ÉCRITS ET COLLECTES EN FAVEUR DE RETZ
Retz qu'elle ne le soutiendrait pas dans une nouvelle entreprise de révolte. Elle lui rappela» par une lettre officielle, ce qu'elle avait fait pour assurer sa juridiction spirituelle ; elle promettait d'agir encore pour lui faire rendre son temporel ; mais elle exigeait qu'il nommftt des grands-vicaires agréables au roi, et qu'il tint une conduite pleine de modération et de respect pour Sa Majesté. Par une autre délibération, elle supplia le roi de faire terminer l'affaire en six mois par des juges ecclésiastiques. En présence de cette attitude qu'il considérait comme un abandon, Retz pouvait se perdre par quelque violence; un refus de condescendance aux conseils de l'assemblée du clergé lui aurait ravi le dernier espoir qui lui restait, lorsque le parti, qui le servait avec tant d'opiniâtreté, le sauva malgré lui. L'évèque de Ghâlons, Vialart, ardent janséniste, lui imposa l'exécution des volontés de l'assemblée. Sans le consulter de nouveau, Vialart fit rédiger et signer par le faussaire Lehoux une nomination du doyen de Notre-Dame aux fonctions de grand-vicaire ^ avec une lettre du cardinal de RetZy de la même fabrique^ à rassemblée du clergé j par laquelle il les priait d'intercéder auprès de Sa Majesté pour la restitution de son temporel. La lettre était datée du PlessiSy deux jours seulement avant sa réception^ ce qui fit juger au cardinal Mazarin que le cardinal de Retz était fort proche (i).
(4) Guy Joly. Pour croire à un pareil forfait d*un évêque, nous avons besoin de trouver cette dénonciation dans le livre d'un confident; et, pour qu'on ne nous accuse pas d'y rien changer, nous lui avons laissé le soin de la raconter textuellement.
Retz .npprit que la chose était faite quand elle était irréparable ; il ne pouvait réclamer sans dénoncer ses amis, sans se perdre définitivement avec eux en levant le voile qui avait couvert tant de menées infâmes. Le doyen de Notre-Dame resta grand-vicaire, du consentement du roi, avec toutes les apparences d'une délégation exactement canonique; ceux que Retz avait voulu rétablir dans ces fonctions n'avaient plus de titre officiel ; ils furent d'ailleurs dispersés ou arrêtés par le gouvernement. Lui-même il se tint hors de France, fort inquiet du procès dont il était menacé. Il est vrai qu'il ne fut pas tout à fait délaissé. L'évèque Vialart lui écrivit et lui fit écrire de belles lettres par Messieurs de Port-RoyaU dans lesquelles ils lui proposaient V exemple des saints évêques qui s'étaient cachés dans les déserts et dans les cavernes au temps de la persécution (1). Le parti tenait à ne pas laisser tomber son ardeur et à la réserver pour une bonne occasion. En outre, on arriva à lui fournir l'argent qui lui manquait. De toutes ses nécessités, c'était bien la plus sensible, et de sa dignité d'archevêque il ne regrettait rien tant que la jouissance de son temporel. Il repoussa fièrement la proposition de placer des troncs dans les églises avec cet écriteau : Pour la subsistance de monseigneur V archevêque; cette gueuserie lui parut indigne de lui, quoiqu'elle eût un air de provocation à la guerre civile, que ses amis ne dédaignaient pas. Il fut moins délicat pour les dons particuliers. On se
(0 GuyJoly.