LIT. VII. CH. VII. SUITE DE L'BXPOSB DE CHAHPLMN
• HoDMignenr , vous verret dans ce« relitioiii les grand* e> périlleui TOjaget qni ont esté enlreprins duu li NoaieUe-Fniice, l'éteodae da ces terres aon moins grandes quatre toit qne U France, leur disposition, U facilité de l'useuré et important commerce qui t'y peut faire, la grande utilité qui s'en peut retirer, la poesesaion qoe nos Bo;r* oiit prinse d'une bonne partie de ces pajs, la miasion qu'il* y ont faite de diien ordres religieux et leur progrei en la conversÏMi de plusienrs eauTages, le défrichement de quelques-unes de c«* lerres par lequel vous 'cognotstrez qu'elle^ ne cèdent en aucune bçon en bonté i celles de France, enfin les habitation* et forts qni j ont esté conslraictt sous le nom françois.
■ 11 se peut dire que le pays de la Nouvelle-France est un nouveau monde et non nn royaume, beau en toute perfection, et qui a des situations lrés>commodes, tant sur les riTages du grand fleure Saint- Laurent, l'ornement du pays, que des autres riTières, lacs, ruisseani, ayant une iaRnité de belles isles accompagnées de prairies et bocciges fort plaisants et agréables ; les terres très-ferliles pour toutes sorte* de grains, les ptsturages en abondance ; la commuoicatian des grandei ritièrea et lacs qui sont comme des mers trateraant les contrées, et qui rendent une grande facilité à toute* les découvertes dans le profond des terres, d'où l'on pourrait aller aui mers de l'Occident, de l'Orient, du Septentrion, et s'étendre jusqnes au Hidy. Le pays est rempli de grandes et hautes forests, peuplé de toutes les mesmes sortes de boii que nons avons en France ; l'air lalubre, et les eanx excellentes, sur les panlléles d'icdle (France) '. >
Telles furent les possessioiis de seize cen\s lieues de long sur cinq cents lieues de large, d'après l'estimation de Champlaiu*, tel fut l'empire dans l'Amérique septentrionale que Henri travailla à donner à la France comme annexe de Eoaterriloire.développementde son commerce, accroissement de sa puissance. C'était en grande partie
» verte* de plusieurs terres, lacs, rivières et isles de U nouvelle D Fraooe, tUpuù vingistpt ont, ne luy ont point tait perdre con- ' rage. » (L. 1, eh. I, p. I.)
I Les voyagea de la nouvelle France occidenlale, dicte Geuada.taita par le sienr de Cbamplaiu. Dédicace au cardinal de Sichelieu, p. t ; 1. I, ch. I, p. S; Paris, 1631, ia-4<>.
* Voyage de Cbsmplain, 1. 1, cli. 1, p. 2.
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OBSSRVATIONS BUR LEB ÈTABLIBSEMBNTB COLONIAUX. 609
par la fondation de ses colonies, par l'occapatioD des colonies portugaises, que l'Espagne s'était assuré, peodant tout le svi« siècle, la supériorité des ressources et de la force sur les autres puissances de l'Europe. La Hollande et r Angleterre tentèrent de rétablir l'équilibre, la Hollande en conuDençant ses établissements dans les Indes orientales de 1598 à 1601 ; l'Angleterre en fondant ses premiers comptoirs dans l'Inde en 1601, et ses premières colonies en Amérique l'an 160S. Henri veilla à ce que soQ royaume prit part à ce grand mouvement dès 1598. Dans la carrière des agrandissements au debors, oii les nations de l'Europe entraient à la fois, il fit tout pourque la France regagnât l'avance que l'Espagne avait sur elle, pour qu'elle marchât de front avec la Hollande, pour qu'elle prévint l'Angleterre.
Le moyen dont il usa pour lui assurer des possessions en Amérique est digne de remarque. Il cbargea une Compagnie dont la formation et le perfectionnement l'occupèrent sans relâche, de fonder nos premières colonies, et lui ménagea les ressources nécessaires à une pareille entreprise, en lui concédant un privilège sur une branche de commerce extérieur pourun espace de tempsdéterminé. Une Compagnie privilégiée a conquis à la Hollande l'empire du littoral et le commerce de l'Inde, qui ont fait de ce petit*pays de marécages l'une des cinq grandes puissances de l'Europe durant le xvii* siècle. La Compagnie privilégiée anglaise des Indes orientales, devenue dans l'espace de cinquante ans la première puissance de l'Asie, a donné à sa patrie plus de cent millions de sujets et les plus riches contrées du monde. SI la liberté de commerce a de nos jours opéré des prodiges dans les Etats-Unis et en Angleterre, le privilège n'a pas produit de moins merveilleux effets. Ce qu'on a longtemps flétri du nom de monopole, et qui se confondait avec le privilège, s'appelle
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anjourd'bui commerce de réserve et de conceasion. Amnistié par l'économie politique même la plus avancée^ il s'applique encore aujourd'hui à une foule d'entreprises ; il est reconnu et proclamé pour l'un des agents les plus puissants et les plus actifs qu'un gouvernement puisse employer, dans certuns cas et dans certaines circonstances données. Le génie de Henri IV devina ces ressources, les mit en œuvre malgré les résistances de l'intérêt particulier et des préjugés, s'en servit à la fois pour fonder nos colonies, créer chez nous l'esprit d'association, inaugurer le concours de l'État et de l'industrie privée dans tes grandes entreprises d'utilité publique.
Les lieutenants du roi et les capitaines de marine qu'il chargea de diriger les émigrations, préparèrent tout pour la prochaine formation d'établissements français sur la côte de l'Amérique baignée par l'Atlantique et située entre le 41* et le 45' degré 1/2 de latitude, la reconnaissance exacte et détaillée de la contrée, le signalement des ports, le défrichement de quelques parties du sol , les relations ouvertes avec les nations indigènes. Dans la contrée attenant à cette cAte, dans l'Acadie, ils fondèrent le Port- Royal, approprièrent à la navigation son pdrt excellent, relevèrent les nombreux avantages de la position de la Haive, demandèrent qu'on y bâtit une ville , signalèrent son port comme capable de recevoir mille vaissewix. Dans le Canada, ils firent de Gaspé et de Tadoussac deux comptoirs, deux centres d'opérations commerciales suivies et actives ; fondèrent Québec , préludèrent à la fondation de Montréal, et par leurs admirables découvertes, étendirent les relations de la France jusqu'au lac Supérieur. Partout ou ils pénétrèrent ils introduisirent l'agriculture, décuplèrent la grande pèche et la traite des pelleteries, commencèrent le commerce des cuirs et des bois de construction. On voit dans les traités de géogra-
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phie et de statistique moderne quelles oot été les destinéesdeces établissements. Les pays situés sur l'Atlantique entre le 41* vt le 45« degré 1/2 de latitude, sont devenus les plus florissantes provinces des États-Unis d'Amérique, depuis New-York jusqu'à l'extrême Ërootière du Maine. En Acadie, le Port-Royal auquel on a imposé le nouveau nom d'AouapoUs, est encore aujourd'hui la prindpale ville de la baie Française ou baie de Fundy ; son port eat resté célèbre pour sa sûreté et sa vaste étendue. lia Haive, transformée en Halifax, est devenue l'une des villes les plus importantes de l'Amérique par sou port sur l'Atlantique ouvert en toute saison, et servant de station aux flottes en temps de guerre, par son chantier pour laconstrucUon des vmsseaux , par sa nombreuse marine mar^ chande. Dans le Canada , Gaspé et Tadoussac n'ont reçu qu'une population peu nombreuse , mais sont restés des centres tr^ actifs par leurs porlsetleurcommerce. Québec et Montréal ontcbacune 40,000 habitants, tiennent le premierrangentreleavillesderAmérique anglaise, et comptent de plus parmi les plus fortes places etles plus grands centres du commerce deTAmérique du Nord. La Compagnie des pelleleriesde la baie d'Hud&on,compo6éede deux anciennes compagtùes , dont tme seule entretenait avant la réunion 3,000 individus, comme agents, focteurs, chasseurs, est la plus puissante association de ce genre qui existe dans le monde entier '. Voilà ce que sont devenues les fondations coloniales qui eurent lieu sous Henri IV. Que pouvaient-elles, que devaient-elles devenir dans un avenir rapproché, si les événements eussent suivi leur cours naturel? Il ne faut dans l'examen de cette question ni dépasser le but ni rester en deçà. D faut se garder de toute exagération en plus comme en moins.
■ Malte-BniD, Géographie, I. VI. — Balbi, AbrAgé de gëograpbU, p. 1101-iias.
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L'histoire de la Compagnie hollandaise des Indes on^k~ taies absoloment contemporaine de la Compagnie {rançaise d'Amérique, nous semble fournir tons les éléments d'une exacte appréciation, en oft'ant des moyens de comparaison sûre. En 1604 , la Compagnie hollandaise possédait déjà les Moluques ; en 1619, elle dominait sur une partie de l'Ue de Java, et fondait Batavia dont elle fit la capitale et le centre de tous les établissements hollandais. Pour que les colonies françaises d'Amérique reçussent des développements égaux, il suffisait ouque le r^ne de Henri IV se prolongeât de vingt années, ou que Je gouvernement qui succédait au sien, surveillant, excitant, dirigeant la compagnie française , exigeât et obtint d'elle ce que la Hollande tirait dn la Compagnie des Indes orientales. L'impulsion étant ainù une fois donnée, et le progrès incessant, la France devait avant la fin du zvu* siède, posséder dans l'Amérique du Nord un magnifique empire colonial.
Aucun n'aurait été aussi solide, n'aurait fourni à la métropole des ressources aus^ sûres et aussi constantes. L'Espague et le Portugal avùent fondé exclusivement leur richesse et leur organisation coloniale sur l'exploitaUon des métaux précieux, sur la production et la vente des denrées de luxe. Au temps de Henri IV, ces principes et ces idées dominaient encore chez toutes les nations de l'Europe. Les Hollandais courùent dans l'Inde à la conquête des épiceries qui sont une denrée de luxe ; les Anglais cherchaient exclusivement des mines d'or et d'argent, dans la colonie qu'ils fondaient en Virginie l'an 1608, comme letémoignentlescontemporains*. Henri IV
> Mercure frsDtoU, 1. 1, fol. 37t rerw, )7>. ■ Vincleld et lea non- • veanz habituils comme Dcèrent à fûre dq fort et courir è la » rtaberche da minièrti : lia trouTèrenl du cbrjstsi el quelipiea ini-
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et les hommes éminents qu'il employait , par une sapériorilé de vues qui étonne , devioèreot seuls alors et apidiquèreot un système différent d'économie politique dans la fondation des colonies françaises en Amérique. Ds firent reposer toute la richesse et toute la prospérité de ces colonies sur le développement de l'agriculture, sur la [voduction ou la recherche et sur le commerce des d<mlées de première nécessité. C'étaient les graine etles bestiaux, les bois de construction, la pêche de la morue et de la haleine, la chasse des castors et des autres animaux donnant des fourrures et des cuirs, tout ce qui fournissait à la nourriture, à l'habillement, aux premiers besoins des deux mondes. L'Eqmgne, les colonies soustraites à sa domination, ta Hollande ont vu fléchir et baisser, dans des proportions ruineuses pour elles, le produit des mines de métaux précieux ; le commerce des épiceries de l'Inde, dont d'autres habitudes ont si fort restreint l'usage; l'industrie même et- le commerce du sucre , dont une plante d'Kurope a fourni tout à coup la matière première aussi abondamment que la canne des Antilles. L'industrie et le commerce portant sur les denrées de première nécessité se sont au contraire sans cesse accrus et développés, les exploitations agricoles et l'extension donnée à la grande pêche ont toujours été en augmentant, et font aujourd'hui la principale richesse des Espagnols à Cuba, des Hollandais à Java, des Anglais dans l'AustraUe et la Diéménie, de la république des Élats-Unis sur le continent américain '. Henri IV et ceux qui concouriH^nt avec lui à la fondation des colonies de la Noavelle-
i Dfraox qa'Us doandreat à Neoport pour apporter en Anglelerre; u mais ces mlnérauz se trouTèrent estre peo de chose, a
' Voir les tableaoz slatistïqDes du plus haat inlérél qoe doiiD« U. Balbi dons son Abtégë et ses Éléments de giographle ginirale, pageatn, SOI, BM.Ul.
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Fraoce virent d'avance ce que rexpérience de deux siècles et 4eim a prouvé : cette prévision est le privilège du
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