CAMPAGNE MALHEUREUSE DE
maienlson corlége; ceux qui se croyaient contraints de demeurer lui souhaitaient au moins un prochain retour. Mais ce retour serait-il possible? L'archiduc, maître de T Aragon, avançait vers la capitale de l'Espagne. L'Anglais Stanhope Vy conduisait malgré Stahrenberg; et le 28 septembre 1710, il entrait à Madrid.
« La guerre d'Espagne, dit Torcy, que les Hollan- « dais dépeignaient comme difHcile, et dont les Étatsce Généraux et leurs alliés refusaient de s'embarrasser, « et qu'ils demandaient cependant de voir terminer a dans un espace de deux mois, finissait dans un terme «encore plus court; cette monarchie était alors pres- «que réduite au pouvoir des ennemis. Le principal « obstacle était levé, et nulle autre difficulté ne pouvait « s'opposer à la conclusion delà paix (1). »
Ces lignes du ministre de Louis XIV expriment moins le regret que larésignation, moins l'abattement du malheur que l'espoir de la délivrance. La France en était donc réduite à subir froidement, avec la ruine de Philippe V, la perte de son ascendant en Europe, à acheter le repos du moment par la perte de ses frontières. La décadence semblait irréparable.
(1) Mémoires de Torcy, dernières lignes de la seconde partie.