‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 3)Chapitre 118 sur 151 · ALLUSIONS AUX ÉVÉNEMENTS CONTEMPORAINS · texte numérisé non relu

ALLUSIONS AUX ÉVÉNEMENTS CONTEMPORAINS

quatre saisons figurent les divers Élats de TÉtrurie qui payent des tributs, et qui donnent à Cléonme l'avantage de recevoir tout et de rendre tout^ parce qu'il est le dépositaire des trésors du prince. Ainsi a-t-il € trouvé par sa justice, son humanité et sa « magnificence, l'art d'obliger les heureux et les mal- € heureux, et d'être le protecteur de tous les gens de i( vertu que la fortune a maltraités, aussi bien que « celui des sciences et des arts. >

L'outrecuidance de ces louanges était bien capable de rendre Mazarin jaloux ; peut-être, à une autre époque, eût-on mis de la malice à vanter le subalterne seul, et à garder encore sur le compte du premier ministre un silence évidemment calculé. Mais la fortune venait de prononcer ; le triomphe décisif de Mazarin en France et en Europç ne permettait plus les bravades. Mademoiselle de Scudéry se résigne et fait le sacrifice de bonne grâce, à en juger par l'abondance des offrandes. Sous l'emblème d'un souhait supérieur à tout ce que les hommes peuvent souhaiter, elle passe en revue toutes les circonstances de la vie de Mazarin, et reconnaît en lui une fortune et un génie auxquels nul autre n'a jamais atteint. II est grérnd par sa naissance, parce que, au lieu de succéder comme un roi à son père, il a été l'artisan de sa propre fortune. 11 est grand par son air noble et son esprit capable de conseiller les rois et de triompher dans les négociations. 11 a été grand, lorsque, à son début, par sa seule apparition, il faisait tomber les armes des mains de deux nations, quand il était jugé digne de succéder à

un ministre illustre ; grand dans la guerre conduite par sa politique, dans Texil d'où il gouvernait de loin pour montrer qu'il avait en lui-même le principe de sa grandeur et de sa félicité. Il est grand quand il fait la paix dans une petite Ile sur laquelle il attire les pensées des peuples, des princes et des rois , quand il marie le jeune roi à la fille du roi ennemi, quand il rattache aux intérêts de l'État un illustre héros. Il ne lui manque plus que d'exercer la souveraineté dans un État électif dont l'autorité morale s'étend sur les rois eux-mêmes, et où Ton est appelé par le choix des plus grands et des plus sages (la Papauté). Mais les destins ont prédit qu'un jour Rome serait gouvernée par un homme du nom de Jules, sorti d'une illustre famille de Sicile. A ces mots, toute la compagnie de Clélie s'ipcb'iîe, et confesse qu'il n'est pas possible de rien souhaiter de plus grand et déplus glorieux, et que tous les souhaits des hommes ensemble ne méritent pas d'être comparés au destin de ce grand homme (1). Clélie finit donc, comme le Parlement, comme la Fronde, conune le grand Condé, par l'éloge de Mazarin. C'est la fin de l'opposition littéraire comme de l'opposition politique.

IM. — Opposition aux Précieux : Sctrron, U Roman comiqut. — Mademoiselle ta Luxembourg ; let Portram : Segrait. — Ligue conire tes Précieaz : Us PrMeutet ritliculeê^ It iHcUonnair* iet Préettutu, — Le boo goftt M dégag* du faira» : PeUissoQ. — Importance de Pascal. — Apparition de Bossuet, de la Fontaine, de Sévigné.

Gonmae toutes les importances, la domination des précieuses et des romans ne manquait pas de contra-

(1) Clélie, V« partie, liv. III, p. 4494, 4204 : Souhait d'Amilctr.

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