‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 3)Chapitre 35 sur 151 · ÉLECTION DE L'EMPEREUR LÉOPOLD · texte numérisé non relu

ÉLECTION DE L'EMPEREUR LÉOPOLD

piluler s'ils voyaient préparer un siège contre eux. Ils capitulèrent en effet le 1 juillet. Toutes ces conquêtes avaient pour objet de débarrasser le terrain autour de Gravelines ; on parlait déjà d'investir cette place, que les Anglais étaient engagés à conquérir pour la France en retour de Tabandon de Dunkerque, lorsqu'une grave maladie du roi, à Calais, suspendit les opérations pour quelques jours.

En attendant, Tinfluencc de la dernière déroute des Espagnols se fît sentir même à la diète de Francfort, dont les résolutions devaient à leur tour avoir une action puissante sur la fin de la guerre. Les négociateurs français , en restreignant leurs prétentions , avaient trouvé le secret d'un accommodement plus facile, sans être moins avantageux. Proposer l'élection de Louis XIV, c'était menacer l'Allemagne de la suprématie étrangère; aussi n'avaienl-ils que laissé entrevoir celle pensée, sans jamais la formuler officiellement; presser l'élection d'un prince favorisé par eux, c'était encore faire craindre aux autres une protection dont Télu profiterait seul. Ils quittèrent cette attitude agressive pour la défensive; ils ne se présentèrent plus que comme des voisins qui voulaient prendre leurs sûretés contre les résultats de l'élection, comme des alliés des princes allemands, qui, après les avoir bien servis, voulaient s'entendre avec eux pour les préserver de l'ambition autrichienne. Soit attachement à l'habitude, malgré quelques antipathies personnelles, soit effet des libéralités de l'Autriche, le fils de Ferdinand III, Léopold, roi de Hongrie, parais-

sait près de réunir la majorité, sinon runanimité, des suffrages. Ses dix-huit ans d'ailleurs, son obscurité, sa simplicité enfantine, dont le maréchal de Grammont affecte trop de rire, semblaient aussi garantir les droits des princes contre les abus de son autorité. Ne pouvant l'exclure, les Français ne demandèrent plus que Talliancc des Allemands contre la maison d'Autriche; tous leurs efforts tendirent à prouver aux électeurs qu'il leur était utile, qu'il importait à la conservation de la paix de Westphalie, d'imposer au nouvel empereur une capitulation qui le mît hors d'état de nuire à la France et de secourir l'Espagne. La conciliation se fit dans ces termes, un peu plus d'un mois après la bataille des Dunes.

Léopold !"■ fut élu le 18 juillet. Ce choix, contraire aux intentions primitives des négociateurs français, fut comme la part de TAllemagne dans la transaction convenue entre les deux intérêts; mais l'élu accepta la capitulation qui le séparait de l'Espagne: ce fut la part de la France. Par ce serment, Léopold donnait, sans délai, conformément au traité de Munster, le Montferrat au duc de Savoie (art. 4). II s'engageait à ne faire aucune guerre pour l'empire sans le consentement des électeurs , à ne fournir ni armes, ni soldats, ni vivres aux étrangers ennemis de la couronne de France (art. 13). Et pour rendre l'engagement plus explicite, l'article 14 disait expressément : c Nous € nous engageons à ne nous mêler en aucune façon « des guerres qui se font présentement en Italie et € dans le cercle de Bourgogne; à n'envoyer en notre

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