‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 3)Chapitre 19 sur 151 · RENTRÉE DU ROI A PARIS · texte numérisé non relu

RENTRÉE DU ROI A PARIS

homme de moins à la cour. Il importait de faire disparaître Tun pour achever la dispersion de Vennemî, de rétablir l'autre pour couronner le triomphe du roi. Le 19 décembre, le cardinal de Retz fut arrêté. 11 négociait depuis trois mois, d'un ton de plus en plus radouci, à mesure que les ambitieux perdaient du terrain, et que l'autorité royale reprenait faveur. Il lui revint quelque velléité d'opposition ; il tenta de protester par le silence en refusant d'assister, au Parlement, à la lecture d'une déclaration contre le prince de Condé. Le châtiment ne se fit pas attendre. Appréhendé dans une galerie du Louvre, comme autrefois Condé au Palais-Royal, il fut conduit dans la même prison. Par un dernier reste d'illusion, il se berçait de l'espoir d'un soulèvement du peuple pour sa délivrance ; mais il était oublié comme les autres. Ainsi se réalisa la parole qu'il avait prononcée contre lui-même, dans une heure de découragement, lorsque , fatigué des irrésolutions du duc d'Orléans, il disait à ce prince: < Vous « serez fils de France à Rlois, et moi je serai coadjuc teur et cardinal au bois de Yincennes. i

Le retour de Mazarin fut la contre-partie de la catastrophe de Retz. Il quitta Sedan, d'où il avait depuis quelques mois dirigé secrètement les affaires. Turenne l'escortait. Le roi et son frère allèrent à sa rencontre jusqu'à six lieues. Princes, ambassadeurs, Parlement et bourgeois, s'empressèrent à lui faire la cour (3 février 1653). La rentrée du ministre contre qui toutes les guerres civiles avaient prétendu protester, les hommages de ses adversaires prosternés devant sa fortune.

proclamaient, bien plus haut que toutes les paroles, rimpuissance delà noblesse, l'inexpérience de la bourgeoisie, la nécessité du système de Richelieu, et ne laissait plus à la Fronde que Todieux et le ridicule d'une échauffourée sanglante et stérile.

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