‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 4)Chapitre 39 sur 135 · CAMPAGNE DE 17Q2 EN ITALIE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DE 17Q2 EN ITALIE

raissait émouvoir^ etpar rardeurd'Eugènequi^dît-on^ aurait voulu renouveler la gloire de Pavie^ et prendre une seconde fois un roi de France dans son petitfils. Quel que fût le ravage du canon^ et l'importance et la qualité des pertes dans les deux armées^ la victoire ne se décida pas. Ondemeura en présence pendant la nuit à la portée du mousquet; on se retrancha fortement, et le lendemain nil'unni l'autre ne crut prudent de recommencer l'attaque. A en juger par les pertes de chacun, Vendôme aurait été vainqueur. Les Français ne comptaient que quatre cents morts contre quinze cents morts Autrichiens, et dixhuit cents blessés contre trois mille cinq centsblessés Autrichiens. Ils avaient pris de plus du canon, des drapeaux, des étendards et quelques prisonniers. Mais si labataille même laissait la supériorité incertaine, les événeknents qui suivirent l'assignèrent à la France. Ce château de Liizarra, qu'Eugène avait voulu sauver, se rendit le 17 au roi d'Espagne, et livra fort à propos ses approvisionnements. La position inexpugnable où Eugène se contenait, etqu'ilétaitsans doute prudent de ne pas affronter, n'empêcha pas le siège de Guastalla. La garnison de cette place était de deux mille cinq cents hommes; elle capitula après neuf jours de tranchée (9 septembre), avec les honneurs de la guerre, mais sous la condition de ne plus servir avant le mois d'avril suivant. Guastalla, dans une situation favch rable aux communications par eau, devint le dépôt des fourrages que le Crémonais envoyait à l'armée des deux couronnes.

284 GUERRE DK LA SUCCESSION d'eSPAGNK

La nouvelle d'une descente des Anglais et des Hollandais en Espagne n'interrompit pas cette série de succès. PhilippeVyObligédecourirà la défense deson royaume (octobre), quitta l'Italie, mais n'en retira pas un soldat. Vendôme demeuré seul mena l'annéeàbon terme. Peu à peu le manque de subsistances forçait Eugène à quitter son camp de Luzarra. Bientôt un événement imprévu en Allemagne, contre-partie de l'invasion en Espagne, le soulèvement de l'électeur de Bavière, obligea l'Empereur à rappeler quelques-uns de ses régiments d'Italie. Le prince Eugène, condamné par ces affaiblissements à se tenir sur ses gardes, reculait pas à pas. Vendôme avançait à sa suite; il parvint à s'établir fortement sur le cours du Pô, d'abord à Borgoforte au sud de Mantoue (15 novembre), ensuite à Governolo (ISdécembre), au confluent du Pô et du Mincio, sur le terrain peu accessible qui avait longtemps servi de poste principal à Eugène. Les Autrichiens, retirés entrelaSecchiaetlePanaro dans le duché de Modène, laissaient le Mincio et le duché de Mantoue entièrement libres,etavaient perdu la it>ute du Milanais.

Philippe V eut également le bonheur de voir ses ennemis échouer en Espagne. Pendant son absence, la jeune reine Gabrielle de Savoie, presque un enfant, avait pris aux affaires une part qui lui mérite une place dans l'histoire, et qui fonda la popularité de son mari. Elle avait présidé les états d'Aragon en dépit de la fierté de cette province qui n'aurait pas voulu d'une femme pour président : elle se les concilia si bien qu'ils

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