PRÉPARATIFS DE LOUIS XIY
sa seconde fille épouserait Philippe V (février et avril 1701). Le ducdeMantoiie^ la princesse régente de la MirandolC; avaient reçu dans leurs murs une garnisonfrançaise (avril 1701) et fermaient dececôté la route de Milan. Dans l'Empire, la maison de Bavière, abjurant tout son passé, faisait défection à Léopold. L'électeur Maxim ilien II, jadis serviteur si actif de l'Empereur, mais frustré de ses récompenses, embrassait la cause contraire d'où il attendait de l'argent pour sonluxeet ses dettes, et pour son ambition la souveraineté des Pays-Bas espagnols; en retour d'un subside mensuel de quarante mille écus, il promettait à Louis XIV quinze millç soldats (9 mars 1701). Son frère l'électeur de Cologne, ce prince Clément de Bavière, dont la nomination par Innocent XI avait Faitéclaterlaguerre de la seconde coalition, se mettait aussi à la disposition de l'ancien protecteur de Furstenberg, au prix de quinze mille livres par mois (13 février 1701). Le Portugal, cette porte de l'Espagne du coté de l'Océan, qui pouvait si bien ouvrir ou fermerla péninsule aux puissances maritimes, s'était encore laissé gagner,malgré la vigilance de Guillaume, aux intérêts du nouveau roi d'Espagne. Il venait de s'engager à garantir le testament de Charles II, à combattre tout prétendant à cette succession, et à ne laisser entrer dans ses |K)rts aucun vaisseau anglais ou hollandais, si ces deux puissances déclaraient la guerre à Philippe V. (Traité du 10 avril, ratifié le 30 juin, dans Dumont, Corps diplomatique^ tome VIII . ) Mais à côté de ces apparences favorables, il y avait
Tétai financier du royaume qui ne permettait d'illusion à personne et surtout aux gouvernants. Si Ton trouvait à peu près l'argent nécessaire^ ce n'était que par un retour à ce système d'expédients onéreux et insuffisants que nous ayons tant de fois jugés, ou de surchargesquimenaçaientindéfiniment toutes les fo^ tunes. Déjà l'année précédente, pendant les discussions si prolongées du traité de partage, eten prévision d'une lutte contre l'Autriche, le pauvre Chamillard avait inauguré ses fonctions de contrôleur général par une saignée sur les gens (T affaires^ c'est-à-dire en reprenant aux financiers une partie du gain réalisé par eux pendant la dernière guerre. Ce gain étant évalué à 82 millions, il paraissait convenable de leur en faire restituer cinquante, si on le pouvait, ou au moins trente. Au nombre des difficultés d'une pareille opération, Chamillard plaçait avec raisonle danger d'aliéner des gens dont on avait souvent besoin . En leur retirant leurs profits, on leur ôtait la volonté de servir désormais l'État, de lui prêter par eux-mêmes, ou d'employer leur crédit à lui trouver des préteurs. De là des ménagements, des compositions personnelle^^} et en fin décompte une rentrée de fonds qui ne vaudrait pas l'émotion qu'elle avait causée (1). Les mesures imaginées en 1701 ne méritaient pas plus de confiance. C'étaient des loteries proposées à la cupidité publique, dont la duchesse de Bourgogne se faisait
(1) Depping, CorrespondancB adminUtraiwe^ tome lU : lettre d« Chamillard à Harlay, 8 avril 1700.