‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 5)Chapitre 52 sur 136 · PREMIERE BATAILLE DE HOCHSTETT 2Ô · texte numérisé non relu

PREMIERE BATAILLE DE HOCHSTETT 2Ô

rieur en nomb e. « On répand le l)ruil, écrivait Villars, de l'investissement de mon camp ; an moins faisons-nonsde belles sorlies, puisqu'on va b:i tire quatre millecbevaux à dix-huit lieues démon camp. » Mais celte brillante affaire ne l'avait pas trompé sur le véritablcélatdeschoses. Il demandaitau roi unediversion de l'armée du Rhin. «Qu'on vienne à moi, disait-il, par lechemin que j'ai ouvert. » Il ne fut pas entendu. L'arméedu Rhin s'arrêta au siège de Brisach qu'elle investit le 15 août, et au moment où le Bavarois revenait vaincu du Tyrol, le prince de Bade, renforcé encore de quelques bataillons rappelés des lignes deBuhl et de Stolhofen, commençait à remonter le Danube pour le passer hors de la portée des Français. Les embarras de Villars s'accrurent encore parle retour de l'électeur. Le prince, préoccupé avant tout des dangers qui menaçaient ses Etals par l'Inn, ne se prêta à" aucune autre pensée. Il refusa de s'emparer d'Augsbourg avant que le prince de Bade eiit le temps de s'en approcher; il refusa de marcher à cetadversaire pour le combattre entre l'Illor et le Danube, ou entre riller et le Lech. Pendant toutes ces hésitations, l'ennemi passa leDanid)e, surprit Augsbourg, et s'y plaça dans une position inexpugnable. Ces résultats étaient si graves, que LouisXIV prit unmoment la résolution de renoncera l'alliance de l'électeur et à la guerre d'Allemagne. Dans une lettre à Villars, résumant tous ces faits, la prise d'AugsJ)ourg, les ennemis maîtres de la Bavière, l'armée française sans argent, sans magasin, et de beaucoup inférieure à celle du prince de Bade, il

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n'avait plus qu'un désir : Sauver son armée et conserver à l'électeur de Bavière ses Etats; il invitait expressément l'électeur à faire son accommodement avec l'Empereur, et Villars à ramener les Français en France; il promettaitl'assistancedu maréchal de Tallard pour assurer le retour en Alsace (1).

Villars ne reçut pas cette lettre assez tôt pour pouvoir y obéir. Une telle obéissance aurait d'ailleurs répufjné à son énergie militaire. Déjà ses officiers généraux avaient agité la question de savoir s'il ne serait pas opportun et raisonnable de se retirer. Villars avait été d'avis de chercher encore une occasion de livrer bataille avec avantage. Le danger était sans doute trop grand de combattre les deux armées ensemble ; mais, si elles venaient à se séparer, l'une d'elles pouvait être attaquée avec succès. Le comte de Styrum, général des Cercles, donna cette occasion attendue en s'éloignant du prince de Bade par une manœuvre qui avait pour objet d'assaillir le principal campdesFrançaisdes deux côtés; et se plaça près d'IIochstett, en plaine, en avant d'un bois. A celle vue, Villars ralliesesdivers corps, appelle énergiquement l'électeur, et après une marche de nuit, engage le 20 septembre une bataille quel'opiniâtreté devait rendre plus décisive. Elle dura en effet de neuf heures du matin à quatre heures du

(1) "Cette lettre du 25 septembre 1703 répond à une lettre de Villars du 10. Elle était écrite sous Timpreçsion de la nouvelle de la prise d'Augsbourg, et avant que le roi eût pu recevoir la nouvelle de la bataille d'Hochstett, qui est du 20 septembre. Pelet, tome III, page 965.

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soir. L'infanterie des Allemands était supérieure à la françaisedansla proportion dequalorzeconlreneuf, et par une fermeté longtemps inébranlable elle permettait à leur cavalerie de se rallier toujours. Une attaque impétueuse la força bien de céder, mais sans se rompre comme par le sentiment que, une brèche une fois faite dans ses rangs, la dispersion entraînerait le massacre. Mais quand, à forcede reculer, elleeutatteint la forêtet quela poursuite parutdevenirmoinsfacile, elle se rua dans cet asile en désordre, les uns jetant leurs armes, lesautresescaladantlesarbres. Les vainqueurs, emportés par la confiance du triomphe, entrèrent à la suite, eltraquantles fuyards jusque dans lanuit, enréduisirent un grand nombreà se rendre; l'épaisseur du bois sauva le reste. Quatre mille morts, quatre mille prisonniers, toute son artillerie consistant en trentetrois pièces de fonte, ses pontons, ses bagages, telles étaient les perles de Tennemi, etlebénéfice d'une victoire, la plus grande et la plus heureuse quieûtété remportée depuis longtemps. Le comte de Styrum s'arrêta au delà du Danube à Nordlingen pour rallier ses débris. Aquelquesjoursdedistance, lesaffairesdelaFrance s'étaient relevées dans le bassin du Danube et sur les bords du Rhin. Le? septembre, le duc de Bourgogne, dirigé par Vauban, avait reconquis Brisach après 14 jours seulement de tranchée ouverte. Cette ville, ancienne conquête de Richelieu, que Louis XIV avait été contraint d'abandonner par la paix de Ryswick, redevenait un poste avancé de la France en Allemagne sur le haut Rhin. Il n'était pas téméraire d'attendre

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aussid'heurensesconséqueiioesdelavictoired'Hochstelt; elles furenl pourUiiit amoindries en partie parla faute de Louis XIV, et beaucoup par les incertitudes éternelles de Télecteur de Bavière. Malgré le bruit que faisait la victoire de Villars, une augmentation de forces lui était indispensable, et il ne cessait de la réclamer. Leroi,quiétait tout prêt unmoisplus tôtàexpédier des troupes par les montagnes noires pourassurer la retraite, s'imagina que Villars vainqueur n'avait plus besoin d'assistance pour soutenir ses avantages. Il ordonna au maréchal de Tallard d'aller assiéger Landau, afin de réparer un affront de l'année précédente. L'électeur de son côté ne sa vaitauquel entendre; sa femme, ses ministres le pressaient de se réconcilier avec l'Empereur. Selon Villars, la victoired'Hochstett, qui pouvait lui être un encouragement à continuer la guerre, « n'avaitpastanteffrayél'Empereurquerélec- <t trice et tout Munich. » Sice prince ne cédait pasà la . tentation, il chicanaitVillarssurses plans de guerre et perdait le temps à vouloir et à ne vouloir plus. Il voulait par exemple prendre Augsbourg pendant que Tar^ mée du prince de Bade, encore campée sous cette ville, ne pouvait être attaquée impunément. Villars rejeta cette imprudence; l'électeur à son tour rejeta le projet du général français qui consistait à se rapprocher des montagnes noires pour établir une communication avec la France; à son avis, tous, Bavarois et Français, devaient se cantonner dans la Bavière pour lui assurer la conservation de ses places. Il se refusa mémeà a lier attaquer le prince de Bade qui, sorti de ses lignes

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