CHAPITRE XL
La période d'expiation: deuxième partie, de 1707 à 1710. Le territoire français menacé et entamé. Désastre d'Oudenarde ; prise de Lille. Misère publique. Hiver de 1709. Humiliation de Louis XIV par les alliés. Préliminaires de La Haye. Bataille de Malplaquet; conférences de Gertruydenberg. Nouveaux malheurs de Philippe V en 1710.
. — Nouveau répit en 1707. — Victoire de Berwick à Almanza. — Villars force les lignes de Stolhofen et s*avance au cœur de rAllemagne. — Tentative inutile des alliés sur Toulon. — L'Empereur commence à établir son autorité en Italie. Occupation du royaume de Naples.
L'aspect des affaires au commencement de 1707 n'étailpas rassurant. L'Empereur, poursuivanten Italie les conséquences de sa victoire, donnait à l'archiduc l'investiture du Milanais; ses troupes occupaient Modène, bloquaient LaMirandole et le château de Milan. Aux Pays-Bas, Marlborough, déjà maître du Brabantetdela Flandre espagnole, aspirait à y joindre le Hainaut et la Flandre française, et menaçait Lille aussi bien que Mons. En Espagne, les alliés quoique refoulés hors de la Castille gardaient encore Valence, l'Aragon et la Catalogne; des renforts leur arrivant par la flotte anglaise, on voyait à leurs mouvements
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qu'ils étaient pressés d'entrer en campagne. Contrairement à CCS signes funestes, leurs espérances furent encore ajournées, et 1707, comme 1705, fut un répit, presque un retour de supériorité pour la France.
Aux soins du rétablissementdes troupes, aux levées de milice, aux recrues et aux remontes, Louis XIV joignit une résolution sage,qui,enrestreignantle théâtre des hostilités, accrut sérieusement ses ressources. Il se résigna à traiter avec les Autrichiens pour l'évacuation de l'Italie, et à ne conserver que la Savoie el Nice (mars 1707) ; c'était renoncer à l'Italie espagnole, mais c'était ramener en deçà des Alpes plus de vingt mille hommes de bonnes troupes dont il allait fortifier ses armées du Rhin et d'Espagne. En même temps il prescrivit à Vendôme en Flandre de ne prendre jamais l'offensive qu'avec la certitude de ne pas compromettre son armée, de se retrancher habituellement dans une défensive solide, la meilleure sûreté contre de nouveaux malheurs. Quant à Villars, il fut autorisé à profiter de l'affaiblissement des troupes allemandes, de la mort du prince de Bade, pour tenter une invasion dans l'Empire.
Le premier fruit de cette tactique fut une grande victoire en Espagne. Le duc d'Orléans était destiné à commander de ce côté. Il n'était pas encore arrivé, quand Berwick eut à recevoir le choc des alliés qui l'assaillirent, 25 avril, près d'Almanza. A la rudesse de la lutte, à l'acharnement des deux armées, on eût dit que les uns et les autres avaient le pressentiment d'une journée décisive dont le vaincu ne se relèverait
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pas. A la droite française, l'ennemi deux fois chassé par la cavalerie revint deui^ fois à la charge, et ne céda qu'à un troisième effort de l'infanterie et de la cavalerie réunies et aux coups furieux des l>aïonaettes. La gauche toujours ferme ne gagnait que peu de ter*'' rain ; elle ne triompha que lorsque la droite enfin vie» torieuse vint doubler ses forces. Le centre avait été rompu dès la première attaque.; déjà plusieurs bataillons alliés s'avançaient jusqu'aux murs d'Almanza; l'infanterie française et espagnole après la première surprise, parvint à reformer ses rangs, et elle commençait à cerner les agresseurs, lorsqueceux-ci, voyant leurs deux ailes battues et en déroute, cherchèrent euxmêmes à se retirer. Alors ce fut un véritable massacre, un régiment anglais y périt jusqu'au dernier soldat, un régiment de Camisards, sous les ordres de Cavalier, s'acharna contre un régiment français, et des deux corps il resta à peine trois cents hommes. Les alliés reculaient et fuyaient à la débandade ; un de leurs généraux essaya de s'arrêter, de se cantonner avec treize bataillons sur une montagne couverte de bois; il fut cerné aussitôt et sans merci; se voyant sans pain, sans eau> sans issue, il se rendit prisonnier de guerre. Rarement une victoire avait été aussi complétée Toute l'infanterie alliée était prise ou détruite, la cavalerie seule avait échappé par débris. Ils laissaient sur lé champ de bataille cinq mille morts, plus de dix mille prisonniers, cent vingt drapeaux, toute leur artillerie et des chevaux en si grand nombre, que les vainqueurs les cédaient pour un écu. Galloway était affreusement
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blessé à l'œil ; le Portugais Las Minas passa pourmort pendant quelques jours (1).
Quand cette nouvelle arriva à Marly, elle y suscita des transports dont on n'avait plus l'habitude. Le roi la reçut chez madame de Maintenon, et aussitôt vint à la porte de la chambre où tous les courtisans attendaient. Il la leur conta en détail et les remercia de leur empressement. Le lendemain il reçut l'ambassadeur d'Espagne chargé par Philippe V de le remercier de son assistance. « Il le graciensa fort y dit Dangeau; ja- <c mais je n'ai vu le roi témoigner tant de joie que dans « cette occasion-ci (2). » Il voulut sans délai la communiquer partout; des courriers furent expédiés au\ électeurs de Cologne et de Bavière, au maréchal de Tessé et à Villars, portant au\ uns une espérance après tant do malheurs, aux autres un encouragement à tenter de nouvelles entreprises.
Cette joie n'était pas sans raison. La moitié de sa cause, la plus importante, la royauté de Philippe V, était gagnée; adaperttmi Philippo V Hispaniarum re^ gnunij comme dit la médaille consacrée à la bataille d'Almanza.EconduitsdelaCastille par le soulèvement des populations, écrasés par une défaite irréparable, Galloway et Las Minas n'avaient plus qu'à reculer (3), et leur roi intrus ne pouvait plus tenir. Le duc d'Orléans, arrivé à son grand regret le lendemain de la vie-
'!) Mémoires de Berwick.
(2) Dangeau, Journal, 6 mai 1707.
(3) Mémoires de Berwick : <t Le marquis de Las Minas et le comte de Galloway se retiraient devant moi, à mesure que j'avançaii* »
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toire^ était impatient de réparer ce retard mallieureux pour sa gloire. Il partagea avec Berwiek les opérations nécessairespourremettre sous Tautoritéde Philippe V les provinces de la couronné d'Aragon. Berwiek soumit rapidement le royaume de Valence par la prise de cette ville (8 mai), et par celle de Xativa qu'une garnison anglaise s'obslinainutilement à défendre (23mai). Le duc d'Orléans n'eut besoin que de quelques coups de sabre de hussards pour entrer dansSaragosse, capitale de TAragon (25 mai), et de concert avec Berwiek, il prépara le siège de Lérida en Catalogne; Lérida de-
vaut laquelle le grand Condé avait échoué, etqu'ileut la gloire de prendre à lafindelacampagne. L'archiduc était presque réduit dans cette province à la possession de Barcelone. L'autorité de Philippe V était si bien rétablie, qu'il put enlever aux provinces rebelles leurs privilèges. Il supprima leurscortès particulières, abolit le justiza d'Aragon, et imposa partout la forme du gouvernement castillan. Tous les efforts des provinces de la couronne d'Aragon pour se soustraire àcette uniformité ont été inutiles depuis ce temps (1).
Vingt jours à peine après la nouvelle d'Almanza, une seconde satisfaction arriva au roi de la part de Villars. Un coup hardi, bien combiné, reportail les Français sur la rive droite du Rhinet leur ouvrait l'Empire. Le prince de Bade, pour garantir l'Allemagne et ses États, avait établi des lignes de retranchements sur la
(1) Combes, Histoire de la princesse des Ursins, chapitre xxiv. Saint-Simon, tome III, chapitre xxxvi.
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rive droite du Rhin de Buhl à Stolhofen, qui, en tournant vers Test, bordaient son château de Rastadt, et allaient se relier aux montagnes noires. Depuis plusieurs années on les regardait comme le rempart de l'Empire; « la nature et l'art les rendaientpresque inattaquables (1) ; » Villars, allant rejoindre l'électeur de Bavière en 1703, avait renoncé à les forcer. Cette fois il avait fait avec Louis XIV le projet de les occuper eo les attaquant par l'intérieur, à travers le Rhin, dont les îles rendaient plus facile la construction de ponts^ et dont les eaux se prêtaient au transpôrtdes matériaux et des munitions. Il était d'ailleurs informé que la défense y était insuffisante, que l'ennemi avait été contraint par le défaut d'argentàrenvoyer ses travailleurs, que l'armée allemande, depuis la mort du prince de Bade, se désorganisait par la désertion. Pendant que ses bateaux, partis de Strasbourg, descendaient le fleuve sans être vus, il plaçait ses troupes en trois camps, chacun devant une île, sur la rive gauche; el lui-^méme sur la rive droite, sous Kehl, affectait de menacer les retranchements du côté de la terre, pour attirer sur ce point l'attention de l'ennemi. Ce plan réussit dans toutes ses parties. Chacun des camps passa le Rhin le 22 mai, et culbuta les défenseurs des lignes, dont la dispersion ajoutait encore à leur faiblesse; Villars du côté de Buhl compléta la victoire enchâssant le margrave de Durlach qui ne l'attendit même pas. Les Allemands fuyaient avec tant de précipitation qu'ils lais-
;l; Villars, lettre au roi, du 2b mai 1707.
VILLARS A STOLHOFEN 867
sèrent leurs camps tout tendus, leurs magasins remplis, toute rartillerie que le prince de Bade avait tirée d' Augsbourg,et beaucoup de grenades et de munitions de guerre. En les poursuivant, Villars arriva le lendemain à FUstadt. La princesse de Bade épouvantée s^empressa de se mettre avec ses enfants sous la protection du roi, et la princesse de Durlach implora sa miséricorde pour elle et pour son mari (1).
Onpense bien que Louis XIV prit plaisir à savourer cette bonne fortune. Saint-Simon, toujours grognon quand il s'agit d'un avantage pour Villars, appelle cette joie de l'engouement. Dangeau en donne quelques traits, et avoue qu'il ne fut pas le seul à y prendre part ; la cour trouvait un grand charme à entendre le monarque parler, avec une éloquence extraordinaire, dumaréchalde Villars, de son projet, de son exécution (2). Villars concevait déjà les plus vastesdesseins: forcer les Cercles d'Allemagne à la neutralité, ou les châtier par des contributions au profitdu roi, ranimer Tardeur de Ragoczi que rAngleterre et la Hollande travaillaient à réconcilier avec l'Empereur, délivrer la Bavière des Autrichiens, et gagnera la cause de la France le roi de SuèdeCharles XII, qui, depuis un an, tranchait du dominateur en Saxe, et faisait trembler l'Empereur par ses prétentions. Il réussit au moins à épuiser l'Allemagne d'argent. Sans perdre de temps, il s'avança sur Durlach, sur Pforzheim, pourchassa
(1) Pelet, tome VII.
(2) Dangeau, 26 mai 1707.
les fuyards au delà du Necker, entra à Stuttgard, à lleidelherg, à Manlieim, et imposa au Wurtemberg une contribution de 2,200,000 livres. Ses détachements lancés sur Ulm, en Franconîe, entre le Necker et le Mein, jusqu'aux portes de Wiu'tzbourg et de Nuremberg, épouvantaient tous les princes. Les députés de llesse-Darmstadt, de Mayence, de la noblesse de Franconie, arrivaient au campfrançais pour traiter do leur rançon. Un des plus beaux succès fut de mettit* en liberté un grand nombre de prisonniers d'Hoclistett.
Il faut pourtant, par respect de la vérité, reconnaître que tout n'est pas pur dans cette gloire. Ces contributions, quelquefois si exorbitantes que la cour crut devoir une fois recommander plus de modération (1), ne profitèrent pas au roi seul. Villars s'en fit une part qu'on lui a justement reprochée. Ses ennemis^ ses rivaux, ne craignaient pas de l'accuser de rapacité (2) ; il leur a donné raison par les aveux cyniques que nous trouvons dans ses Mémoires à proposde cette campagne : « Je tirai de très-grosses sommes dont je continuai
(1) Voir un mémoire de Chamlay : Polet, tome VII, page 454.
(2) L'année précédente, Villars avait refusé de passer d'Allemagne en Italie. Vendôme, à propos do ce refus, écrivait à Chamillard, 10 juillet 1706 : a Je ne suis pas surpris que M. le maréchal de Villars ait refusé de venir. Quand on est accoutumé à gagner S00»000 écus par campagne, on a bien de la peine à venir dans un pays oii il n'y a que des coups à gagner. Mais je vous assure que je suis étonné de la bonté du roi de souffrir de pareilles choses. Je ne vous dis pas la centième partie de ce que je pense là-dessus. » Pelel, tome VI.
« à faire I ii>a;;e «pie javais &ni tietouttr» lt*%;fcutit^. J^ « les avais divisées en trois parts : la prwnière s«Mr% il ;i « [xiyer Farinée qui ne conta rien an i-oi cette aniier; « a\ ec la seconde je relirai les billets de subsiAlaiM-t* « qu'on avait donnés Tan dernier aux offieîers faille « d'argent. et j'enenvoyai une:^m?tselîaf«5«#^a«i mimstirr' «des finances. Je defttinai la tmiîHèTiie^ ;¥= '^mfrmxjt^r « mon veau y c'est ainsi f^ne [e Tf^riv^*- wi i^nr. «yui f»nf U « bonté de me répondis rjn' il ;*ppmnvîwi t*Mi^(U^vfV!^ (1 tion^ et qu'il y aurait pnru*^M» luisTftèrtlip-, st jf-ra^vHi^ « oublié- On nie maurta ;«i»*i npr itnr^niirfM^KVr'MilMril ^iditau roi: Lernanécfml (terV^iJI;ir<;- fait lïirr I>ipkTiîs^«r « affaires, ::*ra ^Gtj^eîHJP^iui it^anrfif «lui. iimi^-\^ Mt « aussi fort bîeii leî%- iiÛprxneî;-< U . .
Efc bieiu Vliliîi^r il>nl ja^r * .»4'Mf^<Hri^f)^ f^ i^i^,,^
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mire contre la Russie à la gloire d'être l'arbitre de l'Europe. D'autre part, Villars, pour pénétrer au cœur de rAUemagne, pour donner la main à Ragoezi , avait demandé des renforts. Louis XIV, non content de les lui refuser, fut obligé de lui reprendre une partie de ses troupes pour grossir l'armée de Provence (6 août 1707). Pendant que les Français traitaient l'Allemagne en pays conquis, Eugène et le duc de Savoie préparaient la ruine de Toulon. Villars ne se consola pas de ce contretemps : c'était pour la troisième fois lui arracher la victoire des mains; quelques années après il s'en plaignait encore dans une lettre à madame de Maintenon que nous avons déjà citée. Il se trouva en effet trop faible devant une armée nouvelle que TAUemagne avait rassemblée à la longue; et, à là fin de la campagne, il dut repasser le Rhin sans avoir été battu^ sans rien perdre de son butin, mais sans avoir accoia&r' pli aucune des grandes promesses qu'il avait faiteMi
pli aucune des grandes pi Louis XIV..
Cette suspension de succès n'était pas une surprise. Depuis l'ouverture de la campagne, on ne doutait pas d'une invasion en France par le duc de Savoie et le prince Eugène; on ignorait seulement sur quel point ils la tenteraient, par la Savoie, le Dauphiné ou la Provence. C'était l'objet de consultations^ de mémoires demandés à Chamlav et à Catinat. Car le mare* chai de Catinat n'était pas disgracié commeonseplait à le répéter; s'il ne servait plus, il n'en était |>as moins en grande considération auprès du roi^ et Toq faisait
£^rand cas de ses avisa propos d^iio*r<H>nliYy'<ju iJ aoQ&^ naissait bien (1^. OnsiitenfinqueiViiaencii ^'BT'^uIjùI à la Provence et a Toulon, ce grand arseaal nuiriliaifer si odiei^x aux Anglais. On sut qu^ils avaient aui iles d'Hyères une flotte décent voiles dont einquante-sii vaisseaux de guerre ou frégates, et les autres chargés d'artillerie, et de vingt mille fusilsdestinés aux Garnisards du Languedoc. On sut que leur armée était forte de 30,000 hommes d'infanterie et de 8,000 chevaux; en outre quatre ou cinq mille hommes de la marine anglaise et quelques troupes de terre, sous la conduite de Cavalier, devaient débarquer en L#angue-
^1) La disgrâce de Catiiiat est encore un de ces préjugés historiques qui ne tiennent pas devant l'examen des faits réels. Gatinatne servail plus, depuis Friedlingen, et il n'était pas en bonne intelligence avec Chamillard. Mais il avait lui-môme, après Carpi, demandé son rappel en raison de sa vieillesse, de ses maladies, de ses chagrins domestiques. Il est possible que Chamillard no fût pas fâché d'avoir ces prétextes pour ne pas presser Catinat de reprendre un commandement. Quant à Louis XIV, il est certain qu'il ne faisait pas fi du vieux maréchal. Il lui avait offert le cordon bleu en 1705. Si Catioat refusa cette distinction, comme Fabert, par imposéibilité de faire sans mentir les preuves de noblesse nécessaires, la bienveillance d'in* (ention n'en est pas moins évidente dans le roi. Une scène rapportée par Dangeau (21 novembre 1707) témoigne bien que le roi n'oubliait pas les anciens services. « Le roi. après son lever, fit entrer le maréchal de Catinat dans son cabinet et lui dit : a J'ai une prière à vous faire et « j*espère que vous ne me refuserez pas. » Le maréchal lui dit : • Parlez» « Sire, et j'exécuterai vos ordres dans l'instant. » L.0 roi reprit la pa« rôle et lui dit : « Monsieur le marécha^ votre mésintelligeoce avee a M. de Chamillard m'embarrasse, je voudrais voua voir mea « dés. C'est un homme que j'aime et qui m'est nécessaire* Je 1 « aime et vous estime fort aussi. » Le maréchal lui dit: « i^ « m'en vais tout à l'heure chez lui. — Non, lai (( derrière ; je vais l'appeler. » La récoaciliati e i
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doc, et, pur roccupalibn de la Camargue, enfermer les Français entre la mer, le Rhône et la Durance. Les alliés fondaient de grandes espérances sur cette entreprise. Marlborough, contenu en Flandre pi\v la défensive de Vendôme, attendait, pour agir, le succès de M. de Savoie; il n'en doutait pas ; il n'ignorait pas que Toulon n'était pas fortifié du côté delà terre, que les hauteurs dont elle était dominée offraient des positions avantageuses aux agresseurs, et il refusait de croire ceux qui lui disaient que Toulon serait assez bien muni de troupes pour résister (1).
Le maréchal de Tessé, qui commandait sur cette frontière, s'empressa de réclamer des renforts, au risque d'affaiblir les armées d'Espagne et d'Empiye, et de diminuer la gloire du duc d'Orléans et de Villars : «Il vaut mieux, écrivait-il sans précaution oratoire, conserver la vieille France que se procurer le Necker(2). » Il travaillaàmettre Toulon à l'abri d'un coup demain par un chemin couvert, et par un camp retranché sur les hauteurs ; il forma des bataillons avec les soldats de marine qui étaientà terre, concentra successivement la plus grande partie de ses troupes dans le voisinageetàTintérieurdela ville, et destina la noblesse et les milices levées par ordre du roi à défendre le défilé de l'Esteiel, si fatal autrefoisà Charles-Quint. Un corps, trop peu nombreux, il est vrai, alla se poster surle Var par où l'ennemi devait se présenter.
(1) Dangeau, 7 aofit 1707.
(2) Tessé à Ghamillard, 15 juin 1707: Pelet. tome VII.