RETOUR DE VILLARS EN FRANGE
d'Augsboiirg,.occnpaitmainlenant un poste désavantageux. Viilars poussé àbout exposa ces diffieullésau roi et sollicita son rappel. Louis XIV y consentit; il permit au vainqueurd'Hochstett de rentrer enFrance, et transporta son commandement au comte de Marcin, créé tout exprès maréchal de France, comme ^u plus capable de s'entendre avec Télecteur de Bavière. Néanmoins tel avait été TefFet dç la victoire d'Hochstett, que ni Bade ni Styrum nefurent en étatde rien entreprendre. Sur le Rhin, le siège de Landau par Tallard commença le ISoctobreetseconlinuasansquele prince deBade fît aucun mouvement pourle troubler. Ce fut de Tarmée ennemie des Pays-Bas que vint un essai de diversion. Le prince de Hesse, ralliant sur sa route les garnisons des villes et les troupes palatines, était arrivé à Spire avec 29 bataillons et 64 escadrons. Taliard, nesefiantpasassezàsacontrevallationpoury attendre lechoc, en sortitrésolûmenl avec la moitié de ses troupeset marcha vers Spire (14 novembre). L'ennemi n'était pas encore entièrement rangé en bataille; il l'attaqua sans délai. Sauf un moment d'avantage de la cavalerie allemande sur la gauche des Français, la victoire ne fut pas douteuse. Ce fu t le triomphe de l'infanterie etde la baïonnette; l'habileté française à manier celte arme rompit et coucha par lerre l'infanterie allemande. La perle duprincede Hesse monta à près dedix millelîommes, quatremillemorts, leresteblessésou prisonniers; leurs drapeaux, leurs munitions et trente pièces de canon demeurèrent au vainqueur. En rentrant dans ses lignes de Landau, Tallai^d apprit que
les assiégés, désespérant d'être secourus, avaient déjà battu la chamade. Il reprit possession de la ville le 17, puis il fitoccuperSpireetGemersheim abandonnés par les vaincus. Par là il achevait de mettre en sûreté la basse Alsace/ et s'assurait le moyen de protéger la Sarre, d'étendre les contributions et de menacer Philipsbourg (1). Louis XIV, en apprenant ces bonnes nouvelles piar le fils de Tallard,luidit : « Vous m'avez fait un des plus grands plaisirs que j'aie eus de ma vie, et j'espère vivre assez pour vous en faire beaucoup (2). »
La Bavière elle-même lui donna une égale satisfaction. L'électeur avait une rancune personnelle contre Augsboiirg, parce que cette ville, lui ayant autrefois promis la neutralité et livré même des otages, avait accueilli sans résistance le prince de Bade. Depuis que ce prince s'étaitéloignéd'Augsbourg,touten y laissant une garnison de six mille hommes, le Bavarois avait à cœur de la reprendre. Il décida Marcin à cette entreprise, et le prince de Bade désorienté ne songea pas à l'entraver. L'électeur commença Tinvestissement le 4décembre, ouvrit la tranchée le7, et, par la crainte de la mort de leurs otages, obligea les bourgeois, en dépit de la garnison, à capituler le 13. Il leur imposa pour leur punition de loger dans leurs murs et de nourrir à leurs dépens seize bataillons etdi\ escadrons de troupes françaises. Celte occupation couvrait la Bavière à
(1) Pelet, tome III, pagos 484-488.
(2) Dangeau, Journal, 20 novembre. Saint-Simon lui-même est obligé de louer \*ordre que Tallard donna à la vicloire.