‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 5)Chapitre 55 sur 136 · DÉFECTION DU DUC DE SAVOIE · texte numérisé non relu

DÉFECTION DU DUC DE SAVOIE

Espagnedes placards où ilsse vantaientd'arriyerl>îenh tôt en ce pays pour le délivrer de la servitude de la France^ et enjoignaient à tous les Espagnols ^ sou6 peine de mort, de ,se soumettre à la maison d'Autriche (1). Louis XIV, après la victoire de Spire et la reprise de Landau, se voyait contraint de former une armée de secours pour défendre son petit-fils chez lui, et de la mettre en marche au mois de décembre. Au moins il trouvait .pour la commander Berwick, dont cette mission allait révéler les talents. Au Portugal se joignait la Savoie : la défection de Victor-Amédée, depuis longtemps prévue et attendue à la première occasion, éclata enfin par les mesures mêmes que Louis XIV prit pour la prévenir. Convaincu, après une trop longue hésitation, que le renard de Savoie ne pouvait se résigner à être resserré et comme enfermé entre les Etats de France et ceux d'Espagne, Louis XIV avait d'abord (juin 1703) signalé à Vendôme la nécessité d'empêcher un débarquement des Hollandais et des Anglais en Piémont. Pendant l'expédition du Tyrol, il acquit la certitude que Victor- Amédée avait pris des arrangements avec l'Empereur et s'engageait àdépouiller sa fille, la reine d'Espagne, pour son propre agrandissement. Vendôme, qui commençaitàbombarder Trente, reçut l'ordre (10 septeknbre) de rentrer en Lombardie, de désarmer les corps piémontais qui servaient dans l'armée française, et de marcher sans délai vers lePiémont pour réduire le duc

(1) Dangeau, 4 octobre 1703.

280 GUERRE DE LA SUCCESSION d'eSPAGNE

de Savoie à l'impuissance (1). Le désarmement s'accomplit sans difficullé;les soldais demeurèrenlprisonniers, les armes et les chevaux passèrent au service des Français (29 septembre). Le 16 octobre Vendôme paraissait sur la Sésia, un affluent du Pô, entre lePiémont elleMilanais. Ona parlé dans le temps d'une lettre du roià Viclor-Amédée, ainsi conçue : ce Monsieur, puisce que la religion, Thonneur, l'intérêt, l'alliance et (c votre propre signature ne sont rien entre nous, j'en- « voie mon cousin le duc de Vendôme à la télé de «mes armées pour vous expliquer mes intentions. Il « ne vous donnera que vingt-quatre heures pour vous « déterminer. Louis (2). » Sicettelettren'est pas suffisamment authentique, les intentions dont elle parle étaientexpresses et décisives. Le roi exigeait la réduction de l'armée piémontaise à six mille hommes, conformément à la paix deRyswick, et laremise aux mains des Français de deux places de sûreté jusqu'à la fin delaguerre. Le Savoyard, surpris, sans moyen de défense, ajourna sa réponse sous des protestations réitérées de son dévouement au roi ; mais à la faveur de ces délais, il pressait l'arrivée des Autrichiens qui, en dépit des difficultés, parvinrent à le sauver.

Les Autrichiens, commandés par le comte de S lahrenbergàla place d'Eugène, s'étaient tenus pendant toute l'année entre la Secchia et le Panaro, dans d'inexpugnables retranchements. Vendôme, en par-

(1) Polet, tome III, pages 222 et 270.

(2) Œuvres de Louis XIV, tome VI.

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