FORMATION DE XA LIGUE DU RHIN
« -DOin, «oit xîomme empereur, soit pour raison de « notre maison, aucun secours de soldats, d'argent, € d'armes, ou de toute autre chose, contre la couronne < de France et ses alliés dans ladite Italie, ni dans le « cerde de Bourgogne, p Ainsi les empereurs, qui n'avaient échappé aux premières menaces de la guerre de Trente Ans que grâce à l'alliance fidèle deTEspagne, renonçaient au droit de préserver l'Espagne à son tour des dernières conséquences de cette lutte. Convenons que, après un acte de résignation aussi rigoureux, l'empereur Tjéopold, malgré la parenté, était excusable de garder rancune à Louis XIV.
Les Français ne s'arrêtèrent même pas là . Comme si la promesse de l'empereur ne suffisait pas par elle-même, ils la mirent sous la garde de ses vassaux. Mazarin fit reprendre et accepter, au moins en partie, un des projets qu'il n'avait pu faire triompher à Munster. On se rappelle cette conception d'une ligue entre tous les princes de l'empire, dans le but d'assurer l'observation du traité de Westphalie, avec le droit de faire la guerre à quiconque voudrait attenter à ce traité, fût-ce lempereur lui-'même. Mazarin, à Francfort, proposa de nouveau cette confédération, non plus à tous les Allemands, mais à ceux d'entre eux qui n'y avaient pas apporté d'objection ; non plus aux amis de l'Autriche comme à^es ennemis, mais aux Étalts que le voisinage et le besoin de leur conservation rapprochaient naturellement de la France. Grammont et Lyonne gagnèrent les trois archevêques de Trêves, Mayence et Cologne, l'évêque de Munster, le landgrave de Hesse-
Casse], les ducs de Brunswick et de Lunebourg, le comte palatin, le roi de Suède, seigneur de Brème, etc. Us conclurent avec eux la ligue du Rhin. Les conditions en étaient le maintien de la paix de Westphalie, la promesse d'une défense réciproque de ces princes par la France, de la France par ces princes; Tengagemefit par chacun de ne laisser passer sur ses terres aucune troupe envoyée contre la France et ses. alliés dans les Pays-Bas ou ailleurs (1). Les conséquences étaient claires et nombreuses. Les terres des alliés formant une barrière non interrompue jusqu'à la mer du Nord, les troupes autrichiennes ne pouvaient plus atteindre les Pays-Bas ; l'isolement des Espagnols était complet ; les princes du Rhin, s'armant pour maintenir la paix de Westphalie au profit de tous ceux qui l'avaient signée, prenaient sous leur garde les acquisitions que cette paix avait assignées à la France, y compris Brisach. Dans l'un et l'autre cas, leur opposition à l'empereur était parfaitement légale; car les traités de Munster et d'Osnabruck laissaient à chaque prince allemand le droit de s'allier avec ses voisins, et même avec l'étranger, pourvu que ce ne fût pas contre les intérêts de l'empire ni contre le maintien de cette même paix de Westphalie; or, d'une part, les Espagnols n'étaient pas l'empire, et, de l'autre, c'était respecter la paix de Westphalie, au lieu de l'enfreindre, que de conserver à la France ce que celte paix lui avait donné. Enfin, la réciprocité de secours en cas d'attaque intro-
(1) Mémoires da maréchal de Grammont.