reconnu, par l'entremise et ■nlofité des commissairsa, lesquels en ont traité et examiné les mojens. Ce sera un grand avancement et enrichissement pour les manufactures de toiles et de la draperie. ■
La commission du commerce, se conformant aux intentions du roi, s'étut fort occupée aussi des inventionset des procédés qui concernent l'aÛtnentation publique. Elle avùt accueilli avec la plus grande faveur et s'occuput à répandre partout des bluteaux nouveaux, avec lesquels on blutait plus de farine en une heure qu'on ne l'avait fait en un jour par l'ancien procédé, et aii moyen desquels on obtenait du pain fait avec infiniment plus de propreté, plus sain et de meilleur goût. Elle avait instruit les mariniers de tout le cours de la Seine d'un genre de pêche qu'ib ignoraient encore, mais que les mariniers de la Loire pratiquaient depuis longtemps : c'était ta pèche des poissons de mer, en passage dans les rivières, entre No«l et Pâques.
Ses instructions sur ce point se trouvaient appuyées de l'exem^de de Henri, qui depuis six ans avait travaillé à la création de ce que nous nommons aujourd'hui la pisciculture, dans laquelle il voymt l'un des principes de l'alimentation et des ressources nationales. Ce génie prodigieux d'étendue et de souplesse, auquel rien de ce qui était utile n'était ni indifférent, ni étranger, avait, dès 1597, repeuplé de poissons les fleuves, rivières, étangs du royaume, par les sages dispositions insérées dans son
D,q,z.-3bvGoogle
BUITtADX NOUVUirX, PftClir NOUVELLE, PtSCICULTDRE. 319
ordonaance sur les eaux et forêts. Les articles 38 et 39 portent : n Afin de remédier et pourvoir aux Ëraudes, astuo», trompeiies des pescbeurs, lesquels, avec un nombre infini d'engins dâendus et prohibés par les ordonnances , pescbent indifiéremmest toutes sortes de poîsaODs , en dépeuplent nos eaux , fleiices , rivières , étangs, et causent en ce faisant la cherté d^iceux. Nous inhibons et défendons à tous pescbeurs d'user d'aucuns engins , bien que permis par les ordonnances, qu'ils n'ayent esté au préalable marquez de l'ordonnance de nos officiers es sièges des tables de marbre, avec des marques en plomb où seront empreintes nos armes, à peine de confiscation des dits engins non marqués, de vingt escus d'amende pour la première fois, et de punition corporelle pour la seconde. — Enjoignons à nos procureurs es sièges des tables de marbre et leurs substituts de tenir la main à ce que l'on ne pesche en temps de fraye prohibé et défendu, et qu'aucuns poissons ne s'exposettt en vente, qu'ils ne soient de la qualité portée par les ordonnances. » Au temps même des déUbérations de la commission du commerce, en 1602 et 1603, Henri poursuivait cette réforme et celte amélioration : d'après le témoignage de de Thon, il s'occupait à peupler de poisson les étangs , réservoirs , canaux des diverses résidences .royales *. Ainsi la commission du commerce, en b^vùllont à améliorer et à étendre la pèche dans le cours entier de la Seine, ne faisait autre chose que s'inspirer des idées du roi et les appliquer.
Dans les projets présentés et recommandés, comme dans les projets réalisés, ily avait une part pour ce qui tou-
1 Ordonn. but les etox et tattu, art. 3S, SSt, dons W Aoeien. lois frMç., t. XV, p. 168. — ThoMitf, I. CXXIX. t. XIV, p. 1(S de ta Ira- , dnctioD : s Le rai fit bire des ménageriez, des réitraoirt à mtllrt d* ■ poitttm. B
UiqrzD^bvGoOglt'
320 LIV. VII. CH. V. LA CULTURE DU RIZ EN fiRAHD, LES VINS.
chaît à l'industrie agricole, à la remonte de la i»valerie, aux relations plus actives et plus rapides du commerce, aux ressources du pays, à la production des plantes pouvant remplacer le blé. Ainsi la commisson du commerce [ffésentaii en c«s termes un plan pour l'exteosioD et la propagation des haras en France. « L'établissement des » haratzen France, pour y remettre des chevaux en telle » quaatîlé et perfection qu'ils y estoient du temps de H Gharlemagne, oii il se trouve qu'il y en avoit plus que » de boeufe et de vaches, et que tant s'en faut que les » François fussent contraints d'en achepter des estrangers, » qu'ils en foumissoient toute l'Europe ; tant les pasturau ges, les eaux, et toutes autres commodités nécessaires » pour les chevaux y sont abondantes et exquises. Lu» ) sieurs commissaires ont envoyé lettres de Sa Majesté » vers tous les baillifs et seneschaux de chaque province, » pour avoir avis des lieux ou desjà les dits haratz se H trouvent establis, et des commoditez d'y en establir da- » vantage, comme aussi des autres lieux conmiodes de la » France où il n'y en a point à présent; à fin d'en faire » un bon et ample règlement et establissement général, a La commission du commerce demandait encore que l'on fît des essais en grand pour l'introduction en France et laculture du riz, «. cet aliment substantiel qui pouvoit ser- » vir de pain et de viande aux pauvres gens et à ceux qui n voyagent sur mer. » Elle demandait aussi qu'on remédiât aux altéraUons et falsifications qu'avuent subies les vins, surtout ceux d'Orléans '.
La plus grande solennité et la plus grande publicité furent données aux opérations de la commission du com-
1 pool lea ODte paragraphes prËcédenU, voir Barthélémy LalTemas. Recaeil prËsenlë ao roy de ce qui se fome eu rawemhlée du commerce au Palais il PerU, P. Pauloauie'r, 16Di, a" 8, S, 11, 13, IS, 33, ÏB, H, IS, 10, H, p. 1U-S17, îïî, «B, »37, 3il-S(8. — P. Cayet ,
CbroD. sepUii., 1. VU, t. U, p. iBt.
-:i,vGooglc
BT PROPAGATION DBS HARAS.
merce. Le recueil ou procè&-verbal des établissements qu'elle avait formés avec le concours du gouvernement, des propositions qu'elle lui soumettait, fut présenté au roi , imprimé chez son imprimeur, répandu dans la France entîèn:, comme l'avaient été les instructionB pour la propagation de la soie. On ne peut guère douter que toutes les propositions de la commission que nous venons de relater n'aient reçu leur exécution entre 1604 et 1610. En effet, on sait que celle relative aux haras fut suivie de l'établissement de' haras à Meun et dans d'autres lieux '. De plus, on a la preuve que d'autres projets mis enavant par elle en même temps, et contenus dans son recueil, mais que nous n'avons pas rapportés ici pour ne pas foire double emploi, par exemple ceux qui avaient rapport aux tapis du Levant, aux toiles fines de Hollande, aux nouvelles communications pour le commerce, à la répression des banqueroutes ; que ces divers projets, disons-nous, ont été réalisés dans les sept dernières années du règne. Tout tait présumer qu'il en a été de même pour les autres propositions; maison manque de témoignages formels, parce que les seuls historiens qui founiissent des détails |>récis et circonstanciés sur l'industrie et le commerce terminent leur narration, les uns en 1604 , comme P. Cayet, les autres en 1606.
Il est impossible de méconnaître que tout ce qu'il y avait en France d'esprits inventifs, d'hommes échappés à la routine et en avance sur leurs contemporains, n'aient répondu à l'appelqueleur avait adressé la commission du commerce ; qu'ils ne lui. aient communiqué leurs découvertes et leurs procédés particuliers, ainsi que le recueil le dit partout ; que la commission n'ait pas ménagé à ces inventions mde, noyens d'exécution, récompenses, bon-
' Isaac Laffemcu, Bistoire du commerce, p. m.
D,q,z.-3bvGoOgle
3St LIT. Vil. CH. V. Rteinrt db l'bxposB.
neurs, y compris les lettres de noblesse, publicité et propagation dans tout« la France.
Les arts de première nécessité «t utiUté ne durent pas moins que les arts de luxe aux efforts combinés de Henri et de la commission du commerce. Les uns et les autres obéirent à Vimpolsion puissante qu'ils leur donnerai. Il y eut, sous ce règne, un élan d'invention^ un essor de découvertes, qui sont devenus te point de départ de tous les développements de l'industrie française dans les temps modernes.
D,q,-z.-3bvG00glc
CONTEND DO CHinTRE.