CHAPITRE X
t.e jansénisme pendant les Frondes.
I. — Le» cinq proposUions. ~ Les ëvi'.nicR dn Fran.^o, .-i-ttislOs de Vincenlde l'du), i«i sonmelient au jugement du papo. — Examen de< propositions par Innocent \. ~ Bulli de CondamnHtion.
Anne d'Autriche el Louis \IV ont toujours considéré le jansénisme, non-seulement comme un schisme religieux, mais encore comme un ennemi de hnir autorité. Après la paix de Ruel, la reine, exprimant sa pensée sur les différents adversaires qu'elle avait eu à combattre, répétait souvent que les jansénistes avaient fait paraître plus de chaleur que les autres en cette guerre, et que le roi s'en souviendrait lorsqu'il serait majeur ( I ). Elle en avait déjà pour preuves les rapports du coadjuteur avec Port-Uoyal, les pamphlets du curé de Saint-Roch, le zèle belli(|ueux du dévot duc de Luynes, les aveux du prince de Conti. L'accusation prit une nouvelle force dans la période suivante à chacun des mouvements ou des complots de Gondi, soit avant, soit après sa promotion au cardinalat. On retrouvait le nom, Pinfluence ou même la crainte desjansé-
(I) Mémoires do Renô Rapin.
LFS CINQ PROPOSITIONS. 1^9
nistes dans ses intrigues pour obtenir le chapeau; on rencontra surtout leur action infatigable dans les débats suscités par son emprisonnement et son exil. Enfin la certitude fut complète pour Louis XIV, lorsque, après la paix des Pyrénées et Tapaisement de tous les troubles publics, il vit Port-Royal devenir le rendezvous des vaincus, des disgraciés, des médisants, depuis madame de Sévigné jusqu'à la duchesse de Longueville, depuis les amis de Fouquet jusqu'à ceux c qui avaient dans leur passé ou leurs habitudes une € pointe d'opposition contre le Roi (I).» S'il était vrai que son gouverneur n'eût cessé de lui redire que ces gens-là étaient d'un caractère à ne vouloir ni du Roi ni du Pape (2), il crut constater par lui-même qq^on ne l'avait pas trompé dans son enfance, et que le bien de son État, autant que sa conscience et son honneur, lui faisait un devoir de réprimer cet esprit de nouveauté.
Celte opposition rattache le jansénisme à l'histoire générale que, par moments, il explique ou complète. Nous avons déjà, sur la route et à l'occasion, indiqué le surcroit d'embarras apporté à Mazarin par cette querelle religieuse, les difficultés ajoutées à la guerre par ces intrigues domestiques. Il faut ici donner plus de développements à ces faits, et, en exposant Thisloire de la secte, montrer ce que Mazarin fit contre elle, et ce qu'elle fit contre lui. La compression de cette
(4) Saiote-Beuve, Histoire de Port-Royal, Racine dit la môme chose; nous citerons plus loin son texte.
(3) Mémoires de René Rapin.
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résistaiici: parallèle à la guerre espagnole, i^laine sa place dans les travaux et les suecès du ministre.
En IGll), les progrès de la nouvelle doctrine de la grâce (ît de la liberté humaine alarmèrent le zèle des principaux théologiens de la Sorbonne. Pour bien préciser Phérésie dont il importait d'arrêter les envahissements, Nicolas Cornet, syndic de la faculté de théologie, imagina de résumer en sept propositions les erreurs fondamentales de Jansénius et de ses adeptes. Le 1 "juillet, il déféra et somnit son travail à l'examen de ses collègues. Les commissaires chargés de vérifier ces propositions les réduisirent à cinq très-courles et trèsclaires, «ajui expiimaient en peu de mots tout ce que a Jansénius avait répandu dans son volumineux ou- « vrage. j> Ce sont là ces cinq fameuses propositions dont le wii' siècle a si longtemps retenti. Les voici textuellement :
1' Quelques connnandemenls de Dieu sont impossibles aux hommes justes, lors même qu'ils veulent et qu'ils sVfforcent selon le pouvoir qu'ils ont dans l'état où ils se trouvent, et la grâce qui doit les rendre possibles leur manque.
i* Dans l'état delà nature corrompue, on ne résiste jamais à la grâce intérieure.
3" Pour mériter et pour démériter dans l'état de la nature corrompue, il n'est pas requis en Thomine une liberté qui l'exempte de la nécessité de vouloir ou d'agir ; mais il suffit d'une liberté qui le dégage de la contrainte.
4" Les semi-pélagiens admettaient la nécessité de la