EFFET DU TESTAMENT EN EUROPE
observait les termes du trailé, devenait impossi)3ie pur l'opposition obstinée de rEmpereuraii partage, par rattachement des Espagnolsàrunité: il faudrait combattre rEm|>erenrpour le réduire à sa part, et les Espagnols pour les démembrer. Les droits d'ailleurs avaient changé depuis que, au lieu de voisins et de médiateurs, c'était le roi d'Espagne lui-même, le premier intéressé, qui avait réglé la succession et établi l'ordre de ses héritiers. Le testament substituait, à défont d'un prince français, l'archiduc d'Autriche; dès lors, si le Français n'acceptait pas, l'Autrichien prenaitsa place; l'Empereur, investidudroit de toutavoir, s'obstinerait avec plus de force à ne rien abandonner ; et les Espagnols, par fidélité à leur dernier roi, par attachement à leur unité, reconnaîtraient son fils. Dans tous les cas donc les contractants étaient impuissants à faire valoir leur traité : leurs efforts ne pouvaient aboutir qu'à accroître la grandeur et la puissance de la maison d'Autriche. Quant à la crainte daugmenter outre mesure l'importance française, il était clair que les Etats ajoutés à la France par le traité departage,étaientbienplus faits pour exciter une/i/^/^ ;â/!9t/^quelaconservationde la monarchie d'Espagne sous un prince. Français d'origine, mais devenu Espagnol par sentiment de ses devoirs. Les peuples de Hollande et d'Angleterre s'étaient émus pour leur com* merce dans la Méditerranée des avantages assurés à la France par l'acquisition des royaumes de Naples et de Sicile. Cesappréhensionsn'étaientplusfondéesquand l'Espagne subsistait entière sous un roi intéressé à re-
lever la splendeurde sa monarchie^ et quelesafTections mêmes de famille interdisaient à Taïeul tout-attentat aux domaines de son petit-Hls(l).
Ces raisons étaient si naturelles^ si plausibles^ que déjà l'opinion les avait trouvées et les colportait en Angleterre et en Hollande. Le dépit de Guillaume^ dans sa correspondance, en offre une preuve irrécusable. Dès le 16 novembre, il se désolait de l'imprévoyance des Anglais : « Le pire de tout ceci, c'est l'état « où se trouvent les choses dans ce pays-ci. L'aveugleament du peuple est incompréhensible; car sur le « bruit qui circule que le roi d'Espagne a fait un testait ment au profit du duc d'Anjou, l'opinion générale- « ment se prononce en faveur de l'exécution du testac( ment et de préférence à l'exécution du traité de par- <c tage. y* Deux jours après la douleur augmente : « Je (c gémis du fond du cœur en voyant qu'a mesure que la a chose devient publique dans ce pays, la majorité se ré- « jouit que le testament ait été préféré par la France, el (K cela parce que le testament est plus avantageux à « l'Angleterre et à l'Europe. Ce j ugement est fondé sur « la jeunesse du duc d'Anjou ; c'est un enfant, dit-on ; «c il sera élevé en Espagne, on lui inculquera les prin- « cipes de cette monarchie, il les adoptera, et, ses relaie tions venant à cesser avec la France, il sera gouverné «par le Conseil d'Espagne. » Un mois plus tarrd (14 décembre), rien ne paraissait changé : « Tout le
(1) Œuvres de Louis XIV, tome VI : Mémoire présenté par le comte de Briord aux États -Généraux, le 4 décembre 1700. Unecopio fut eftyoyéo à Gaillaame TH.