CHAPITRE XXXVIII
Onêm d« 1& suceeflflion d'Bspagne : Premitoe parti* jusqu'à la fin de 1703. La France conserve encore Tavantage.
I. — Pfadèm bottflités en Italie. — Le prince Eugène toi priMs aree Gatintt et Villsoi.-' Combats de Carpi et de Chiari. — > Bnptue des négociations de La Haye : fonnation de la Grande AUianee contre la France. — Boconnaissanoe da Us de Jaoqoes n par Louis XrV; F Angleterre déterminée i la Intte contre la Fhnee; déVeloppement de la Grande Alliance. — Insnfllsanee de l'Espagne l se défendre elle-fâ&me; intervention de Lonis XIV dans le gonTemement de son pettt41s. — Mort de GuiHaiime m.
Les premières hostilités dans la guerre de la succession d'Espagne ne sont encore que des escarmouches d'avant-garde, à une assez grande distance de rengagement décisif ; mais elles poussent à Torganisation de la lutte générale^ en relevant la confiance des agresseurs, en dévoilant ce qui manque à la France^ et oe que ses ennemis peuvent espérer d'avantages sur elle.
Dès le commencement de 1701^ Louis XIV s'était préoccupé des moyens de préserver le Milanais de TÂutriche par des négociations et des envois de troupes. Le comte de Tessé avait eu la mission de gagner le duc de Savoie et d'assurer la neutralité des Vénitiens dont les États^ qui s'étendaient depuis l'Adda
170 GUERRE DK LA SUCCESSION d'eSPAGNB
jusqu^à l'Adriatique^ formaient la meilleure barrière contre les Allemands. Les premiers régiments étaient arrivés dans les derniers jours de janvier^ et dès le mois de mars Catinat avait été désigné pour les commander ainsi que les troupes espagnoles. Nous avons vu encore que plusieurs princesd'Italie a valent accepté Talliance desdeux couronnes^et reçu^comme preuve deleur siocérité^ des garnisons françaises. Cependant de sérieuses inquiétudes étaient venues traverser ces espérances favorables. Les promesses des Vénitiens n'étaient pas sûres. « Ces messieurs les sages, écrivait le comte de Tessé^ ne disent jamais ce qu'ils pensent ; toute leur application est à se cacher^ et leur manège est rempli de petites subtilités souterraines dont Tob-* jet principal est de gagner du temps (1). » Tout en pe^ mettant aux Français d'entrer dans leur pays^ tout en protestant que l'Autriche ne trouverait chez eux « ni magasins, ni subsistances^ ni facilités », ils refusaient d'interdire par les armes l'entrée de leur territoire à l'Autriche, et dans leur crainte de se compromettre vis-à-vis de l'Empereur, ils priaient le roi de France « de compatir à leu r embarras i» . Le duc de Savoie n'était pas moins suspect. Ce prince incompréhensible, comme l'appelle Tessé, qui l'avait pourtant assez pratiqué pourlebiencomprendre^avait^ dès les premières ouvertures, réclamé « son bien, son agrandissement»,
(1) Voir les Mémoires milUaires relatifè à lasuceesiion (fEtpagn», par le général Pelet» tome I, pages 573 et saivantes : pièces relative! à la campagne dltalie.