‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 2)Chapitre 11 sur 140 · RENTRÉE DU ROI A PARIS · texte numérisé non relu

RENTRÉE DU ROI A PARIS

voquaient plus ces grands principes dont ils s'étaient proclamés les gardiens ; ils s'en tenaient aux personnalités, tantôt pour ou contre Condé, tantôt pour euxmêmes, toujours contre Mazarin. Il n'était résulté que des misères de cette seconde époque de la guerre civile, bien plus longue que la première. Quand elle prit fin, le sentiment du mal présent était le seul qui occupât les esprits ; la réparation de ce mal apparaissait comme le besoin le plus impérieux. Le peuple avait oublié des réformes, à peine ébauchées, qui ne Tavaient préservé d'aucune charge; le gouvernement était autorisé à ne voir en elles que le premier effet, violent et condamnable, d'une opposition qui avait soulevé ensuite tant d'autres violences, et à les comprendre dans une répression nécessaire au rétablissement de l'ordre. 11 fut donc loisible à la royauté de relever le pouvoir absolu.

Le 22 octobre, le roi tint un lit de justice au Louvre. Il y fit lire plusieurs actes souverains : 1 *" une amnistie ; elle cassait tout ce qui s'était fait depuis le 1 *' février 1651 ; elle annulait en conséquence les arrêts rendus contre Mazarin; 2® une déclaration qui rétablissait le Parlement à Paris ; S** une autre déclaration qui exilait le duc de Beaufort, dix conseillers, en tête Broussel et Viole, plus Rohan, La Boulaye et Fontrailles; elle défendait aux. officiers du roi de fréquenter les princes, de prendre soin de leurs affaires, de recevoir d'eux aucune pension ; elle interdisait au Parlement de s* entremettre des affaires générales de l'État^ et de rien prononcer contre les personnes appelées au

gouvernement. Cette lecture faite, « le roi se leva ce pour laisser la liberté des suffrages, et d'une com- € mune voix, les volontés du roi passèrent par arrêt a rendu le même jour (1). »

La question des finances, le principe de toutes les agitations, fut traitée avec la même hauteur. D*abord un arrêt du conseil (13 novembre) avait remis en vigueur les plus importants articles du tarif y tant combattu en 1648. Ensuite treize édits apportés d'un coup au Parlement (décembre 1 652) rendirent au roi seul le pouvoir de déterminer les charges publiques. Ils contenaient la révocation de cette chambre de justice décrétée contre les financiers par la déclaration du 31 juillet, le rétablissement des offices supprimés par la déclaration du 24 octobre, entre autres des jurés vendeurs et contrôleurs de vins, la confirmation des droits contenus au bail des cinq grandes fermes, quoique non établis par édits vérifiés ^ la retenue de sept cent mille livres de gages sur les officiers de la judicature. Un conseiller se hasarda à demander que tous ces deniers fussent employés au payement des gens de guerre pour les obliger, en les satisfaisant, à vivre avec moins de licence. Le chancelier répondit que ces deniers seraient employés aux nécessités de TÉtat, sous la responsabilité des ordonnateurs (2).

Il y avait encore un homme de trop dans Paris, un

(1) Mémoires de Berlhod, Relz, Orner Talon.

(2) Mémoires d'Orner Taton.

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