‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 5)Chapitre 108 sur 136 · L AUTRICHE SEULE CONTRE LA FRANCE · texte numérisé non relu

L AUTRICHE SEULE CONTRE LA FRANCE

mage, et après deux mois de persévérance, il contraignit les assiégés à céder, sans autre capitulation que de se rendre prisonniers de guerre (19 août). Le brave Wurtemberg dut en passer par là, et le chapitre de Spire fit chanter le TeDeiim pour la prise de Landau par les Français (1).

De la rive gauche, Villars s'occupa sans délai de passer sur la rive droite^ de frapper encore une fois TAutriche personnellement dans une de ses possessions héréditaires. Il avait en vue Fribourgen Brisgau. La difficulté de passer le Rhin s'accroissait ici de la nécessité de transporter sur l'autre bord Ténorme bagage d'approvisionnements nécessaires à une grande armée. En outre, la ville de Fribourg, bien fortifiée par la main des hommes, avait encore d'un côté pour rempart une chaîne de montagnes, comme une ligne de forts naturels. Eugèneavait chargé un de ses lieutenants d'occuper avec huit mille soldats le Ross-Kopf, la principale de ces hauteurs. Par des marches effectuées le longdu Rhin, de MayenceàHuningue,pardes ponts portatifs placés et déplacés tour à tour sur différents points du cours du fleuve, Villars inquiéta encore une fois Eugène pour Rastadt et pour Etlingen. Quand il crut l'illusion complète, il lança en avant quarante bataillons, et au sortir d'un bal donné, non sans dessein, à Strasbourg, il traversa lui-même le Rhin avec le reste de ses troupes (17 septembre). Des partis de cavaliers, expédiés jusqu'au Danube pour

^l) Mémoires de Villars.

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lever des contributions, effrayèrent les Allemands et les trompèrent sur sa marche ; il arriva sans obstacle devant Fribourg, par un autre chemin^ en même temps que les quarante bataillons partis les premiers. Il importait avant tout d'occuper le Ross-Kopf; Tallaque fut immcdia(e et décisive. Malgré la roideurde i'assautet la fermeté du feu de l'ennemi^ l'impétuosité française, animée par celle du maréchal, débusqua les Aulrichions de ce poste imprenable, et rendit facile l'occupation des autres. Il restait à ouvrir la tranchée. La saison avancée, le retard de ses vivres, ne découragèrent pas Villars; il ne craignit pas de commencer les travaux de siège. Alors Eugène, qui se désolait d'appeler chaque jour des renforts sans rien voir venir, frémissant d'impatience de laisser prendre une ville de cette valeur sans la secourir, quitta les lignes d'Ellingen et s'avança vers Fribourg. Il comptait sur une sortie de la garnison pour compenser l'infériorité de son nombre, et pour prendre l'assiégeant entre deux feux. Quel ne fut pas son désappointement quand il trouva fermés tous les chemins des montagnes, et la plaine seule libre, par où VillarsTattendailaveela certitude de le battre. Il se retira tristement, vaincu comme àDenain par le même adversaire, et cette fois sans même avoir combattu. Après son départ, la garnison, menacée d'un assaut impitoyable, abandonna la ville et s'enferma dans la citadelle (30oclobre). Elle \ tint encore quinze joursetse constitua prisonnière de guerre le 13 novembre. L'hiver rendait impossible la continuation des hostililés. Villars rentra en France

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