‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 2)Chapitre 10 sur 140 · DÉROUTE IHJ PARTI DES PRINCES · texte numérisé non relu

DÉROUTE IHJ PARTI DES PRINCES

soumission. Il en prit à témoin le cardinal de Retz, c Lepeuple, disait-il, n'est-il pas à mtoi? — Oui, repartit le coadjuteur. — Le prince ne reviendra-t-il pas si je le mande ? — Je le crms. — L'armée d'Espagne ne s'avancera-t-elle pas si je le veux? — Toutes les apparences y sont, rt En sorte que le pauvre Orléans n'étant « pas contredit n'eut pas le plaisir de répondre, ni € de pouvoir se plaindre qu'on l'eût empêché d'agir, t C'était la comédie italienne où Trivelin dit à Scara- € mouche : Que je t'aurais dit de belles choses si lu « n'avais pas eu assez d'esprit pour ne pas me contrec dire (1) ! > Le prince réduit à conclure seul, conclut enfin que, quoiqu'il fût regrettable que le roi revint sans avoir donné une amnistie générale, il n'était pas du devoir ni de la réputation du duc d'Orléans de s'opposer à ce retour. Quelle plus digne fin de la Fronde des princes que ce dialogue entre un imbécile et un roué ? Les dupes confondues et abandonnées à leur impuissance, et le génie du mal se riant des misères qu'il a entassées sur elles : un pareil drame ne devait pas avoir d'autre moralité.

Le 21 octobre, le roi quitta Saint-Germain pour Paris. Sa marche fut ralentie par l'affluence considérable qui se porta à sa rencontre ; il n'entra dans la capitale qu'aux flambeaux, au milieu des démonstrations les plus éclatantes, coomie un conquérant ou un libérateur. En mettant le pied sur le seuil du Louvre, il envoya signifia au fib de Broussel, gouverneur de la

(4) Mémoires de Relz.

Bastille, Tordre de rendre immédiatement la forteresse sous peine d'être pendu : la forteresse fut livrée sans délai ; à la veuve de Chavigny Tordre de rendre Vincennes sous peine d'être arrêtée : le château fut immédiatement ouvert ; au duc d'Orléans Tordre de partir au moins à cinq heures du matin , sous peine d'être amené prisonnier au Louvre : l'oncle du roi partit dès quatre heures du matin pour Limours. Le lendemain des lettres annoncèrent leur exil à Mademoiselle, aux dames de Ghâtillon, de Montbazbn, de Fiesque et de Frontenac.

Après les hommes vint le tour des choses. Rien ne devait subsister de la Fronde, ni les grandeurs personnelles, ni les institutions. Au début de la résistance, quand les magistrats et les bourgeois étaient seuls dans la lutte, diverses réformes avaient été proposées, quelques-unes promulguées. Quoique le Parlement s'arrogeât un pouvoir au-dessus de sa compétence, et que tout ne fût pas pur dans ses intentions, quoique la bourgeoisie ne poursuivît guère, dans les changements financiers, que la satisfaction d'un égoïsme stérile pour le bien général, on ne peut méconnaître Tutilité sérieuse de la déclaration du 31 juillet, qui établissait un contrôle sur T impôt, ni la garantie estimable renfermée dans la déclaration du 24 octobre, qui supprimait ou adoucissait les arrestations arbitraires. Mais, depuis que les importants et les princes s'étaient joints aux premiers frondeurs, ces questions d'utilité commune s'étaient perdues dans les débats d'ambitions et d'intérêts particuliers. Les magistrats eux-mêmes n'in-

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