‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 4)Chapitre 20 sur 135 · PRÉPARATIFS DE LOUIS XIV · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DE LOUIS XIV

patronnesse^ et OÙ Chamillard pressait la magistrature de mettre en corps{l). Avec quarante mille billets^on espérait un bénéficede l,040,(XX)iivres. C'était plus tard un privilège pour la vente de la glace qui rapportait un peu plus d'un million (2). Mais en présence de ces recettes dérisoires^ il devenait indispensable de recourir aux grands moyens. Une déclaration du roi rétablit la Capitation (12 mars 1701)^ pour toute la durée de la guerre^ et l'augmenta même en raison des besoins extraordinaires que créait à la France t envie des princes voisins contre la juste décision du roi d'Espagne qui avait appelé Philippe V au trône (3). Tous les propriétaires^ principaux locataires^ chefs de famille^ furent avertis de fournir un état détaillé de leurs domestiques^ commis^ secrétaires, clercs, valets et servantes^ à peine de répondre en leur nom des têtes omises^ et d'être imposés au double s'ils déguisaient leur véritable qualité. On calculait une rentrée dedOmillionsau moins, sans compter la part du clergé. Laressourceétaitassezbelle pour inquiéter l'ennemi^ comme on le voit par une lettre de Heinsius qui en exagère le produit. Et cependant quelques semaines après cet établissement^ le roi était contraint de créer de nouvelles charges de finances pour les vendre^ et de proposer une augmentation de gages à tous les officiers du royaume payant Paulette,moyennantune avance immédiatedel4millions (4).

(1) Depping, Chamillard à Harlay» avril 1701.

(2) Dangeau» Journal^ mai 1701.

(3) Isambert» tome XX.

(4) Dangeau, 24, 27 juin 1701 .

Si Ton veut encore une fois apprécier ce que eV*sl que la vie d'un ministre et les prétendues jouissances de la place, il n'est pas sans intérêt de considérer Chamillard au milieu de ces embarras^ se lamentant^ appelant en vain au secours^ perdant courage^ puis se reprenant à la moindre lueur d'espérance pour retomber bientôt dans les mêmes appréhensions. Au printemps de 1701^ il était à court d'argent ; il n'avait pas une foi bien robuste au produit de la Capitation^ et, pour surcroît de peine, il croyait entrevoir une mauvaise récolte. Il écrivait doncau premier président Harlay (1) : a J'ai le malheur de remplir la place de contrôleur «général au commencement d'une nouvelle guene, « à la suite d'une autre qui a épuisé tous les moyens « nécessaires pour la soutenir. Vous connaissez mon « éloignement pour tout ce qui peut donner de«vérita- « blés sujets de plainte. Les fonds sont épuisés ; laCa- « pitation est un remède. Il y aurait lieu d'espérer de «grandes ressources d'un secours aussi puissant, si « les dépenses en temps de paix étaient égales à la re- «c cette. Vous connaissez l'état des afiàires. Aidez-moi a de vos conseils... J'ai vu pleuvoir ce matin. La a pluie m'a fait autant d'impression qu'aux marron- « niers et autres arbres, que je vois devant mes veut, «qui se sont épanouis dans l'instant. Si ce tempsrià c< continue, il n'y aura rien de gâté, etnousauronsune «bonne année. Vos soins et votre attention nous at- « tireront des bénédictions dans un temps malheu-

(1) Deppiûg, tome 111 : lettre de Ghamillard» 26 avril 17QU

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