TRAITÉ D'OLIVA
conclu entre la Suède, la Pologne, Félecteur de Brandebourg et l'empereur Léopold, la Pologne échappait aux prétentions de la Suède, le Brandebourg se faisait confirmer la possession souveraine de la Prusse ; mais la Suède ne perdait aucune des provinces qu'elle occupait en deçà de la Baltique, et qui séparaient de cette mer la Pologne et la Russie. Par le traité de Copenhague avec le Danemark, moyennant quelques équivalents, elle conservait une bonne partie des conquêtes de Charles-Gustave, la Scanie, la Hallandie, la Bleckingie et Rugen. Rien ne lui était ravi de la puissance que la paix de Westphalie lui avait constituée.
La restauration des Stuarts s'était opérée d'ellemême. Après la déposition de Richard Cromwell, le parlement, débris honteux de celui qui avait fait la révolution (Rump, Croupion), n'avait pu tenir contre sa propre impopularité ni contre les rivalités militaires. Le général Monck, en y rappelant les membres successivement exclus à diverses époques, en avait changé l'esprit, et préparé de nouvelles élections favorables à la royauté. On croit avoir la preuve que Mazarin ne voyait pas de bon œil ce changement. Il se défiait des Stuarts qu'il avait abandonnés pour s'allier à Cromwell, et qui s'en étaient vengés en combattant dans les rangs espagnols. Il aurait préféré la continuation de la république. On le soupçonnait d'avoir engagé Monck à se faire protecteur ^ il circulait même des lettres qu'on lui attribuait, où cette pensée était nettement formulée (1). Cependant le nouveau parlement, non
(4) Monlégu, agent de Mazarin, lui écrivait de Londres, 4'' jail*
U2 LA VÂIX DES PTBÉKÉES.
plus que la nation anglaise, n^avait pas hésité à stàm rimpulsion de Monck. Prodamer Charles D, aller le chercher en Hollande, le recevoir à Londres ao miiieQ d'acclamations universelles, tout cela s'était aceonpli du 8 au 29 mai 1660. S'il était vrai que Charles II eo voulût à Mazarin pour cette opposition à son rétablissement, il est tout aussi démontré que la parenté et le besoin d'argent ne tardèrent pas à le retourner vers Louis XIV et son ministre. Déjà avant le retour à Paris, il était question du mariage de Charles II avec Hortense Mancini, nièce du cardinal. Le roi d'Angleterre, séduit au moins par la perspective d'une dot de cinq millions comptant, persista pendant plusieurs mois à demander des nouvelles de mademoiselle Hortense, c si elle était c embellie, si elle avait de l'esprit. » Il aimait à entendre M. d'Aubigny louer la beauté de son visage, et vanter les verttis de Mesdames et Mesdemoiselles les vxices de l'Éminence. Il se défendait du reproche de favoriser le cardinal de Retz, qui travaillait alors par toutes sortes de manœuvres à obtenir son intervention. Il protestait
let 4 660 : c L'avis que le beau-frère da général M ondi Yenall de loi doB- Dcr, que Ton le pressait de déclarer que je Vavais chargé delaparl à Sa Majesté et celle de Son ÉminencCy de disposer le général à se (airô protectettr^ ou à mairUenir la républiquey m'est imputé il y a déjà quelque temps. >
Le P. Duneau écrit de Rome, à Mazarin, 9 août 4 660 : c II se Toit ici sous main la copie d'une lettre qu^on dit que Votre Ëminence a écriie au général Monck ayant le retour du roi d'Angleterre, l'exhortant à s'y opposer, que ce roi l'ayant vue s'en est offensé, qu'il a résolu de se venger, et que c'est la cause pour laquetie il a refusé l'audience au Président de Bourdeaux, et que la garnison de Bunkerque a commencé de faire des hosUliiés contre les terres voisines. »