‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 4)Chapitre 122 sur 135 · RESISTANCE DE NOAILLKS A LA BULLE · texte numérisé non relu

RESISTANCE DE NOAILLKS A LA BULLE

voie de procéder contre les pré fats ré/raciaires (1). Le roi avait d'abord tenté les moyens de persuasion sur le cardinal de Noailles pour l'amener à robéissance^ jusqu'à ses larmes et ses conjurations , dit M"' de Maintenon. Quand il fut bien évident que cette voie était sans effet^ il rechercha quelle force les lois de rÉglise et de TEtat lui offraient pour vaincre cette résistance obstinée. Le mémoire de Fénelon en propose et discute trois : P des commissaires envoyés par le pape; 2* des conciles provinciaux ; S'' un concile national. Il rejette les commissaires du pape, quoique celte forme de procéder eût été souvent admise^ même sous le cardinal de Richelieu, parce qu'elle est odieuse aux tribunaux du royaume. II trouve dans les circonstances présentes des difficultés presque insurmontables à la réunion et à l'autorité des conciles provinciaux. Use prononce pour un concile national, dans lequel les réfractai res « verraient toute TËglise galli- « cane unie avec le Saint-Siège contre eux. Ils reconc< naîtraient que leur déposition faite par unesi grande a autorité ne pourrait plus être défaite que par un con- «cile œcuménique, qu'ils n'obtiendraient jamais ce « concile, et que Rome ne manquerait pas de l'empé- (( cher. Ils se verraient accablés sans ressource par « un jugement final de l'Eglise, qui serait inconles- « table suivant les prétentions des Français les plus a jaloux des libertés du royaume (2). »

(1) Ce Mémoire est sans date et sans nom de destinataire.

(2) Œuvres de Fénelon, tome IV, pages 323-330.

Il est certain que Louis XIV donna la préférence au concile national ; il envoya Amelot à Rome pour concerter avec le pape tous les arrangements nécessaires (1). M"® de Maintenon a, de son côté, exprimé la pensée que Pénelon aurait pu faire du bien dans le concile. Mais Fénelon mourut le 7 janvier 1715: la négociation à Rome traîna en longueur^ et la mort de Louis XIV, en changeant le gouvernement de mains, rendit à la résistance la liberté de se ranimer, de recommencer des discussions interminables et une guerre malheureuse de cinquante ans.

(1) Décembre 1714. Voir'Dangeau.

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