RUGENE REPOUSSE DR L.V PROVENCE
terie française, il sauta avec tons ceu\ qui croyaient s'y être établis. Ils voulurent enfin tenter quelques descentes des soldais delà flotte; elles fnrenl toutes inutiles. Le 19 août, une propositioi» d'échange de prisonniers par le prince Eugène laissa entrevoir qu'ils ne songeaient plus qu'à l.i retraite. Les jours suivants un feu exagéra de mortiers et de canons couvrit le départ de leui'S malades, de leurs blessés, de leurs équipages, du gros de leurs troupes. Le 22, le silence de l'a rtillerie apprit au\ assiégés leur délivrance.
Battus comme Charles-Quint, Victor-Amédée el Eugène repartirent par la même route qu'ils étaient venus, mais phis rapidement, en di\ jours au lie» de quinze. Ne pouvantgarderle pays, ils s'en dédommagèrent en le ravageant par le feu el par le pillage. Comme ils n'avaient plus rien à gagner par la modération, ils se départirent des ménagements qu'ils avaient d'abord affectés vis-à-vis des hnbilanls; ils lournèrenl ainsi contre eux les pa\sans dont la connivence leur avait d'abord profité, el ils furent impiloyablemenl traités partout où ils ne se trouvèrent pas en force. On a reproché au maréchal de Tessé de les avoir poursuivis avec Iropde lenteur, et de n'avoir pas préservé Pignan,leLuc,Vidauban,leMuy,laMotte,Roquehrune, les étapes de leur fuile, qui portèrent longtemps les marques de leur vengeance. Ilsenrentdu mmiis l'affront de manquer, après tant de jactances, iinedesplM importantes entreprises qu'ils eussent?
outre la perte de dix mille hommes Lues, j désertés, et des sommes conMdérafrIei
ÎÎ7G PÉRIODE d'expiation. DEUXIÈME PARTIE
coûté rarmement de leur floUe et la subsistance de lenr armée. Le duc de Savoie^ qui s'étailmis en tête de conquérir la Provence, n'eut pas même l'avanlago de rentrer en possession de son comté de Nice. La seule atténuation de cette déroute éclatante fut de reprendre en Piémont la ville de Suze, le 3 octobre de cette année.
Saint-Simon dit ici sans ironie que ce Timportanle c( nouvelle d'une délivrance si inespérée combla de « joie le roi et toute la cour». Il ajoute un peu plus bas que la naissance d'un prince des Astûries, d'un bérilierdePbilippe V, vint «en cadence )> augmenter le bonbeur. Mais il sent que cette satisfaction dut être tempérée par la perle du royaume de Naples. C'est en effeten juillet et en septembre 1707 que l'empereur Josepb 1", laissé maître en Italie par la retraite des Français^ prit possession de ce royaume, d'abord par la conquête de Naples, ensuite par celle de Gaëte. Le peuple de Naples, babitué à cbanger de souverain, salua le nouveau roi en outrageant l'ancien; pour mieux reconnaître l'arcbiduc il bri?a la statue de bronzedePbilippeV.Leducd'Escalone, plus fidèle, disputa noblement à la maison de Habsbourg la possession de Gaëte. Il ramassa autour de lui tout ce qu'il put d'bommes de cœur; il se défendit de rue en rue, et refusa inflexiblement de capituler. Après sa défaite il fut, par un procédé tout aulricliien,mis aux fers el longtemps délenu à Pizzigliitone (1). Louis XIV, tout
iV. Saint-Simon, tome IV, chapitre iv, page 47.