CAMPAGNE DB 1702 EN ALLEMAGNE
tentative manque Je passe au Petît-Huningue. n L'enoemi comprit toute l'importance du poste de Neubourg entre les mains des Français ; le prince de Bade^ pour le reprendre^ quitta ses retranchements. Villars saisit le mouvement^ passa le fleuve devant Huningue^ occupa les retranchements abandonnés^ et marchant au général autrichien le força d'accepter la bataille de Friedlingen (14 octobre 1702).
Le prince de Bade^ plus fort en cavalerie^ rangea la sienne dans la plaine où elle devait avoir les mouvements plus libres; et établit son infanterie derrière son canon sur une hauteur couronnéed'un bois de sapins. Les fantassins de Villars n'hésitèrent pas à monter par Tautre versant à travers des vignes^ et une fois l'ennemi atteint, ils le chargèrent à la baïonnette : mêlée terrible parla solidité des Allemands et par l'activité des coups français. Après trois charges diflerentes, les Impériaux renversés laissèrent leur canon et se précipitèrent dans la plaine poursuivis par les plus ardents des vainqueurs. Danslaplaine^Magnac^ commandant de la cavalerie française, pour éviter le canon du fort de Friedlingen^ avait laissé le prince de Bade venir à lui et se placer entre sa propre artillerie et les Français. Les Impériaux firent ainsi les trois quarts du chemin^ et dans le désordie inséparable d'une course au galop. Il avait été recommandé aux cavaliers français de ne pas user de leurs armes à feu^ et de ne mettre le sabre à la main qu'à cent pas des ennemis. Dès qu'ils les virent à cette distance^ ils se lancèrent^ trente-quatre escadrons contre cinquante-six . Mais aucun ne se démen^
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tity selon l'expression militaire de Villars; leur choc fut si impétueux et si rude^ que les Allemands furent entamés^ et^ quoique sous les yeux du prince de Bade^ mis en déroute. La bataille paraissait gagnée^ quand Tinfanterie allemande^ s'apercevant du petit nombre de ceux qui la poursuivaient^ se retourna contre eux et les refoula sur le corps principal. Ce mouvement inattendu troubla toute l'infanterie française^ellecrutàdes forces supérieures qui arrivaient au secours des vaincus; elle hésitait à marcher. D'autre part^ Magnac n'avait pas poursuivi les cavaliers impériaux; ceux-ci commençaient à se rallier et à revenir. Dans cet instaiit critique, Villars pourvut à tout : il courut à l'infanterie en criant victoire, et lança un millier de che vaux contre les escadrons ennemis. Sous cette impulsion, les fantassins reprirent courage, et, gardant leur victoire, ils repoussèrent les vaincus jusqu'à une lieue et demie. Les cavaliers ne menèrent pas moins vivementleursadversaires, jusqu'à undéfilé quidérobales fugitifs à la poursuite. Il nerestait rien surlechampde bataille de l'armée du prince de Bade. Alors éclata l'en* thousiasmedes Français pour Villars. lisse rassemblèrent autour de lui, et, dans le sentiment unanime du danger auquel il les avait arrachés, ils le proclamèrent maréchal de France (1).
Les preuves de la victoire étaient bien complètes.
(1) Relation de la bataille, par Villars : Pelel, tome II. — Saiot- Simon lui-même, qui fait tout ce qu'il peut pour ôter à Villars le mérite du succès, ne peut 8*empécher de reconnaître que ce fut Villars qui rendit un nouveau cowage à l'infanterie.